Une routine peut tout changer pour vous.

Vous ne vous montez pas au niveau de vos aspirations. Vous vous élevez au niveau de vos routines.

A Routine that Changes Everything par Dan Rockwell

https://leadershipfreak.blog/2026/09/10/a-routine-that-changes-everything/

Un leadership exceptionnel se construit en faisant des choses ordinaires de manière constante et consistante. Ne tombez pas amoureux des décisions audacieuses. Le drame corrompt le jugement. Gagnez avec les routines quotidiennes.

Un principe universel de réussite : N’attendez pas que survienne la motivation. Construisez une routine qui rend un travail significatif inévitable.

Choisissez une routine.

#1. Protégez votre meilleure heure

Rejetez la tyrannie des humeurs. Notre histoire d’amour avec les sentiments nous affaiblit. Les humeurs ne déterminent pas les priorités.

Chaque jour a des hauts et des bas.

Faites ce qui compte le plus quand vous êtes à votre meilleur.

Deux questions pour concentrer votre heure de jeu :

  1. Que pouvez-vous faire dont votre futur vous vous remerciera ?
  2. Comment pouvez-vous donner de l’énergie à avancer votre plu importante tâche d’aujourd’hui ?

Voici une idée radicale. Charlie Munger s’est dédié sa meilleure heure à lui-même. Il a investi dans l’apprentissage. Ne dédiez pas votre meilleure heure à votre boîte mail.

#2. Rechargez vos batteries.

Aimez le mouvement. Allez vous promener.

Beethoven, Kierkegaard et Tchaïkovski utilisaient tous des marches vigoureuses pour développer des idées. Lisez Daily Rituals de Mason Currey.

De grandes idées viennent de vos pieds.

#3. Planifiez votre leadership.

Les bonnes intentions s’estompent. Les routines perdurent.

La plupart des leaders passent trop de temps à gérer l’entreprise.

Un travail trivial vole du temps. Planifiez le développement des personnes.

Inscrivez le coaching, le mentorat et la reconnaissance dans votre agenda.

#4. Soyez ennuyeux.

Le désordre dilue l’impact. Distillez la vie en essentiels. Ne faites que ce qui compte.

Je mène une vie ennuyeuse. L’occupation constante m’offense. Je mange à l’intérieur. Je consacre mon énergie à certaines choses qui comptent.

Si vous ne pouvez pas être ennuyeux, capturez quelques courts instants de solitude.

Défi : Inscrivez une routine de leadership significative dans votre agenda.

Quelle routine ferait la plus grande différence pour vous ?

La livraison révèle la réalité : Ne vous contentez pas de livrer et d’oublier

Livrer c’est itérer!

Shipping Exposes Reality: Don’t Ship and Forget par Maarten Dalmijn

https ://mdalmijn.com/p/shipping-exposes-reality-don’t-ship

Tout le monde veut livrer rapidement.

Pourtant, très peu sont prêts à affronter l’embarras potentiel d’une livraison rapide.

En tant que perfectionniste, je peux profondément m’identifier à cela. Je veux toujours que quelque chose soit parfait avant d’être livré.

L’incertitude, les petites choses en suspens et les aspérités me font saigner le cerveau.

L’optimisation prématurée procure cette injection instantanée d’espresso dopaminergique que mon âme désire. Peu de choses procurent plus de joie que de faire la spéléo dans mon esprit jusqu’à ce que quelque chose semble juste.

Sauf que je rate complètement la cible d’une manière que je ne peux même pas comprendre.

Les premières versions échouent généralement d’une façon qui dépasse mon imagination, mais franchement, c’est super !

Pour aggraver les choses : la livraison rapide est un problème largement résolu grâce à l’IA. Mais ne vous laissez pas tromper : livrer rapidement n’est absolument pas la même chose qu’itérer rapidement.

Livraison = Itération !

On ne peut pas itérer rapidement si on expédie lentement, mais itérer rapidement n’est pas la même chose que livrer rapidement.

Relisez cette phrase et laisse-la vous imprégner.

Livrer lentement est un désastre qui attend d’arriver, car plus vous envoyez lentement, plus vous êtes déconnecté de la réalité.

Plus un objet met de temps à être livré, plus il est probable qu’il contienne de mauvaises décisions détachées de la réalité. Vous naviguez en aveugle. Vous agissez sur des hypothèses erronées et dépassées, en plus de retarder le retour d’information nécessaire de la réalité qui vous permet de changer de cap.

De plus, quand vous recevez un retour de cette réalité, vous êtes dans la pire position pour agir, car vous êtes couvert d’une montagne de lourdeurs.

Le fait de livrer quelque chose expose rapidement la réalité, que ce soit vraiment du code ou un rapide prototype.

Mais exposer la réalité ne suffit même pas. Exposer la réalité n’a d’importance que si vous utilisez cette information et cette compréhension pour itérer rapidement.

Vous pouvez itérer lentement lorsque vous livrez rapidement. En fait, c’est ainsi que la plupart des entreprises aiment procéder. Les entreprises qui tiennent le plus à la rapidité et à l’accélération du développement avec l’IA sont malheureusement souvent les pires coupables.

Non pas parce qu’elles ne peuvent pas itérer rapidement — elles le pourraient si elles le voulaient — mais parce qu’elles sont déjà passées à la prochaine fonctionnalité qu’elles veulent lancer : livrer et oublier.

Après la première mise en ligne d’une fonctionnalité, c’est là que le travail commence vraiment.

Qu’est-ce que vous pouvez enlever ? Où peut-on ajouter plus de finition ? Comment rendre ça encore plus simple ?

Ces conversations vous obligent à ralentir. La lenteur de réflexion nécessaire pour améliorer rapidement les choses n’a presque jamais lieu, car nous sommes déjà passés à la prochaine grande chose.

SpaceX fonctionne ainsi, il suffit de regarder la fusée Raptor sur la photo ci-dessous. La première version est laide et désordonnée, mais fait le travail. Chaque version est itérée, perfectionnée et considérée comme une opportunité de faire encore mieux.

Si SpaceX peut le faire avec des fusées, quelle est votre excuse pour ne pas le faire dans votre produit ?

Quand avez-vous retiré pour la dernière fois quelque chose de votre produit pour l’améliorer ?

À l’ère de l’IA, supprimer est plus important que jamais. Nous devrions supprimer des choses quotidiennement car ajouter des choses est plus facile que jamais (en plus l’IA est nulle pour les enlever et le taux par défaut est 10 fois plus important).

Votre première version n’est généralement jamais la meilleure, en fait si vous faites bien votre travail, c’est la pire version.

C’est en fait le but de la première version : être la pire.

La première version consiste à trouver quelque chose qui fonctionne et qui devrait avoir quelques aspérités à peaufiner plus tard. Si votre livrable ne vous embarrasse pas d’une certaine manière, vous avez probablement livré trop tard.

Mais votre première version ne peut être la pire que si vous n’itérez pas pour l’améliorer.

Sinon, c’est à la fois la meilleure et la pire en même temps. Ta première version devrait révéler la réalité et vous montrer toutes les façons dont vous avez tort.

Beaucoup d’entreprises n’arrivent jamais à réaliser cela, car elles sont déjà passées à autre chose. Ou elles le font, mais parce qu’elles ont construit quelque chose de tellement compliqué qu’elles ne peuvent même plus distinguer ce qui fonctionne ou pas. Ou elles peuvent le dire, mais la base de code est tellement complexe qu’elles ne peuvent pas la modifier comme elles le devraient pour répondre aux besoins des utilisateurs et de l’entreprise.

Rappelez-vous : la plupart de vos utilisateurs sont encore coincés avec le code que vous ne modifiez pas parce que vous courez constamment après les paillettes brillantes de quelque chose de nouveau.

Livrez rapidement et itérez rapidement.

Si vous ne retirez rien, vous n’itérez pas.

Gestion de projet communautaire : faire des acteurs locaux de véritables partenaires du projet par Ghislain Houenou

Un projet communautaire est un système d’acteurs qu’il faut comprendre, mobiliser, coordonner et accompagner avant d’être un ensemble d’activités à exécuter conformément à un échéancier.

Dans les projets de développement communautaire, la réussite ne dépend pas uniquement de la qualité du document de projet, de la disponibilité des ressources financières ou du respect du chronogramme. Elle dépend aussi, et souvent fortement, de la capacité du projet à s’ancrer dans son environnement et à faire des acteurs locaux de véritables partenaires de sa mise en œuvre.

À travers mes expériences dans l’animation communautaire, la gestion de projets, la conduite d’enquêtes de terrain et la mobilisation des parties prenantes au Bénin et au Togo, j’ai progressivement compris qu’un projet peut être techniquement bien conçu tout en rencontrant des difficultés lorsqu’il est insuffisamment approprié par les personnes qui doivent contribuer à sa mise en œuvre.

Cette expérience m’a conduit à considérer la mobilisation des acteurs locaux non comme une activité secondaire du projet, mais comme une véritable fonction de management.

#1 – Comprendre le terrain avant de vouloir le transformer.

La première leçon que je retiens est simple : un projet doit commencer par une bonne compréhension de son environnement humain.

Sur le terrain, les réalités sont rarement aussi linéaires que celles présentées dans un cadre logique. Les communautés ont leurs propres organisations, leurs habitudes, leurs rapports de pouvoir, leurs contraintes et leurs mécanismes de décision. Les autorités locales, les organisations communautaires, les associations, les leaders, les services déconcentrés et les bénéficiaires ne disposent pas nécessairement des mêmes informations ni des mêmes attentes. Pour un manager de projet, prendre le temps d’écouter ces différents acteurs permet donc de mieux identifier les besoins, mais également les risques qui pourraient affecter le projet. Les enquêtes, les entretiens, les discussions communautaires et les séances de sensibilisation constituent à ce titre des outils de gestion autant que des outils de collecte d’informations. Ils permettent de confronter les hypothèses du projet aux réalités vécues par les populations.

Une bonne connaissance du terrain permet notamment de répondre à trois questions essentielles :

  1. Qui sont les acteurs concernés ?
  2. Quelle est leur capacité réelle à agir ?
  3. Et quels facteurs peuvent favoriser ou freiner leur engagement ?

#2 – Cartographier les parties prenantes, mais surtout comprendre leurs intérêts.

La deuxième leçon concerne la gestion des parties prenantes.

Dans de nombreux projets, une liste des parties prenantes est établie au démarrage.

Mais identifier les acteurs ne suffit pas. Le manager de projet doit également comprendre leurs intérêts, leurs responsabilités, leur influence et leurs relations avec les autres acteurs.

Deux acteurs officiellement considérés comme « partenaires » peuvent, par exemple, avoir des niveaux d’engagement très différents. Certains disposent d’une forte capacité de mobilisation mais de peu de disponibilité. D’autres possèdent une légitimité institutionnelle importante mais restent éloignés des réalités quotidiennes des bénéficiaires. Il est donc utile de dépasser une approche purement administrative de la participation. La question n’est pas seulement de savoir qui inviter à une réunion, mais de déterminer qui peut réellement contribuer à quelle étape du projet. Cette approche permet d’adapter les mécanismes de collaboration : information, consultation, mobilisation, participation à la décision, suivi des activités ou encore résolution des difficultés.

#3 – La communication doit être continue.

Une autre difficulté fréquemment rencontrée dans les projets communautaires concerne la communication.

Un projet peut être présenté au démarrage, puis rester relativement silencieux jusqu’à la prochaine activité. Cette approche crée parfois une distance entre l’équipe projet et les communautés.

À mon sens, la communication doit plutôt être considérée comme un processus continu.

Les acteurs doivent comprendre ce qui est prévu, pourquoi cela est prévu, ce qui a été réalisé et, lorsque cela est possible, ce qui doit être ajusté. Sur le terrain, la communication ne consiste d’ailleurs pas uniquement à transmettre des informations. Elle suppose également d’écouter les réactions des bénéficiaires et des partenaires.

Cette écoute permet parfois de détecter rapidement un problème qui n’apparaît pas dans les tableaux de suivi : incompréhension d’une activité, faible participation, attentes non satisfaites, difficulté d’accès à un service ou encore désaccord entre certains acteurs. Pour le manager, cette information constitue une ressource précieuse. Elle permet d’agir avant que le problème ne devienne un risque majeur pour le projet.

#4 – Le terrain impose de savoir adapter le projet.

La gestion de projet repose sur des outils : planification, budget, chronogramme, indicateurs, rapports et dispositifs de suivi. Ces outils sont indispensables. Mais ils ne doivent pas empêcher l’adaptation lorsque les réalités du terrain l’exigent. Dans les projets communautaires, certaines contraintes ne peuvent pas être anticipées avec précision lors de la conception. Les disponibilités des acteurs peuvent changer, certaines activités peuvent nécessiter davantage de temps, et les conditions sociales ou institutionnelles peuvent évoluer. L’adaptation ne signifie pas abandonner les objectifs du projet. Elle signifie rechercher le meilleur moyen de les atteindre compte tenu des réalités observées.

C’est ici que le rôle du manager devient particulièrement important. Il doit

savoir distinguer ce qui constitue une contrainte ponctuelle de ce qui nécessite une véritable réorientation.

Il doit également documenter les changements opérés et leurs justifications. Un projet flexible n’est donc pas un projet sans cadre. C’est un projet capable d’apprendre de sa mise en œuvre.

#5 – Transformer les données de terrain en décisions.

La collecte de données occupe également une place importante dans mon expérience professionnelle. J’ai pu constater qu’une enquête ne produit de valeur que lorsque les informations recueillies contribuent effectivement à la compréhension ou à la décision. Le manager de projet doit donc éviter de considérer les données comme une simple exigence de rapportage. Une donnée recueillie sur le terrain peut permettre d’identifier un besoin insuffisamment pris en compte, de comparer les progrès réalisés avec les objectifs prévus, d’identifier des groupes moins touchés par une intervention ou de réorienter certaines actions.

Cela suppose naturellement une certaine rigueur dans la collecte, le traitement et l’analyse des données.

Mais cela suppose surtout de poser les bonnes questions avant même de commencer la collecte.

À quoi cette information va-t-elle servir ? Quelle décision pourrait-elle éclairer ? Qui doit la comprendre ? À quel moment sera-t-elle utile ?

Ces questions simples permettent d’améliorer considérablement l’utilité du suivi et de l’évaluation.

#6 – Une compétence essentielle : savoir créer la confiance.

Au-delà des outils, la gestion de projet communautaire repose fortement sur les compétences relationnelles.

Sur le terrain, le manager ou le responsable d’activité travaille avec des personnes qui n’ont pas nécessairement les mêmes responsabilités, le même niveau d’information ou les mêmes intérêts. La capacité à écouter, à expliquer, à négocier et à gérer les désaccords devient alors essentielle.

La confiance ne se décrète pas. Elle se construit progressivement par la cohérence entre les paroles et les actes, le respect des engagements, la transparence et la reconnaissance de la contribution des différents acteurs. Un partenaire local qui se sent uniquement sollicité pour faciliter une activité peut progressivement perdre son intérêt. À l’inverse, lorsqu’il comprend son rôle et voit que son expérience est réellement prise en compte, son implication peut devenir beaucoup plus forte.

Pour moi, c’est l’un des principaux enseignements du travail communautaire : la participation est beaucoup plus efficace lorsqu’elle repose sur la reconnaissance des acteurs plutôt que sur leur simple mobilisation ponctuelle.

#7 – Ce que je retiens comme pratique de management.

Si je devais retenir une approche simple à recommander à un manager de projet communautaire, je proposerais cinq réflexes.

  • Premièrement, écouter le terrain avant de proposer des solutions.
  • Deuxièmement, identifier les parties prenantes et comprendre leurs intérêts réels.
  • Troisièmement, maintenir une communication régulière et bidirectionnelle.
  • Quatrièmement, utiliser les données pour éclairer les décisions plutôt que pour remplir uniquement des rapports.
  • Enfin, accepter d’adapter les modalités de mise en œuvre lorsque les réalités du terrain le nécessitent, tout en conservant la maîtrise des objectifs, des ressources et des résultats attendus.

Ces principes peuvent sembler simples. Pourtant, leur application quotidienne demande de la rigueur, de l’écoute et une capacité permanente d’apprentissage.

Que retenir de ces expériences ?

Mon expérience m’a appris qu’un projet communautaire ne se résume pas à un ensemble d’activités à exécuter conformément à un calendrier. C’est avant tout un système d’acteurs qu’il faut comprendre, mobiliser, coordonner et accompagner.

Le manager de projet joue alors un rôle qui dépasse la planification et le contrôle. Il devient un facilitateur entre différentes parties prenantes, un utilisateur des données pour la décision et, surtout, un acteur de l’appropriation du projet.

À mon sens, la véritable réussite d’un projet ne se mesure donc pas uniquement à la réalisation des activités prévues.

La réussite d’un projet se mesure aussi à la capacité du projet à créer des dynamiques locales, à renforcer les acteurs qui y participent et à produire des changements qui peuvent continuer à exister au-delà de l’intervention.

C’est cette conviction qui guide aujourd’hui ma manière d’aborder la gestion de projets, particulièrement lorsqu’elle implique des communautés et des acteurs locaux.


Ghislain Houenou

Ghislain Houenou

Ghislain est sociologue-anthropologue, gestionnaire de projets et professionnel du développement communautaire. Titulaire d’une Licence professionnelle en Sociologie-Anthropologie du Développement et certifié en management des projets et recherche de financement, je dispose d’expériences au Bénin et au Togo dans la gestion et l’animation de projets, la mobilisation communautaire, la conduite d’enquêtes, la collecte et l’analyse de données ainsi que le suivi des activités. Ses expériences m’ont notamment amené à travailler avec des organisations de la société civile, des structures publiques et des acteurs communautaires sur des problématiques liées au développement local, à la cohésion sociale, à la protection sociale, à l’égalité de genre et à la mobilisation communautaire. Formé aux techniques d’enquête qualitative, à la collecte numérique de données avec KoboCollect et ODK ainsi qu’au management des projets et des organisations, je m’intéresse particulièrement aux approches participatives, au suivi-évaluation et à l’utilisation des données pour améliorer la qualité des interventions de développement.

À propos des relations avec les sponsors exécutifs par Lenka Pincot

Ne cherchez pas à « manager » pas votre sponsor exécutif de projet.

https://www.linkedin.com/posts/lenka-pincot_projectmanagement-sponsorship-learn-activity-7503566472364040194-IUJl

Ne « managez » pas votre sponsor exécutif de projet – construisez plutôt un partenariat avec cette personne.

Un(e) sponsor solide fait bien plus que simplement approuver des budgets ou assister occasionnellement à des réunions de direction. Cette personne aide à aligner le projet avec les autres dirigeants et membres du conseil d’administration, fait les bons compromis pour protéger l’investissement, élimine les obstacles et donne à l’équipe la confiance nécessaire pour mettre en lumière les problèmes dès le début.

J’ai apprécié contribuer à l’article récent de CIO expliquant pourquoi les projets informatiques échouent encore, en soulignant le rôle crucial de l’engagement des parties prenantes et du sponsor.

Réaliser cet entretien m’a fait replonger dans le passé à travers de nombreux projets personnels. J’ai eu la chance de travailler avec de véritables sponsors qui se sont levés quand c’était nécessaire et m’ont aidé à naviguer dans les chemins internes pour faire avancer mes projets.

Mais parfois, le sponsor restait à moitié absent, et ces expériences m’ont beaucoup appris. Ma plus grande leçon est d’investir tôt dans la relation avec votre sponsor exécutif, pas quand votre projet a des problèmes et que vous avez soudainement besoin d’aide. Cela peut déjà être trop tard car vous avez peut-être manqué un contexte important qui serait apparu lors de vos conversations avec les sponsors exécutifs – si vous en aviez eu.

Pour instaurer la confiance et une relation avec votre sponsor exécutif, aidez-le/la à comprendre le contexte du projet et l’impact des compromis qu’il ou elle doit faire. Faites participer vos sponsors aux véritables conversations avec votre équipe – ils ne souhaitent peut-être pas connaître tous les détails, mais ils apprécient d’avoir un aperçu de ce qu’il faut pour apporter de la valeur à travers votre projet. Soyez clair avec eux sur les lieux et les moments où vous avez besoin de leur influence. Et créez suffisamment de liens de communication pour que vous puissiez vous challenger mutuellement quand c’est nécessaire.

Un sponsoring bien réalisé n’est pas qu’un rôle sur un modèle de gouvernance de projet. C’est une relation humaine, et comme toute relation, nous devons d’abord la construire.

Dites-moi ce que vous en pensez et quelle est votre expérience de constructions de vos relations avec vos sponsors exécutifs.

Qu’est-ce qui marche, et qu’est-ce qui ne fonctionne pas ?

Pourquoi un bon projet peut devenir un mauvais investissement quand l’exécution et le timing ne suivent pas Par Khalid de DUBAIMMO

Un retour d’expérience depuis l’immobilier « off-plan » (Vente en l’État Futur d’Achèvement) à Dubaï.

Dans l’immobilier neuf à Dubaï, l’investisseur regarde souvent d’abord le produit : l’emplacement, le promoteur, le prix au mètre carré, le rendement attendu, le plan de paiement. C’est logique. Mais avec l’expérience, j’ai appris qu’un autre facteur peut être tout aussi déterminant : la qualité d’exécution du projet et le respect du calendrier annoncé.

Un projet peut être séduisant sur le papier et pourtant devenir un investissement médiocre si l’exécution dérive. À l’inverse, un projet moins spectaculaire mais bien piloté, livré dans des conditions cohérentes et avec une communication claire peut produire une expérience d’investissement beaucoup plus solide. Cette réalité immobilière rejoint directement les fondamentaux du management de projet :

La promesse initiale n’a de valeur que si l’organisation est capable de la transformer en résultat concret.

1. Le retard n’est pas seulement un problème de planning.

Quand un projet prend six, neuf ou douze mois de retard, on parle souvent simplement de « retard de livraison ». Pour l’investisseur, les conséquences sont pourtant beaucoup plus larges. Le capital reste immobilisé plus longtemps, les loyers attendus sont repoussés, un éventuel refinancement ou une revente doit être décalé, et le scénario patrimonial prévu au départ change.

Il faut donc regarder le calendrier comme une variable économique, pas seulement comme une date contractuelle. Deux projets affichant le même rendement théorique peuvent finalement produire des résultats très différents si l’un est livré à temps et l’autre beaucoup plus tard. La performance réelle dépend aussi du moment où l’actif devient effectivement exploitable.

Pour un manager de projet, c’est un rappel classique : un délai n’est jamais isolé.

Une dérive de planning se propage vers les coûts, les ressources, la satisfaction des parties prenantes et parfois même la qualité finale. Pour un investisseur, la logique est identique.

2. Ce qui compte, ce n’est pas seulement le plan initial, mais la capacité à absorber les écarts.

Aucun projet complexe ne se déroule exactement comme prévu. Dans la construction, les aléas peuvent venir des approvisionnements, des sous-traitants, des autorisations, des changements techniques ou de contraintes logistiques. Le sujet n’est donc pas de rechercher un projet « sans problème ». Il est de comprendre comment l’organisation réagit quand un problème apparaît.

Dans les projets que j’analyse, j’accorde beaucoup d’importance à trois signaux : la continuité réelle du chantier, la qualité de la communication et la capacité du promoteur à prendre des décisions rapidement. Un retard annoncé tôt, expliqué et accompagné d’un plan crédible n’a pas le même impact qu’un retard découvert progressivement à travers des réponses vagues ou contradictoires.

Cette différence est aussi valable dans n’importe quel projet d’entreprise. Les parties prenantes tolèrent souvent mieux un écart lorsqu’elles comprennent la situation, voient que les responsabilités sont prises et disposent d’une nouvelle trajectoire claire.

L’incertitude non gérée est généralement plus destructrice que le problème lui-même.

3. La coordination des parties prenantes devient visible au moment des difficultés.

Un projet immobilier réunit un grand nombre d’acteurs : promoteur, entreprise générale, sous-traitants, bureaux d’études, autorités, fournisseurs, équipes commerciales et clients. Tant que tout avance correctement, cette complexité reste relativement invisible. Elle devient évidente lorsque le projet rencontre une difficulté.

C’est souvent à ce moment-là que l’on mesure la maturité réelle de la gouvernance. Qui décide ? Qui informe ? Qui suit les engagements ? Les informations données par les équipes commerciales sont-elles alignées avec celles des équipes opérationnelles ? Les changements sont-ils documentés ?

Pour l’investisseur, ces éléments paraissent parfois secondaires au moment de l’achat. Pourtant, ils deviennent déterminants lorsque la livraison approche.

Pour le manager de projet, le parallèle est direct : une gouvernance claire, des responsabilités explicites et une circulation fiable de l’information sont des facteurs de performance autant que la compétence technique.

4. Un marché haussier peut masquer les erreurs d’exécution.

Pendant une phase de forte hausse immobilière, beaucoup d’erreurs restent invisibles. Un prix d’entrée trop élevé, une livraison tardive ou un produit moyen peuvent être compensés par l’appréciation générale du marché. L’investisseur peut même réaliser une plus-value malgré une sélection initiale imparfaite.

Lorsque le marché devient plus stable ou plus sélectif, ce mécanisme disparaît progressivement. La qualité du choix initial ressort alors beaucoup plus clairement. Le bon prix d’entrée, la solidité du promoteur, la cohérence du projet, la demande locative et la liquidité à la revente reprennent toute leur importance.

C’est une leçon intéressante pour le management de projet en général : un environnement favorable peut masquer une organisation fragile.

Lorsque les conditions se durcissent, ce sont les fondamentaux — gouvernance, exécution, discipline, gestion des risques — qui font la différence.

5. Ce que je recommande avant de considérer un projet comme « bon ».

Aujourd’hui, je ne considère plus un projet uniquement à travers son potentiel commercial. J’essaie de répondre à une question plus large : quelles conditions doivent être réunies pour que la promesse puisse réellement être exécutée ?

Cela suppose de regarder le prix d’entrée et le rendement, mais aussi l’historique du promoteur, sa capacité financière, la cohérence du calendrier, la structure du plan de paiement, l’état réel de l’avancement, la qualité des partenaires impliqués et le scénario de sortie de l’investisseur.

Cette approche ne permet pas d’éliminer tous les risques. Elle permet surtout de mieux les identifier avant de s’engager et d’éviter de confondre un bon produit avec un bon projet d’investissement.

Conclusion : l’exécution est une composante de la valeur.

Dans l’immobilier comme dans le management de projet, la valeur ne se crée pas au moment où la promesse est formulée. Elle se crée pendant l’exécution.

Un emplacement exceptionnel, un beau concept ou une projection financière attractive ne suffisent pas si le projet n’est pas capable de franchir correctement les étapes qui le séparent de sa livraison. À l’inverse, une exécution rigoureuse peut renforcer considérablement la valeur d’un projet initialement plus simple.

Pour l’investisseur, cela conduit à une règle très concrète : ne pas seulement demander « est-ce un bon projet ? », mais aussi « qui va l’exécuter, comment, avec quelle gouvernance, et que se passe-t-il si le planning dérive ? »

C’est souvent dans la réponse à ces questions que se trouve la différence entre une bonne présentation commerciale et un bon investissement.


À propos de l’auteur

Khalid dirige DUBAIMMO, cabinet spécialisé dans l’accompagnement des investisseurs francophones à Dubaï et Abu Dhabi. Son approche repose sur l’analyse du prix d’entrée, du rendement net plausible, de la qualité d’exécution des projets et du scénario de sortie avant toute recommandation. Il intervient au croisement de l’analyse immobilière, de la sélection de projets et de l’accompagnement opérationnel des investisseurs.
www.dubaimmo.com

De l’idée à l’action : 7 leçons tirées de la coordination d’un projet communautaire de jeunesse par Jerry Toussaint

Le management de projet est la capacité à faire avancer collectivement une idée dans un environnement réel, avec des contraintes réelles et des personnes réelles.

Un projet ne commence pas toujours avec un budget, une équipe expérimentée ou un plan parfaitement établi. Parfois, il commence simplement par une idée, une conversation et la volonté de faire quelque chose d’utile.

C’est notamment ce que j’ai découvert à travers mon expérience au sein de l’Espace des Jeunes Dynamiques (EDJ), une initiative communautaire créée aux Gonaïves, en Haïti, autour de la mobilisation, de la formation et de l’engagement des jeunes.

Cette expérience m’a permis de comprendre que la gestion de projet ne repose pas uniquement sur des outils, des échéanciers ou des ressources financières. Elle repose aussi sur la capacité à mobiliser des personnes, à communiquer, à s’adapter et surtout à transformer une intention en résultats concrets.

Voici sept leçons que je retiens de cette expérience.

#1 – Une bonne idée n’est que le point de départ

Lorsqu’un projet naît, l’enthousiasme est généralement présent. Les idées sont nombreuses et chacun imagine rapidement ce que le projet pourrait devenir.

Mais une idée, aussi pertinente soit-elle, ne constitue pas encore un projet.

La première difficulté consiste à passer de « ce serait intéressant de faire cela » à « voici précisément ce que nous voulons réaliser, pour qui, comment et dans quel délai ».

Dans un contexte communautaire, cette étape est particulièrement importante. Les ressources sont souvent limitées et les personnes impliquées sont parfois bénévoles. Il faut donc rapidement définir des objectifs réalistes.

Au sein de l’EDJ, cette transformation de l’idée en actions concrètes m’a appris à commencer par des questions simples : quel problème voulons-nous contribuer à résoudre ? Qui voulons-nous atteindre ? Quel résultat souhaitons-nous obtenir ? De quelles ressources disposons-nous réellement ?

Cette clarification permet d’éviter qu’un projet reste uniquement une bonne intention.

#2 – Une équipe ne se construit pas uniquement avec des titres

Un organigramme peut indiquer qui est responsable de quoi. Mais il ne suffit pas à créer une véritable équipe.

Dans un projet communautaire, les motivations, les disponibilités et les compétences des membres peuvent être très différentes. Certains sont très disponibles, d’autres le sont moins. Certains sont à l’aise dans la communication, d’autres dans l’organisation ou l’exécution.

La coordination consiste donc à identifier les forces de chacun et à attribuer les responsabilités en conséquence.

J’ai également appris qu’une responsabilité doit être accompagnée d’une certaine autonomie. Donner une mission à quelqu’un sans lui laisser la possibilité de prendre des initiatives peut rapidement ralentir le projet.

Le rôle du coordonnateur n’est donc pas de tout faire. Il consiste plutôt à créer les conditions permettant à chaque membre de contribuer efficacement.

#3 – Avec peu de ressources, la planification devient encore plus importante

L’un des enseignements les plus importants de mon expérience est que le manque de ressources ne dispense pas de planifier. Au contraire, il rend la planification encore plus nécessaire.

Lorsqu’un projet dispose de moyens limités, chaque erreur peut coûter beaucoup plus cher : du temps perdu, une activité reportée, une communication mal préparée ou une dépense mal anticipée.

La planification permet alors de distinguer ce qui est indispensable de ce qui est simplement souhaitable.

Cela implique de prévoir les principales dépenses, les ressources humaines nécessaires, les échéances, les responsabilités et les éventuels risques.

Il ne s’agit pas de produire un document complexe. Un tableau simple avec les tâches, les responsables, les échéances et l’état d’avancement peut déjà faire une grande différence.

#4 – La communication est une activité du projet, pas un détail

Un projet peut être bien conçu et pourtant rencontrer des difficultés simplement parce que l’information ne circule pas correctement.

Dans les initiatives impliquant des jeunes, la communication joue un rôle encore plus important. Les canaux utilisés, le ton des messages et la fréquence des informations peuvent influencer directement la participation.

J’ai donc compris qu’il fallait considérer la communication comme une véritable activité du projet.

Qui doit recevoir l’information ? À quel moment ? Par quel canal ? Quel message doit être transmis ? Qui est responsable de cette communication ?

Ces questions semblent simples, mais elles permettent d’éviter beaucoup de malentendus.

La communication concerne également l’écoute. Un bon coordonnateur ne doit pas seulement transmettre des instructions ; il doit recueillir les réactions de l’équipe, comprendre les difficultés et accepter d’ajuster certaines décisions.

#5 – Un projet doit savoir s’adapter

Aucun projet ne se déroule exactement comme prévu.

Une activité peut attirer moins de participants que prévu. Une ressource peut devenir indisponible. Une échéance peut devoir être déplacée. Une personne clé peut ne plus être disponible.

Face à ces situations, deux attitudes sont possibles : considérer le changement comme un échec ou l’intégrer comme une donnée nouvelle du projet.

Mon expérience m’a progressivement amené vers la deuxième approche.

S’adapter ne signifie pas abandonner les objectifs. Cela signifie chercher une autre manière de les atteindre lorsque les conditions changent.

Cette capacité d’adaptation est particulièrement importante dans les projets communautaires, où l’environnement peut évoluer rapidement et où les moyens disponibles ne sont pas toujours prévisibles.

#6 – Le suivi permet de transformer l’action en apprentissage

Organiser une activité ne signifie pas que le projet est terminé.

Après chaque action, il est utile de prendre le temps de regarder ce qui a fonctionné, ce qui n’a pas fonctionné et ce qui pourrait être amélioré.

Quels objectifs ont été atteints ? Combien de personnes ont réellement participé ? Quelles difficultés avons-nous rencontrées ? Quelles décisions ont été efficaces ? Que devons-nous modifier pour la prochaine étape ?

Ces questions permettent de transformer l’expérience en apprentissage.

Le suivi ne doit donc pas être perçu comme une tâche administrative supplémentaire. Il constitue une source d’amélioration continue.

Pour moi, c’est également l’un des aspects qui rapprochent le management de projet du développement personnel : chaque projet devient une occasion d’apprendre sur les méthodes, mais aussi sur soi-même et sur la manière de travailler avec les autres.

#7 – Derrière chaque projet, il y a des personnes

C’est probablement la leçon la plus importante que je retiens.

Les outils de gestion de projet sont essentiels. Les budgets, les échéanciers, les indicateurs et les procédures permettent de structurer le travail. Mais aucun projet ne fonctionne sans les personnes qui le portent.

Dans une initiative destinée aux jeunes, cette dimension humaine est encore plus visible.

Il faut comprendre les attentes des participants, reconnaître les efforts des bénévoles, maintenir la motivation de l’équipe et créer un environnement dans lequel chacun peut se sentir utile.

Cette conviction rejoint d’ailleurs une réflexion qui traverse mon premier livre, Les Maillons de nos vies : notre parcours est rarement construit seul. Les personnes que nous rencontrons, celles qui nous soutiennent et celles avec lesquelles nous construisons peuvent influencer profondément ce que nous sommes capables d’accomplir.

De l’expérience locale à une compétence transférable

Mon expérience à l’EDJ se déroule dans un contexte local, avec ses réalités et ses contraintes particulières. Pourtant, les enseignements que j’en tire dépassent largement le cadre communautaire.

Qu’il s’agisse d’un projet associatif, entrepreneurial, institutionnel ou professionnel, certaines bases restent les mêmes : clarifier les objectifs, mobiliser les bonnes personnes, planifier les ressources, communiquer efficacement, suivre les résultats et savoir s’adapter.

La gestion de projet n’est donc pas uniquement une question de méthodes. C’est aussi une capacité à faire avancer collectivement une idée dans un environnement réel, avec des contraintes réelles et des personnes réelles.

Et peut-être que la meilleure définition d’un projet réussi n’est pas simplement d’avoir respecté un plan initial.

C’est d’avoir réussi à créer de la valeur malgré les contraintes, d’avoir appris en chemin et d’avoir donné aux personnes impliquées l’envie de construire la prochaine étape.


Jerry TOUSSAINT

Jerry TOUSSAINT

Jerry TOUSSAINT est ingénieur en informatique, présentateur d’émission radio aux Gonaïves et leader communautaire engagé dans les initiatives en faveur de la jeunesse et du développement local. Il est Coordonnateur général de l’Espace des Jeunes Dynamiques (EDJ), une plateforme qui œuvre notamment dans l’éducation, la formation et la mobilisation des jeunes. Il est également Vice-coordonnateur de la fondation Helping Children From The Street (HCFS), où il contribue à des actions en faveur des personnes vulnérables.

Passionné par l’éducation, le leadership, les projets communautaires et le partage de connaissances, Jerry TOUSSAINT s’intéresse particulièrement à la manière dont les projets peuvent créer un impact concret dans les communautés. Il est également l’auteur de Les Maillons de nos vies, un ouvrage de développement personnel consacré à l’importance des relations humaines et des personnes qui contribuent à notre parcours.

Notre partenaire Lefebvre Dalloz Compétences propose des formations pour mieux manager et piloter tous les changements.

Quels sont les 7 pouvoirs de l’écoute ?

La partie la plus négligée du leadership est l’écoute.

The 7 Powers of Listening par Dan Rockwell

https://leadershipfreak.blog/2026/06/23/the-7-powers-of-listening/

Écouter est plus difficile que parler.

Que se passerait-il chez les gens si vous étiez plus enthousiaste à l’idée de les écouter que de parler ?

Vos oreilles accroissent votre influence.

7 Pouvoirs de l’écoute

  1. La confiance. Les gens qui se sentent entendus par vous, vous accordent leur confiance.
  2. L’engagement. Avant de vous plaindre de l’engagement, évaluez votre écoute.
  3. Énergie. Pensez à un moment où un leader vous a vraiment écouté. Je parie que vous étiez plein d’énergie.
  4. L’audace. Les gens qui se sentent importants agissent avec audace.
  5. La connexion. L’écoute donne naissance à la relation.
  6. L’appropriation. Les gens qui ne se sentent pas entendus résistent. Nous nous approprions ce que nous aidons à façonner.
  7. Le respect. Écouter communique de la valeur.

Plus vous avez besoin de faire, plus vous devez écouter.

4 conseils pour améliorer votre écoute

  1. Prévoyez d’écouter davantage que de parler.
  2. Tombez amoureux des voix de votre équipe, pas de la vôtre.
  3. Détendez-vous pendant que les autres parlent.
  4. Consacrez votre énergie à planifier votre écoute. Qu’avez-vous besoin d’explorer ? De comprendre ?

Si vous n’avez pas le temps d’écouter, vous n’avez pas le temps de mener.

Notre partenaire Lefebvre Dalloz Compétences propose des formations pour mieux manager et piloter tous les changements.

Écoutez ce qui n’est pas dit.

  1. Souvenez-vous des thèmes récurrents.
  2. Surveillez les comportements. Croyez les actions plutôt que les mots.
  3. Remarquez les émotions.
  4. Enquêtez sur l’intention. Demandez : « Qu’est-ce qui motive cela ? »
  5. Surveillez l’énergie. Posez des questions sur les changements d’énergie.

« La chose la plus importante dans la communication, c’est d’entendre ce qui n’est pas dit. » Peter Drucker

Le secret pour accroitre votre influence réside dans vos oreilles.

Quel conseil d’écoute devriez-vous pratiquer aujourd’hui ?

Règles de réunion mises à jour !

Et si vous essayiez 2 ou 3 petites nouvelles choses dans vos réunions ?

Meeting Ground Rules Updated par Mark Levison

https://agilepainrelief.com/blog/meeting-ground-rules-updated/

À Agile 2007, j’ai assisté à la présentation de Jean Tabaka (auteur de Collaboration Explained) « Pourquoi je n’aime pas les lundis » / “Why I don’t like Monday’s”, entre autres choses, elle recommandait d’établir quelques règles de base pour vos réunions d’équipe.

À l’époque, mon équipe avait créé l’ensemble de règles suivant :

  • Pas d’email ni de navigation sur le web.
  • Pas de conversations annexes (via messagerie instantanée, etc.)
  • Pas de portables
  • Rejoignez à la réunion à l’heure

Lors des conférences de cette année, dans une session intitulée « L’esprit du débutant / Beginner’s Mind », Jean a évoqué quelques nouvelles règles de base qu’elle propose aux équipes pour examen :

  • Concentrez-vous sur « l’Art du Possible » – ce qui pourrait fonctionner ici – l’objectif est d’ouvrir les esprits et de remplacer les conversations sur ce qui ne pourrait jamais fonctionner ici.
  • « Les mais sont moches » – on abandonne le mot mais pour utiliser le mot et – ce qui mène à plus de conversations du genre « et on pourrait essayer ça ».

Enfin, il faut savoir que la question : « Y a-t-il d’autres questions » (une question oui/non) est la façon la plus rapide de mettre fin aux questions.

Essayez plutôt de poser des questions ouvertes comme : « Quoi d’autre ? » ou « Quelles autres questions avez-vous ? ».

Elles sont très claires. Restez sur ces deux styles de questions ouvertes et laissez le silence planer jusqu’à 10 secondes car cela peut offrir un bon élan vers de nouvelles informations.

Concilier rigueur de projet et exigences de durabilité par Nina Joëlle Dje

Comment concilier les impératifs de rendement à court terme d’une coopérative agricole avec les exigences du développement durable, souvent perçues comme contraignantes ?

Retour d’expérience sur l’accompagnement RSE des coopératives agricoles en Côte d’Ivoire.

C’est la question qui a guidé chacune de mes missions auprès des coopératives agricoles, où j’ai appris qu’être consultant Responsabilité Sociétale ou Sociale des Entreprises (RSE) ne suffit pas : il faut aussi savoir piloter le changement comme un véritable manager de projet.

Ce partage d’expérience s’appuie sur plusieurs missions d’évaluation environnementale et sociale menées au sein de coopératives agricoles en Côte d’Ivoire.

À travers les enseignements tirés de ces missions, la méthodologie déployée, les défis rencontrés, ainsi que les solutions mises en œuvre, je souhaite montrer en quoi cette articulation constitue une véritable clé de réussite pour ancrer durablement la RSE dans les réalités des coopératives agricoles ivoiriennes.

Introduction

Le secteur du cacao, moteur économique en Côte d’Ivoire, traverse une phase de mutation profonde. Les exigences des marchés internationaux en matière de durabilité ne sont plus seulement des critères de conformité, mais de véritables enjeux de compétitivité. La transformation durable est donc désormais un impératif pour le secteur agricole. Le management de projet appliqué à ce contexte agricole doit ainsi intégrer des dimensions environnementales, sociales et de gouvernance complexes.

1 – La convergence entre développement durable et management de projet.

Piloter une mission d’évaluation ou d’audit dans une coopérative agricole revient à exercer une double fonction : celle de consultante RSE, chargée de garantir la pertinence et la crédibilité de la démarche de durabilité, et celle de manager de projet, responsable du cadre méthodologique permettant de la déployer concrètement. La difficulté majeure réside dans l’alignement des objectifs : comment concilier les impératifs de production à court terme des coopératives avec les exigences de durabilité à long terme ? La réponse réside dans une gestion de projet « intégrée », où ces deux fonctions que j’exerce se nourrissent mutuellement. Cette approche favorise :

  • Une analyse de la valeur : en tant que consultant RSE, je m’attèle à ce que les coopératives perçoivent l’évaluation environnementale et sociale non pas comme un coût, mais comme un investissement permettant de mieux accéder ou s’ouvrir à des marchés internationaux.
  • Une gestion du changement : la durabilité est avant tout une question centrée sur l’être humain. En tant que manager de projet, je structure la démarche et en garantis la discipline d’exécution ; en tant que consultant RSE, j’agis en médiateur, expliquant aux producteurs les bénéfices à long terme des pratiques durables.

Au-delà de ces dimensions humaine et managériale, la conduite de ce changement repose aussi sur des indicateurs mesurables permettant de rendre perceptibles les progrès réalisés.

 

2 – Méthodologie et indicateurs de performance.

Notons que les indicateurs peuvent varier selon les objectifs visés par les coopératives. En effet, certaines coopératives envisagent une adaptation aux exigences règlementaires et normatives : Par exemple certifications internationales, ou des labélisations comme Fair Labor Association, Fairtrade… ; tandis que d’autres souhaitent juste expérimenter (implémenter) la RSE/Développement Durable afin de gérer des risques climatiques ou opérationnels inhérents ou potentiels.

Pour assurer la réussite de ces missions, je structure ma démarche autour de piliers spécifiques, chacun axés sur de multiples indicateurs, adaptés à chaque étude.

Un aperçu est présenté dans le tableau ci-dessous.
PILIERS MÉTHODOLOGIE/AXES INDICATEURS DE PILOTAGE
 

 

 

 

 

Gouvernance

 

 

Renforcement des capacités du Conseil d’Administration

 

Taux d’appropriation des procédures

 

Taux de participation des agriculteurs aux assemblées générales et aux votes

 

 

 

Évaluation de l’ancrage territorial

 

Évaluation de la contribution au dynamisme

socio-économique

 

 

 

Environnement

 

Audit des pratiques agricoles

 

Taux d’utilisation des pesticides

 

 

Évaluation de la sécurisation

 

Pourcentage des parcelles avec traçabilité complète

 

 

 

 

Social

 

Évaluation des conditions de travail

 

Taux de fréquence et taux de gravité des accidents de travail

 

Évaluation de l’amélioration du niveau de vie des producteurs Pourcentage de prix bord champ effectivement versé par rapport au prix officiel fixé
Tableau 1 : quelques indicateurs utilisés lors des missions

Ces indicateurs ne prennent véritablement sens qu’à l’épreuve du terrain.

C’est précisément dans cette confrontation entre méthodologie et réalité opérationnelle que j’ai pu identifier, au fil de mes missions, plusieurs défis récurrents auxquels se heurtent les coopératives agricoles ivoiriennes dans leur besoin de mise en œuvre de la RSE.

3 – Les défis rencontrés sur le terrain

Dans le cadre des missions au sein de coopératives agricoles ivoiriennes, conduites non seulement avec le regard du consultant RSE, mais aussi avec la rigueur du manager de projet, j’ai pu identifier plusieurs défis récurrents qui rendent complexe la mise en œuvre de démarches RSE/Développement Durable pour les coopératives.

Le premier obstacle est d’ordre économique. En tant que manager de projet, j’ai dû composer avec des budgets contraints et des arbitrages financiers où les impératifs de production à court terme étaient priorisés face à la logique d’investissement durable. En tant que consultant RSE, il m’a fallu, en parallèle, convaincre les coopératives que ces investissements constituaient un levier de valorisation à moyen terme plutôt qu’une charge supplémentaire.

J’ai également été parfois confrontée à un déficit de gouvernance interne dans plusieurs structures ; par exemple, une gestion peu transparente, une implication peu démocratique ou limitée des membres, une capacité managériale insuffisante chez les dirigeants. Ce constat, posé avec le regard du consultant RSE, soucieux de crédibilité et de conformité, m’a conduit, en tant que manager de projet, à intégrer un volet de renforcement de capacités dans le plan d’exécution ; car pour piloter une démarche RSE de façon durable, une gouvernance solide est nécessaire en amont.

L’un des enseignements les plus marquants concerne l’hésitation à l’appropriation des principes de développement durable par les producteurs eux-mêmes. En tant que consultant RSE, j’ai pu observer que les exigences RSE, notamment l’interdiction du travail des enfants, la réduction de l’usage des intrants chimiques, les pratiques agroforestières étaient parfois perçues comme des contraintes imposées de l’extérieur. Cela traduit l’importance du rôle de médiateur, du manager de projet sur le terrain.

Enfin, j’ai régulièrement dû composer avec la multiplicité des référentiels de certification. En tant que consultant RSE, j’ai par conséquent dû parfois travailler de longues heures pour en démêler les exigences. En tant que manager de projet, il a fallu aussi absorber la charge administrative qu’elles généraient au sein de structures aux ressources humaines restreintes.

N.B : La liste des difficultés n’est pas exhaustive et varie d’une coopérative à une autre.

En réponse à ces difficultés, mon rôle a aussi consisté à apporter des propositions, en mobilisant conjointement mes deux casquettes de consultant RSE et de manager de projet.

 

 4 – Quelques solutions mises en œuvre face à ces défis

Face à la contrainte financière, en tant que manager de projet, j’ai privilégié une approche par paliers, aux coopératives concernées, plutôt qu’une mise aux normes globale et immédiate, difficilement soutenable pour des structures à faible capitaux.

Concernant le volet gouvernance, en tant que manager de projet, j’ai systématiquement intégré un axe de renforcement de capacités dans le plan d’exécution des missions ainsi que la gestion financière et le reporting. J’ai aussi accompagné la mise en place d’outils simples de transparence. En tant que consultant RSE, j’ai veillé à ce que ces outils répondent aux exigences de crédibilité attendues par les organismes certificateurs et les bailleurs de fonds, car je suis convaincue qu’aucune démarche RSE ne peut s’ancrer durablement sans une gouvernance interne solide.

L’enjeu de l’appropriation par les producteurs a constitué le défi le plus délicat, et celui où l’articulation des deux fonctions a été la plus déterminante. J’ai fait le choix d’une approche participative, en construisant les plans d’action avec les producteurs plutôt qu’en leur imposant des exigences descendantes.

Enfin, concernant la multiplicité des référentiels, en tant que consultant RSE, j’ai orienté mon accompagnement vers la recherche de convergences entre cahiers des charges, afin d’en mutualiser les exigences plutôt que de les traiter en silos. En tant que manager de projet, j’ai traduit cette recherche de convergence en un dispositif opérationnel simple, en recommandant la désignation d’une personne chargée d’être le référent (chargé de la qualité/conformité) au sein de chaque coopérative, pour centraliser le suivi et limiter la dispersion des responsabilités.

Ces solutions, conçues avec le regard du consultant RSE et déployées avec la rigueur du manager de projet, témoignent d’une conviction forgée au fil de ces missions : c’est bien l’articulation constante de ces deux fonctions, qui conditionne la réussite d’une démarche de durabilité au sein des coopératives agricoles ivoiriennes.

Conclusion

Mon expérience auprès des coopératives agricoles ivoiriennes m’a conduit à une conviction centrale :

La durabilité ne se décrète pas, elle se construit à l’intersection de deux exigences a priori distinctes, mais en réalité indissociables.

En tant que manager de projet, j’ai appris qu’aucune ambition de durabilité ne peut se concrétiser sans un cadre méthodologique rigoureux (planification, indicateurs, discipline d’exécution…).

En tant que consultant RSE, j’ai appris que ce cadre reste vain s’il n’est pas irrigué par une pertinence de fond et par une attention constante aux réalités humaines du terrain.

Ces expériences m’ont ainsi confirmé qu’exercer, au sein d’un même projet, la double fonction de consultant RSE et de manager de projet constitue une véritable valeur ajoutée : celle de pouvoir penser la durabilité et la piloter, dans un même mouvement, au service d’un développement agricole à la fois performant et responsable.

 


NINA JOELLE DJE CAPM®

Nina Joëlle Dje

Consultante RSE et Manager de Projet

Professionnelle engagée dans la gouvernance organisationnelle et le management de projet, je me suis spécialisée dans la structuration de démarches durables au sein des entreprises, avec plusieurs expériences dans le secteur agricole. J’ai accompagné plusieurs coopératives agricoles, spécifiquement celles de la filière cacaoyère en Côte d’Ivoire dans la mise en œuvre de leurs démarches de durabilité et de consolidation de leur ancrage territorial. Aujourd’hui, en plus de la certification en gestion des projets et du master gouvernance et responsabilité sociétale des entreprises, je suis titulaire du mastère professionnel en foncier rural, je comprends donc les enjeux de la sécurisation foncière. Je suis extrêmement ravie de contribuer à la transformation positive des coopératives agricoles de mon pays.

Avant de mesurer, décidez ce que vous allez faire de cette métrique. par Mike Cohn

Les indicateurs peuvent aider les équipes et les leaders à prendre de meilleures décisions. Mais seulement si la métrique est liée à une décision.

Une table de roulette à Las Vegas m’a autrefois rappelé cela. Les casinos affichent les résultats des vingt derniers tours environ de la roue sur des moniteurs près de la table. Si les quatre derniers tours étaient rouges, certains parieurs pensaient que le noir devait sortir. D’autres pensaient que le rouge était sur une série. Dans tous les cas, le casino gagne parce que davantage d’argent a été misé.

L’affichage semblait utile. C’était visuel. Il montrait l’histoire récente. Cela rendait les schémas faciles à voir.

Mais chaque tour de roulette est indépendant. Les vingt derniers tours ne vous disent rien d’utile sur le suivant.

Les indicateurs de projet peuvent nous induire en erreur de la même manière.

Supposons qu’une équipe mesure combien de défauts les testeurs trouvent par heure à l’approche de la sortie d’un produit. Une baisse des défauts pourrait indiquer que le produit s’améliore.

Mais si la chute survient pendant l’heure du déjeuner, moins de défauts ont été détectés car moins de personnes faisaient des tests.

Le nombre (de défauts détectés) a changé. Le produit n’a peut-être pas changé.

Avant d’ajouter une métrique, demandez :

  • Quelle décision cela nous aidera-t-il à prendre ?
  • Si le nombre augmente, que ferons-nous ?
  • Si le nombre baisse, que ferons-nous ?

Si personne ne peut répondre à ces questions, la métrique ne vaut probablement pas la peine d’être collectée.

Les métriques ont un coût.

  • Quelqu’un collecte les données.
  • Quelqu’un les rapporte.
  • Quelqu’un les interprète.

Et une fois que les gens voient un chiffre, ils peuvent changer leur comportement pour améliorer le chiffre plutôt que d’améliorer le travail.

L’objectif n’est pas d’avoir plus de métriques. L’objectif est d’avoir des métriques que vous pouvez réellement utiliser.


Précédents billets sur le sujet des métriques de projet

Les indicateurs de flux et pourquoi ils sont importants pour les équipes et les managers.

« Métriques et KPIs, le point de vue d’une praticienne » par Sophie Auguste

Données : Règle #1 « Ne demandez pas de données si vous ne savez pas ce que vous allez en faire »

Comptez-vous les bonnes choses ? Qu’est-ce qui mérite vraiment d’être compté ?

Mesurez ce qui importe

au delà des chiffres, comment mettre en place un jeu de métriques qui apportent de la valeur au projet

Dites-moi comment vous me mesurez, je vous dirai comment je me comporte ! par Isabelle Icord

Gestion de projet avec tableau de bord et indicateurs : pour quoi faire ? par Alexis Sgaros

« La Gouvernance de l’Invisible dans les grands projets : Pourquoi les budgets massifs ont besoin d’un architecte des systèmes humains » par Arthur Guetse

​Briser le mythe de la surface.

​En gestion de projets complexes, les tableaux de bord, les diagrammes de Gantt et les indicateurs financiers ne montrent que la partie émergée de l’iceberg. Trop de managers pensent que piloter un projet se résume à surveiller des chiffres figés, répartir les tâches et fixer un calendrier d’exécution. C’est un leurre. Ce qui fait échouer ou prospérer une organisation, ce n’est ce qu’on voit sur le papier, mais ce qu’on ne voit pas : les flux relationnels, les dynamiques d’influence, les micro-tensions et l’énergie informelle des équipes.

​Qu’est-ce donc que la Gouvernance de l’Invisible ?

  • ​Du point de vue du management : C’est l’art d’orchestrer les énergies humaines, d’aligner les visions et de piloter les flux relationnels non formalisés qui dicte la vraie vitesse d’exécution d’une organisation.
  • ​Du point de vue des systèmes et réseaux : C’est l’association indissociable entre l’infrastructure matérielle de base et la configuration invisible des protocoles logiques qui permettent à la donnée de circuler efficacement.

​« La gouvernance de l’invisible » n’est pas un concept ésotérique ou un mythe abstrait : c’est la réalité opérationnelle absolue de tout système performant.

​L’analogie informatique (Le réseau mobile) : Lorsque nous naviguons sur Internet via nos mobiles au quotidien, nous voyons uniquement le résultat fluide à l’écran. Pourtant, derrière cette apparente simplicité se cache une infrastructure titanesque : d’un côté le hardware (les antennes, les routeurs, les câbles physiques), de l’autre la configuration logicielle invisible (les protocoles de routage qui acheminent chaque paquet de données). Si les routeurs ne sont pas paramétrés avec rigueur, le réseau s’effondre malgré la puissance des équipements.

​En gestion de projets, c’est exactement la même chose : On a beau fixer les délais d’exécution et distribuer les rôles sur le papier (Scrum Master, chef de projet, experts), ce n’est pas l’organigramme rigide (le hardware) qui fait le travail, c’est l’humain. Si les flux relationnels, la motivation, la clarté des attentes et la gestion des dynamiques humaines ne sont pas structurés avec finesse, le projet n’avancera pas, peu importe la beauté des processus affichés et les indicateurs des tableaux de bord au vert.

​Le terrain n’a pas d’organigramme : quand l’action forge la vision.

​La Gouvernance de l’Invisible ne s’explique pas, elle s’impose par les faits. En tant que Strategy & Growth Manager en milieu institutionnel, au cœur d’équipes transverses et multiculturelles aux profils variés, le constat est immédiat : un véritable manager ne se perd pas dans des théories de bureau à pondre des notes de service. Il est d’abord profondément connecté à la réalité du terrain. Il connaît les véritables difficultés opérationnelles des équipes, et c’est de là qu’il tire les solutions adaptées aux conditions réelles.

​C’est de cette faculté à résoudre efficacement les problèmes complexes soumis, avec simplicité et agilité, que tout a basculé. Incapables de dénouer ces situations par eux-mêmes, ce sont les autres qui ont fini par nous surnommer « Sans Soucis » pour cette capacité à ramener l’apaisement et la performance. Ils ont suivi la vision naturellement. De cette identité est née la communauté Sans Soucis — une communauté d’entraide, de mentorat et d’entrepreneuriat qui rassemble aujourd’hui plus de 1 400 leaders à fort potentiel issus de tous horizons. Cette masse critique pluridisciplinaire constitue un vivier d’experts redoutable, permettant de mobiliser instantanément les ressources pointues nécessaires face à chaque complexité. C’est cette communauté d’élite qui a porté la création de notre cabinet : Sans Soucis Strategic Consulting (SSSC).

​Car un manager lucide sait qu’il ne peut pas tout porter par sa seule force : il doit s’entourer d’hommes et de femmes qui incarnent la vision et possèdent l’excellence technique requise.

​L’analogie informatique (Le brassage des ports et la connexion des câbles) : Imaginez une armoire de brassage réseau dotée de câbles en fibre optique parfaits et d’un matériel ultra-performant. Si le technicien connecte les câbles aux mauvais ports ou néglige d’enficher les liaisons logiques là où le flux de données doit transiter, aucun signal ne passe et le réseau reste aveugle.

​En management de projets complexes, c’est l’exacte reproduction de la réalité : L’entreprise peut regorger de talents et de ressources, mais si le manager s’éparpille et ne sait pas connecter les personnes aux bons endroits pour faire circuler l’énergie humaine, le système se bloque.

​Pour gouverner l’invisible, il faut donc incarner un manager catalyseur : cette personne capable de comprendre en profondeur son environnement, de connaître ses équipes et le potentiel de chacun, de positionner les bonnes personnes aux bons postes, et de fédérer les énergies autour d’une vision globale et inébranlable.

​Le naufrage invisible : l’exemple grandeur nature de Set’ Mobile.

​Pour comprendre qu’un grand déploiement matériel et financier ne garantit rien sans une gouvernance rigoureuse des flux invisibles, analysons un cas d’école marquant : le lancement de l’opérateur virtuel de téléphonie mobile Set’ Mobile (Eto’o Telecom), fondé sur des capitaux massifs évalués à plusieurs milliards de francs CFA.

​À son lancement officiel au Cameroun, adossé à un réseau partenaire et porté par la puissance d’une marque mondiale, l’impact initial est fulgurant : plus de 400 000 abonnés conquis en un temps record. Sur le papier, le hardware marketing et financier est parfait. Pourtant, moins d’un an plus tard, l’entreprise s’effondre, minée par des crises de gouvernance interne, une instabilité managériale notoire et des offres déconnectées des réalités du terrain.

​Le diagnostic chirurgical : Pourquoi un tel naufrage malgré des moyens colossaux ? Ce n’est pas un échec technique ou financier, mais une faillite totale de la gestion du facteur humain et de l’alignement des visions. Lorsque le porteur de projet délègue la gouvernance à des collaborateurs qui se focalisent sur la structure comme une rente à exploiter plutôt que sur une vision commune à bâtir, les flux relationnels se corrompent et l’édifice s’effondre de l’intérieur.

​L’argent et les infrastructures brutes ne sauvent pas un projet mal configuré humainement. Si les hommes aux commandes n’ont pas la même boussole éthique et stratégique, la structure implose.

​Bande passante humaine et routage relationnel : quand les réseaux dictent le management.

​À ce stade, l’évidence s’impose : la gestion d’un projet complexe de grande envergure obéit aux mêmes lois fondamentales que l’architecture des systèmes et réseaux informatiques. L’ingénieur en réseaux et le manager stratégique manipulent les mêmes équilibres invisibles :

  • ​La Bande Passante et l’Énergie Collective : Tout comme la bande passante d’un réseau mesure la quantité maximale de données transportables sur un lien à un instant donné, l’énergie collective d’une équipe représente sa capacité de production brute. Si le management impose des goulots d’étranglement administratifs ou une communication opaque, la bande passante humaine sature : latence décisionnelle, lenteur d’exécution et projets enlisés.
  • ​Le Routage des Paquets et l’Assignation des Rôles : Dans un réseau IP, un paquet de données ne choisit pas son chemin au hasard ; il est acheminé par des tables de routage rigoureusement paramétrées. En management, distribuer un rôle sans s’assurer que la compétence et la vision du collaborateur correspondent au poste équivaut à router des paquets critiques vers une passerelle morte.
  • ​La Sécurité des Protocoles et la Confiance Interne : Un protocole réseau défectueux expose l’infrastructure aux pannes. Dans une entreprise, les « protocoles relationnels » informels (les non-dits, les luttes d’ego, l’absence de vision partagée) agissent comme des failles de sécurité majeures qui corrompent l’intégrité du système de l’intérieur.

​Cartographier l’invisible : la boîte à outils du manager catalyseur.

​Un concept puissant n’a de valeur que s’il se traduit par une exécution chirurgicale. Pour piloter l’invisible et transformer la complexité en performance mesurable, le manager catalyseur doit déployer une méthodologie rigoureuse sur le terrain :

  1. ​Cartographier les flux invisibles (Au-delà de l’organigramme figé) : L’organigramme officiel ne montre jamais comment l’information et l’influence circulent réellement. Il faut dresser une cartographie des flux relationnels : identifier les véritables leaders d’opinion informels, repérer les zones de friction cachées et détecter les silos culturels. C’est l’équivalent d’un audit de trafic réseau pour repérer les points de congestion avant la panne.
  2. ​Paramétrer les protocoles d’alignement humain : Dans un projet complexe multiacteurs, cela se traduit par la mise en place de rituels de communication unifiés, d’une transparence radicale et d’une vision partagée dès le kick-off. Le manager catalyseur s’assure que chaque intervenant comprend l’impact de son action sur l’ensemble de l’écosystème.
  3. ​Calibrer l’interconnexion (Brancher les bons ports) : Ne confiez jamais une mission critique uniquement sur la base d’un titre ou d’un CV. Analysez le potentiel réel et la compatibilité énergétique de chaque ressource pour positionner les hommes et les femmes là où leur valeur ajoutée est maximale.

​Conclusion

​La performance durable d’un projet ne s’atteint pas uniquement en regardant les indicateurs sur les tableaux de bord, en distribuant les rôles sur le papier ou en fixant de simples délais de livraison. Elle s’obtient d’abord par l’humain et la stratégie : en fédérant les équipes sur la vision commune et en s’entourant de personnes qui possèdent le potentiel technique pour porter cette ambition.

​La Gouvernance de l’invisible, cet art de maîtriser les flux humains et relationnels qui dictent réellement la performance, n’est donc pas un mythe abstrait : c’est la réalité opérationnelle incontournable de tout projet d’envergure.


Précédents billets

Pourquoi la « Gouvernance de l’Invisible » est le KPI ultime de vos projets par Arthur GUETSE

La Gouvernance de l’Invisible à l’ère de l’IA par Arthur Guetse


Arthur GUETSE

Strategy & Growth Manager | Expert en redressement organisationnel et pilotage de projets complexes.

Spécialiste de « la gouvernance de l’invisible » et fondateur de l’écosystème SANS SOUCIS (+1 400 leaders).

​Je fédère les énergies pour transformer la complexité organisationnelle en leviers de performance et piloter en toute sérénité la réussite de vos projets complexes.

​Prêt à relever vos défis stratégiques ?

Écrivez-moi en clarifiant vos enjeux pour réserver votre consultation de diagnostic initial. contact@sans-soucis-consulting.com

Qu’êtes-vous prêt à faire pour créer la culture que vous souhaitez ?

Si vous avez une culture dont vous ne voulez pas, comment la transformer en une culture que vous voulez ?

What Are You Willing to Do to Create the Culture You Want? par Johanna Rothman

https://createadaptablelife.com/2026/08/what-are-you-willing-to-do-to-create-the-culture-you-want.html

J’utilise la définition de la culture d’entreprise d’ Edgar Schein depuis des années. (Depuis Esther Derby me l’a expliqué.) Schein a évoqué des artefacts et plusieurs autres idées, mais Esther me les a clarifiées.

La culture est la suivante :

  • Ce que les gens peuvent discuter
  • Comment les gens se traitent entre eux
  • Et dans les organisations, ce que l’organisation récompense.

Tout cela signifie que nous pouvons utiliser l’idée de culture pour n’importe quel groupe de personnes. De toute la société, à une équipe spécifique, et tout ce qui se trouve entre les deux.

C’est pourquoi cette question est importante. Si nous voulons clarifier ce que les gens peuvent discuter, comment ils se traitent entre eux, et ce que notre organisation récompense, nous devons être capables de faire certaines choses. Ces choses reflètent les problèmes que nous observons dans la culture actuelle.

Parfois, ces choses signifient que nous devons avoir le courage de nous exprimer, surtout quand c’est inconfortable. (Voir What Kind of a Culture Do You Want to Create and Reinforce?)

D’autres fois, la culture est notre façon d’exprimer la joie.

Au travail, les récompenses guident définitivement la culture. Et dans la société, je m’attends à ce que les récompenses soient un peu différentes. Pas spécifiquement financières, mais plutôt au niveau de la réputation.

Si nous avons une culture dont nous ne voulons pas, comment la transformer en une culture que nous voulons ? Cela demande de réfléchir aux problèmes que nous voyons et aux actions pour les résoudre.

Clarifiez votre réflexion pour choisir vos actions.

J’avais l’habitude d’avoir des discussions bruyantes et véhémentes sur la politique avec mon père conservateur. Il disait : « Je suis financièrement conservateur et socialement libéral. »

Ce qu’il voulait dire, c’est ceci : il se fichait de l’état du mariage des autres, car leur mariage n’avait aucun effet sur le sien. Il voulait des logements pour faibles revenus dans chaque quartier, car il pensait que les sans-abris et la pauvreté étaient un problème de ne pas voir d’alternatives. (Quand j’expliquais que la pauvreté était un problème d’insuffisance financière, il n’arrêtait pas de me dire que tout le monde avait une chance équitable. Je n’étais pas d’accord, surtout concernant le mythe de la reine de l’aide sociale. Il ne me croyait pas à l’époque, et il est mort, donc je ne peux plus argumenter avec lui.)

Avant sa mort, nous avons réussi à nous mettre d’accord sur suffisamment de points pour pouvoir discuter d’autres sujets en profondeur.

Mais si nous ne pouvons pas clarifier notre réflexion, nos actions ne fonctionneront probablement pas bien. C’est parce que nous ne résolvons pas les bons problèmes.

Les actions reflètent des problèmes.

Vous et moi ne sommes peut-être pas d’accord sur divers problèmes sociétaux et sur la façon de les résoudre. Cependant, je dirai ceci : si je n’avais pas Medicare et une excellente assurance secondaire, je serais probablement morte à ce stade. (Le cancer est ridiculement cher à traiter. Je ne dis pas que les dépenses sont mauvaises — je dis qu’elles existent.) Je suis très heureuse de recevoir ces soins de santé. Et j’aimerais que tout le monde y ait accès. J’essaie d’être digne de l’investissement que le système de santé place sur moi.

Vous pourriez ne pas être d’accord avec moi.

C’est très bien. Je suis sûre que nous pouvons trouver d’autres problèmes à résoudre sur lesquels nous pourrons nous accorder.

Et c’est là le but de la culture. Quels problèmes voulez-vous résoudre ? Ces problèmes doivent être suffisamment importants. Les problèmes importants nous aident à décider quand nous sommes prêts et quelles actions nous pouvons entreprendre.

Chaque équipe a une culture, que ce soit un groupe d’amis, un conseil de parents d’élèves ou notre société au sens large. Plus nous choisissons les problèmes que nous voulons résoudre, plus nous avons de chances de choisir les actions à entreprendre pour créer la culture que nous souhaitons.

Cela vaut la peine de réfléchir et d’agir, de créer la culture que nous souhaitons. Le changement culturel n’est jamais facile. Il en vaut presque toujours la peine.

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Trop de réunions au travail ? Ce sont rarement les réunions qui sont le problème. Sam Adesoga

Les réunions sont généralement un symptôme, pas la cause.

Too Many Meetings at Work? It’s Rarely the Meetings

https://samadesoga.me/posts/too-many-meetings-at-work/

J’ai remarqué quelque chose dans les équipes que je coache :

Lorsque les réunions ad hoc s’accumulent, le travail en cours a tendance à s’accumuler avec elles.

Je voulais savoir si c’était un vrai schéma ou si j’interprétais cela, alors j’ai regardé ce que d’autres avaient observé et si ce raisonnement tenait la route. Plus je réfléchissais, plus je pensais avoir compris la causalité.

Ma première théorie était que les réunions ad hoc étaient le problème. Elles ouvrent de nouveaux sujets en dehors de la structure déjà existante dans une équipe, le type que la plupart des cadres de travail intègrent volontairement. Scrum, par exemple, limite ses événements formels à environ 4,5 heures sur deux semaines. Quel que soit le cadre de travail qu’une équipe utilise, quelque chose de similaire existe généralement : un temps fixe est réservé à la discussion, et rien de plus.

Que se passe-t-il réellement selon moi ?

Les réunions sont généralement un symptôme, pas la cause.

La racine du problème, c’est une équipe qui prend trop de choses à faire dès le départ, sans la discipline de demander ce qui devrait s’arrêter pour faire de la place à tout cela.

Voici la séquence telle que je la vois maintenant. Une équipe s’engage à plus que ce à quoi elle a dit non. Quand quelque chose de nouveau survient, au lieu de demander quel travail déjà engagé doit céder sa place, l’équipe ajoute la nouveauté par-dessus. Le travail en cours augmente. Le temps structuré de l’équipe, construit pour un certain volume de travail, cesse de suffire à maintenir tous ces travaux ouverts en même temps. Les réunions ad hoc commencent à combler le vide, retirant des personnes du travail ciblé pour coordonner des éléments pour lesquels les événements formels n’ont jamais été organisés. Ces réunions coûtent du focus, alors que la concentration est exactement ce qu’il faut pour terminer ce qui est déjà en cours. Moins de travail finit. Plus de travail reste en cours. Le cycle s’alimente lui-même.

C’est précisément là que la question de la poule et de l’œuf sur laquelle je me retrouvais bloqué se résout d’elle-même.

La réunion ad hoc crée-t-elle la surcharge, ou est-ce la surcharge qui crée la réunion ad hoc ?

Je pense maintenant que ce n’est que rarement la réunion qui est la cause profonde. C’est presque toujours ce qu’une équipe a discrètement accepté de prendre sans se mettre d’accord sur ce qu’elle retirerait pour cela.

Le coût du changement de contexte est réel. Les recherches sur le changement de tâche montrent que chaque changement porte une véritable taxe cognitive, pas seulement une taxe de planification (les travaux de Rubinstein, Meyer et Evans sur le contrôle exécutif sont un bon point de départ). Cette partie de ma théorie initiale tient toujours. Elle se situe juste en aval du vrai problème, pas de sa source.

Qu’est-ce qui devrait s’arrêter ?

La façon dont Jeff Bezos présente les décisions comme des portes à sens unique ou à double sens est utile ici, non pas pour décider si une réunion doit avoir lieu, mais pour décider ce qui cède la place lorsqu’un nouvel événement survient.

La plupart de ce qui est déjà engagé est une porte à double sens : un travail qui peut être mis en pause ou reséquencé sans réel dégât.

Les portes à sens unique, véritablement coûteuses à retarder ou à annuler, sont suffisamment rares pour ne pas être la raison par défaut de continuer à ajouter sur un plateau déjà chargé.

Toutes les réunions ad hoc ne correspondent pas à cela. Certaines proviennent de quelque chose qui échappe totalement au contrôle de l’équipe, d’un incident, d’une escalade client, et cela arriverait peu importe la discipline du retard. Mais pour le schéma que j’essayais d’expliquer à l’origine, des réunions qui semblent se multiplier et silencieusement voler l’attention avec le temps, cela semble être l’explication la plus honnête.

Où cela me laisse-t-il ?

La question pratique ne porte pas vraiment sur la réunion dans votre agenda.

C’est au sujet de ce à quoi votre équipe a déjà dit oui avant que cette réunion n’existe, et si quelqu’un a demandé ce qu’il fallait arrêter pour faire de la place à ce qui est nouveau.

J’aimerais savoir si cela correspond aussi à ce que vous avez vu.


Sam Adesoga

Sam Adesoga

Coach Agile Principal et Formateur Principal at Valuehut, un cabinet de conseil en coaching et formation agile, qui aide les organisations à explorer les méthodes de travail agiles. Sam a beaucoup d’expérience dans le soutien aux dirigeants et à leurs équipes en matière d’agilité d’entreprise avec un objectif ambitieux : Aider les organisations à développer un état d’esprit agile nécessaire pour continuer à garder une longueur d’avance sur la concurrence et les marchés.

 J’anime plusieurs cours sur le leadership agile et Scrum, si vous souhaitez en savoir plus sur le cadre de travail Scrum, consultez la page de la ValueHut Consulting Academy

« Capacité ou capabilité : le duo invisible qui décide du sort de votre portefeuille de projets » par Nathalie VIRGILAN

Pourquoi confondre ces deux notions coûte cher aux organisations orientées projet — et comment les faire travailler ensemble.

Une organisation lance sa feuille de route annuelle. Le budget est voté, les effectifs sont au complet, les compétences sont réputées solides. Six mois plus tard, la moitié des projets stratégiques accuse du retard, les équipes s’épuisent et les livrables déçoivent. Sur le papier, pourtant, rien ne manquait.

Ce paradoxe est plus fréquent qu’on ne le pense. Il révèle une confusion aussi discrète que coûteuse : celle entre la capacité et la capabilité. Deux mots proches, deux notions que l’on emploie souvent l’une pour l’autre — et qui, mal distinguées, expliquent une large part des échecs de portefeuille.

Avez-vous déjà vu une organisation disposer de toutes les ressources nécessaires sur le papier, et pourtant échouer à livrer ses projets stratégiques ? Si oui, il y a de fortes chances que le problème ne soit pas un manque de ressources, mais un manque de capabilité.

L’établissement de la feuille de route de projets et la sélection des composantes du portefeuille doivent être alignés sur la capacité de l’organisation à absorber l’exécution de ses projets — d’un point de vue financier, humain et technique — tout en tenant compte de la possibilité d’intégrer des ressources supplémentaires.

Mais cet alignement reste incomplet s’il ignore une seconde dimension, plus difficile à mesurer : la capabilité.

Ce que la capacité mesure : le combien

La capacité renvoie au nombre de ressources disponibles pour exécuter le portefeuille : effectifs, budget, temps, compétences mobilisables. C’est une dimension quantitative — elle répond à la question « combien avons-nous, et de quoi avons-nous besoin ? »

La planification des capacités permet précisément de comprendre les besoins en ressources en comparant les composantes du portefeuille aux capacités disponibles au sein de l’organisation, afin de garantir que celle-ci puisse exécuter avec succès les initiatives métiers identifiées.

Concrètement, cet exercice répond à trois questions :
  1. quels types de ressources sont nécessaires (expertise, compétence, savoir-faire, savoir-être) ;
  2. combien de ressources sont nécessaires ;
  3. à quel moment elles sont nécessaires.

Cet exercice de prévision s’appuie sur plusieurs référentiels : la feuille de route et le plan stratégique de l’organisation d’une part, les données historiques issues du retour d’expérience (retex) des projets antérieurs d’autre part. Il intègre également le profil de risque de l’organisation — attitude face au risque, seuils de tolérance liés aux ressources et aux investissements — qui peut conduire à prévoir des réserves de contingence destinées à absorber des imprévus en cours de cycle.

Selon le PMI Standard for Portfolio Management 4th, la gestion de la capacité s’appuie sur quatre piliers complémentaires : la planification des capacités, la gestion de l’offre et de la demande, le reporting et l’analyse des données, et l’optimisation continue.

Ce que la capabilité mesure : le comment

La capabilité va au-delà de cette dimension quantitative. Elle englobe la qualité d’exécution : la capacité réelle des équipes à mener les projets à bien, au-delà du simple décompte de ressources disponibles. Une organisation peut avoir toutes les ressources requises sur le papier et rester incapable de les transformer en résultats.

Au-delà des compétences individuelles, d’autres capacités organisationnelles doivent être prises en compte pour identifier ce qui contribue réellement au succès de l’exécution du portefeuille. Le principe de l’agilité organisationnelle développé par Claude Emond — reposant sur le savoir-faire, le savoir-être et le savoir-agir ensemble — éclaire bien cette dimension : la capabilité n’est pas la somme des compétences individuelles, elle est la façon dont ces compétences se combinent en action collective.

On le constate régulièrement dans le sport de haut niveau : les meilleurs joueurs, pris individuellement, ne suffisent pas sans un véritable savoir-agir ensemble — cette notion abstraite qui va bien au-delà du simple esprit d’équipe.

Ce parallèle éclaire une réalité de la gestion de portefeuille : deux organisations disposant exactement des mêmes ressources peuvent obtenir des résultats radicalement différents selon leur capabilité à les faire travailler ensemble.

Capacité et capabilité : deux logiques, une même finalité

Dimension Capacité Capabilité
Question posée Combien de ressources ? Comment ces ressources exécutent-elles ?
Nature Quantitative Qualitative
Se mesure par FTE, budget, temps disponible Maturité des compétences, agilité, collaboration
Levier de gestion Planification, allocation, arbitrage Développement des compétences, cohésion, savoir-agir ensemble

 

Pourquoi ces deux notions sont complémentaires

La capacité et la capabilité ne s’opposent pas : elles se conditionnent mutuellement. Une organisation riche en ressources mais pauvre en capabilité produit des projets bien dotés mais mal exécutés. À l’inverse, une organisation dotée d’équipes très compétentes mais en sous-effectif chronique finit par les épuiser — la capabilité ne suffit pas si la capacité fait défaut.

La gestion globale de la capacité de portefeuille, qui repose précisément sur une approche systémique pourrait être articulée autour de quatre piliers :

  • la planification des capacités, qui anticipe les besoins en ressources au regard de la feuille de route ;
  • la gestion de l’offre et de la demande, qui analyse les ressources disponibles et leur allocation aux différentes composantes du portefeuille, afin d’équilibrer l’offre par rapport à la demande, de prendre des décisions d’arbitrage et de classer, prioriser et sélectionner les composantes du portefeuille ;
  • le reporting et l’analyse des données, qui repose sur le suivi continu des ressources — élaboration de baselines, valorisation budgétaire des ressources internes et externes, suivi mensuel des réalisés (actuals) pour identifier les corrections de trajectoire et assurer la traçabilité au service du retour d’expérience ;
  • l’optimisation continue, qui exploite l’analyse des tendances et des modèles récurrents par typologie de projets pour orienter la prise de décision au niveau du portefeuille.

Ces quatre piliers ne portent pas seulement sur le nombre de ressources : ils doivent intégrer, à chaque étape, la question de la capabilité à bien exécuter. C’est cette articulation permanente entre le quantitatif et le qualitatif qui distingue une gestion de capacité mature d’une simple comptabilité de ressources.

Les conséquences d’une confusion mal maîtrisée

Ignorer la distinction entre capacité et capabilité a un coût, rarement visible avant qu’il ne se traduise en retards ou en épuisement des équipes :

  • des retards de livraison des livrables, faute d’avoir anticipé que la disponibilité des ressources ne garantit pas leur performance ;
  • des risques psychosociaux liés à la sous-utilisation ou à la surutilisation des ressources humaines, ou à l’absence d’expertise nécessaire au bon déroulement des projets ;
  • des décisions de recrutement mal calibrées : renforcer la capacité (embaucher, augmenter le budget) alors que le problème réside dans la capabilité (compétences, collaboration, savoir-agir ensemble) ;
  • une mauvaise lecture des indicateurs de portefeuille, qui masque les véritables causes de sous-performance derrière des chiffres de ressources en apparence suffisants.

Dans chacun de ces cas, le symptôme observé — retard, tension, sous-performance — est souvent attribué à un manque de ressources, alors que la cause réelle se situe dans la capacité à les mobiliser efficacement ensemble.

Des exemples concrets

L’équipe techniquement complète qui n’avance pas

Une organisation orientée management par projet dispose du budget et des effectifs nécessaires pour un programme de transformation digitale : la capacité est au rendez-vous. Mais si les équipes n’ont pas développé les compétences collectives — savoir-faire technique, savoir-être collaboratif, savoir-agir ensemble — nécessaires à ce type de programme, l’exécution patine malgré des ressources en apparence suffisantes.

Le parallèle sportif : des talents sans collectif

Comme évoqué plus haut, on le constate régulièrement dans les grandes équipes sportives : réunir les meilleurs joueurs individuellement ne garantit pas la performance collective. C’est le savoir-agir ensemble — cette capabilité difficile à quantifier — qui transforme une addition de talents en une équipe capable de gagner. La gestion de portefeuille de projets obéit à la même logique.

Recommandations pratiques

Pour transformer cette distinction théorique en avantage opérationnel, les organisations orientées portefeuille peuvent agir sur plusieurs leviers :

  • intégrer une évaluation de la capabilité (maturité des compétences, dynamique collective) dans chaque exercice de planification des capacités, et non se limiter à un décompte de ressources ;
  • construire une cartographie des compétences qui dépasse le simple inventaire de profils, pour documenter le savoir-faire, le savoir-être et le savoir-agir ensemble au sein des équipes ;
  • suivre mensuellement les réalisés (actuals) par rapport aux baselines, non seulement en coûts et en délais, mais aussi en qualité d’exécution, pour distinguer un problème de capacité d’un problème de capabilité ;
  • exploiter le retour d’expérience (retex) des projets passés pour identifier les tendances récurrentes par typologie de projet, et orienter les décisions de renforcement — recrutement, formation, ou réorganisation collective ;
  • aligner le profil de risque de l’organisation — attitude face au risque, seuils de tolérance sur les ressources et les investissements — avec les réserves de contingence prévues dans la planification des capacités ;
  • investir dans la dynamique collective des équipes autant que dans leur nombre, en s’inspirant des principes d’agilité organisationnelle qui articulent savoir-faire, savoir-être et savoir-agir ensemble.

Conclusion : compter les ressources ne suffit plus

La gestion de la capacité constitue un levier fondamental pour toute organisation soucieuse d’équilibrer ses activités courantes et ses projets — un enjeu d’autant plus critique pour les structures orientées management par projet. Mais cette gestion reste incomplète si elle s’arrête au comptage des ressources.

La véritable performance stratégique d’un portefeuille se joue à l’intersection de deux questions : avons-nous les ressources nécessaires, et savons-nous les faire agir ensemble ?

Les organisations qui répondent aux deux ne se contentent pas d’exécuter leur feuille de route : elles transforment leur gestion de portefeuille en avantage concurrentiel durable.

Une organisation compte ses ressources. Une organisation performante compte sur elles.

Résumé

Il existe deux notions souvent confondues en gestion de portefeuille de projets : la capacité, dimension quantitative mesurant le nombre de ressources disponibles, et la capabilité, dimension qualitative mesurant l’aptitude réelle des équipes à exécuter avec succès. Il montre que ces deux notions sont complémentaires : la capacité sans capabilité produit des projets bien dotés mais mal exécutés, tandis que la capabilité sans capacité épuise les équipes. À travers les quatre piliers de la gestion de portefeuille — planification, offre/demande, reporting, optimisation continue — Des recommandations concrètes pour articuler ces deux dimensions et transformer la gestion de portefeuille en avantage stratégique sont proposées.

Cinq points clés à retenir

  1. La capacité répond à « combien de ressources », la capabilité répond à « comment ces ressources exécutent ».
  2. La capabilité n’est pas la somme des compétences individuelles : elle réside dans le savoir-agir ensemble.
  3. Une organisation peut avoir toute la capacité nécessaire et échouer faute de capabilité — et inversement s’épuiser si la capabilité existe sans capacité suffisante.
  4. Les quatre piliers de la gestion de portefeuille (planification, offre/demande, reporting, optimisation continue) doivent intégrer les deux dimensions à chaque étape.
  5. Confondre les deux notions conduit à des décisions de recrutement mal calibrées et masque les véritables causes de sous-performance.

Nathalie VIRGILAN

Nathalie VIRGILAN est consultante freelance en management de projets, spécialisée dans les environnements industriels en particulier pharmaceutique. Formée à la croisée de la qualité et du management de projet, elle a développé une expertise alliant maîtrise opérationnelle du terrain et vision stratégique. De la coordination qualité au pilotage de projets internationaux, son parcours lui a permis d’acquérir une solide compréhension des enjeux de transformation, de gouvernance et de performance des organisations. Elle dispose d’un Master en Ingénierie Qualité des Bioproduits, complété par un Mastère Spécialisé en Management par Projets. Passionnée par les enjeux de management de portefeuilles de projets, elle est également auteure d’un livre blanc consacré à la culture projet. Aujourd’hui, elle accompagne les organisations dans la structuration et le pilotage de leurs projets et portefeuilles, avec une ambition : faire du management de projet un véritable levier de performance, d’alignement stratégique et de création de valeur.

Contact : nathalievirgilan3@gmail.com

« Comment l’empathie professionnelle change tout » par Yann Thézénas

Regardez le projet depuis l’autre côté de la table !

Quand je cherche une image pour décrire le type de transformation digitale que j’ai piloté ces dernières années, je pense à un paquebot.

Un paquebot, c’est massif. C’est lent à manœuvrer. Ça ne s’arrête pas du jour au lendemain. Et pourtant, il fallait le rénover de fond en comble — l’écosystème digital, les applications mobiles, la plateforme de contenu — tout en le maintenant à flot. Pendant que l’activité continuait. Pendant que des dizaines de marchés à travers le monde dépendaient de nos plateformes. Et avec une deadline gravée dans le marbre.

Travailler dans une grande organisation internationale avec des processus bien établis, c’est ça : apporter de la flexibilité dans un environnement rigide et procédurier, sans heurter les passagers, sans déstabiliser l’équipage. C’est probablement le défi le plus complexe que j’aie jamais eu à relever.

Et si j’y suis arrivé, c’est en grande partie grâce à une chose : j’avais déjà vu ce type de projet depuis plusieurs points de vue très différents.

Des rôles différents, des façons très différentes de voir un projet

Avant de rejoindre mon poste actuel, j’ai travaillé successivement comme consultant, puis comme collaborateur d’un éditeur de solution SaaS, et enfin comme client.

Trois positions radicalement différentes face au même objet : un projet de transformation digitale.

En tant que consultant, j’ai appris à voir un projet comme une livrable à structurer et à défendre. La valeur se mesure à la rigueur de l’exécution, à la clarté des livrables, à la capacité à tenir ses engagements. C’est un regard exigeant, orienté méthode et résultat.

En tant que prestataire logiciel, j’ai découvert l’envers du décor. J’ai compris ce que représente concrètement une demande client « simple » côté prestataire. J’ai vécu la pression des roadmaps, les contraintes techniques non négociables, les arbitrages commerciaux. Ce regard m’a appris à distinguer ce qui relève d’une vraie limite de ce qui est un manque de priorisation.

En tant que client, j’ai dû apprendre à décider, à arbitrer, à aligner — parfois contre l’avis de parties prenantes influentes. C’est le regard le plus difficile, parce qu’il implique de porter la responsabilité du résultat final.

Ce que j’ai compris avec le temps, c’est que ces visions ne sont pas seulement des expériences de carrière. Ce sont des grilles de lecture que j’active encore aujourd’hui, selon l’interlocuteur en face de moi.

L’empathie professionnelle — la capacité à se mettre dans les chaussures de l’autre — s’apprend et se cultive. Et c’est elle qui, souvent, débloque les situations les plus complexes.

L’adhésion stakeholder : le vrai chantier

Dans un projet de transformation de grande envergure, le vrai risque n’est presque jamais technique. Il est humain.

Dans une grande organisation, chaque direction métier a ses priorités, son territoire, ses indicateurs de succès. Les attentes sont souvent légitimes, mais contradictoires entre elles. Et dans un environnement avec des processus établis de longue date, la résistance au changement ne se manifeste pas toujours de façon frontale. Elle s’exprime dans les délais qui s’allongent, les validations qui tardent, les questions qui reviennent en boucle.

C’est là que l’empathie professionnelle change tout.

Comprendre un stakeholder, ce n’est pas seulement parler sa langue. C’est comprendre ce dont il a besoin selon son rôle dans le projet — et lui servir exactement ça. Un prestataire a besoin de clarté sur le scope et de stabilité dans les décisions. Une direction métier a besoin de visibilité et de se sentir entendue. Une équipe technique a besoin de confiance et d’espace pour travailler. Chacun a ses attentes légitimes, et le chef de projet qui les comprend vraiment peut adapter son approche pour débloquer les situations là où les autres buttent.

Ce n’est pas de la manipulation. C’est simplement se mettre dans les chaussures de l’autre — et répondre à ce dont il a vraiment besoin.

Aligner des stakeholders ne signifie pas les convaincre que vous avez raison. Cela signifie comprendre ce dont ils ont besoin selon leur rôle — et leur servir exactement ça.

Apporter de la flexibilité sans casser la machine

Une grande organisation n’est pas rigide par mauvaise volonté. Elle l’est par nécessité : coordonner de nombreuses entités, des fuseaux horaires, des cultures, des réglementations différentes demande des processus. Ces processus existent pour une bonne raison.

Le piège serait de vouloir tout bousculer au nom de l’agilité. J’ai fait le choix inverse : comprendre d’abord la logique de ces processus, identifier où ils créaient de la friction inutile, et proposer des ajustements ciblés plutôt qu’une révolution.

Concrètement, cela s’est traduit par quelques principes simples :

Cadrer avant d’itérer. Avec un budget contraint et une deadline fixe, l’agilité pure n’est pas toujours une option. Une approche hybride — structuration rigoureuse des phases amont, puis exécution itérative — permet de garder le cap sans sacrifier la flexibilité. L’Agile comme boîte à outils, pas comme idéologie.

Communiquer avant qu’on ne pose la question. Dans une organisation procédurière, l’information circule mal et les rumeurs vite. Informer régulièrement les parties prenantes — même quand il n’y a pas grand-chose à dire — maintient la confiance et prévient les blocages.

Choisir ses batailles. Certains processus ne valent pas la peine d’être challengés. D’autres sont de vrais freins à la livraison. Savoir faire la différence — et concentrer son énergie sur ce qui compte vraiment — c’est ce qui permet de tenir dans la durée.

Ce qu’on peut en retenir

Rénover un paquebot en pleine mer, c’est possible. Mais ça demande autre chose que de la méthode. Ça demande de comprendre chaque membre de l’équipage — ses contraintes, ses attentes, ce dont il a besoin pour avancer — et d’y répondre de façon adaptée.

On n’a pas tous eu l’occasion de travailler des deux côtés de la table. Mais on peut tous développer cette empathie professionnelle : en posant les bonnes questions, en écoutant vraiment, en cherchant à comprendre le rôle de chaque interlocuteur dans le projet avant de chercher à le convaincre.

Si je devais en tirer une leçon universelle : avant de penser méthode, pensez à ce dont vos stakeholders ont besoin selon leur position dans le projet. C’est cette compréhension-là qui, au final, fait la différence entre un projet livré et un projet abandonné.

Le meilleur chef de projet n’est pas celui qui maîtrise le mieux sa méthode. C’est celui qui comprend le mieux ce dont les gens autour de lui ont besoin.


Yann Thézénas

Yann Thézénas

Senior Digital Projects Expert, secteur du sport international

Originaire de Guadeloupe, j’ai bâti ma carrière en changeant régulièrement d’environnement — du conseil au SaaS, de la logistique au sport international. J’ai occupé successivement les rôles de consultant, de collaborateur côté éditeur, puis de client, ce qui m’a donné une vision à 360° des projets de transformation digitale. Je pilote depuis plusieurs années la modernisation d’un écosystème digital global dans le secteur du sport international, avec des projets menés à l’échelle mondiale et des équipes réparties sur plusieurs continents.

Notre partenaire Lefebvre Dalloz Compétences propose des formations pour mieux manager et piloter tous les changements.

Le meilleur moment selon moi pour se fixer des objectifs n’est pas le 1er Janvier mais la rentrée de Septembre.

Alors, vos objectifs sont-ils prêts ?

Si vous voulez atteindre vos objectifs, commencez à considérer sérieusement votre plan de croissance en cette nouvelle rentrée. La question des objectifs n’est pas seulement ce que vous voulez accomplir, c’est ce qui va vous permettre de les atteindre.

Ne vous fiez pas uniquement à vos bonnes intentions, développez les capacités et compétences qui rendent votre réussite inévitable.

Quelques conseils et astuces pratiques.

  1. Définissez un résultat clair que vous souhaitez atteindre dans les 90 prochains jours.
  2. Décomposez cet objectif en compétences nécessaires pour atteindre cet objectif.
  3. Identifiez là où vous avez besoin de plus de clarté, de confiance ou d’expertise.
  4. Choisissez un domaine sur lequel vous concentrer, ne vous dispersez pas.
  5. Engagez-vous à un apprentissage régulier qui soutient votre objectif.
  6. Suivez vos progrès en fonction de l’impact de votre travail, pas seulement de l’intensité de vos activités.

Votre progrès se construit pas à pas grâce à votre travail, votre réussite n’apparaît pas un jour par hasard ni par chance.

Chaque objectif que vous vous fixez est une opportunité de devenir un meilleur professionnel capable de l’atteindre.

La différence entre planification et progrès réside dans l’action.

Commencez à développer les compétences qui transformeront vos objectifs en résultats concrets.

« Structurer sa création de contenu avec l’IA : le copilote que les indépendants n’attendaient plus » par Aurélie Maunie

Retour d’expérience terrain sur l’IA comme outil de structuration, pas de remplacement.

Le jour où j’ai compris que je construisais sans fondations

Pendant 25 ans, j’ai vendu. Du terrain, du face-à-face, du concret. Puis à 45 ans, le Premier virage avec une reconversion dans l’informatique, BAC pro en poche. Licenciement économique, trois ans plus tard. Deuxième virage : la formation professionnelle d’adultes. Diplômée à 48 ans.

Me voilà dans un monde où tout passe par le contenu en ligne. LinkedIn, newsletters, posts, vidéos. Et moi, je débarque avec 25 ans de vente terrain et zéro système éditorial.

Mon premier réflexe a été celui de beaucoup d’indépendants : construire à vue. Un post quand l’inspiration vient, un silence quand elle ne vient pas. C’est comme monter un mur sans plan : on pose des briques au hasard, ça tient un moment, puis ça s’effondre.

Le problème n’était pas le manque d’idées. C’était le manque de fondations.

L’IA n’est pas un rédacteur. C’est un architecte.

Quand j’ai commencé à utiliser l’IA, je suis tombée dans le piège classique : lui demander d’écrire à ma place. Le résultat ? Propre, fluide, et creux. Du contenu hors-sol. Ça ne me ressemblait pas. Ça ne ressemblait à personne.

Le déclic est venu quand j’ai changé de posture. J’ai arrêté de lui demander de produire. Je lui ai demandé de structurer. De poser l’ossature des plans avant de monter les murs.

Concrètement, l’IA m’aide à couler les fondations : organiser mes idées en une ligne éditoriale cohérente. Elle m’aide à dresser la charpente : transformer un sujet vague en un squelette de publication avec une accroche, un développement et un appel à l’action. Elle vérifie que chaque contenu s’inscrit dans un plan d’ensemble, pas dans un empilement d’efforts isolés. Et elle m’aide à tenir le rythme de chantier sans que la production de contenu devienne un second métier.

L’IA ne décide rien. C’est moi qui dessine le plan. Elle m’aide à le bâtir. Elle organise mes idées.

Ce que je vois sur le terrain

J’accompagne des consultants, des coachs, des formateurs. Des profils entre 30 et 60 ans, souvent brillants dans leur domaine, mais qui perdent un temps fou sur la visibilité.

Trois chantiers ratés reviennent systématiquement.

1. Construire sans plan. Une de mes clientes, consultante Qualiopi, avait des dizaines de sujets en tête mais aucune méthode pour les prioriser. Résultat : elle passait ses dimanches soir à chercher quoi publier le lundi. En une session de travail avec l’IA, on a posé les fondations : ses piliers d’expertise, une architecture de contenu sur quatre semaines, chaque idée déclinée en accroche, développement et conclusion. L’IA n’a pas écrit ses posts. Elle a dessiné le plan.

2. Poser des briques qui ne mènent nulle part. Un coach en reconversion publiait régulièrement, bon engagement, mais zéro prospect. Ses posts étaient de belles briques posées dans le vide, sans mur porteur derrière. En utilisant l’IA pour cartographier son tunnel (contenu de découverte, contenu de confiance, contenu de conversion), chaque publication est devenue une marche vers un objectif. En six semaines, ses premiers rendez-vous qualifiés sont arrivés.

3. Avoir peur que la maison ne ressemble à rien. C’est la crainte la plus répandue : « Si j’utilise l’IA, ça ne sera plus moi. » Comme si on confiait les clés de sa maison à un inconnu. Une formatrice refusait tout outil d’aide à la rédaction pour cette raison. Le jour où je lui ai montré comment configurer l’IA pour qu’elle respecte son vocabulaire, ses valeurs, son rythme de phrases, elle a relu le premier brouillon et m’a dit : « C’est exactement ce que j’aurais écrit, en deux fois moins de temps. » L’IA n’avait pas remplacé sa voix. Elle avait servi de miroir structurant, pas de fantôme rédacteur.

La vraie question, c’est « qui tient le plan ? »

Les indépendants que j’accompagne ne se demandent plus si l’IA est utile. La question qui les bloque, c’est : « Comment garder la main ? »

C’est une question de gestion de projet. Ni plus, ni moins.

Intégrer l’IA dans sa production de contenu, c’est un chantier. Il faut définir le périmètre (qu’est-ce que l’IA fait, qu’est-ce que je fais). Poser les critères de qualité (mon ton, mes valeurs, mon vocabulaire). Planifier un rythme soutenable, parce que deux publications par semaine pendant un an battront toujours cinq posts par semaine pendant un mois. Et mesurer les résultats : est-ce que mon contenu atteint les bonnes personnes et génère les bonnes conversations ?

Ce cadrage de projet, c’est le ciment qui manque. La plupart des indépendants ont l’outil. Ils n’ont pas le mode d’emploi chantier.

Ce que 25 ans de vente m’ont appris sur l’IA

Mon parcours cabossé m’a donné un avantage inattendu. La vente terrain m’a appris trois choses qui se transposent directement.

#1 – Écouter le terrain avant de sortir les outils. Avant de demander quoi que ce soit à l’IA, il faut avoir écouté son marché, identifié les vrais problèmes de ses clients, clarifié son positionnement. L’IA amplifie ce qu’on lui donne. Du flou en entrée, du flou en sortie. On ne pose pas de carrelage avant d’avoir vérifié que la dalle est droite.

#2 – Le système bat l’improvisation. Toujours. En vente, les meilleurs résultats viennent d’un processus répété et affiné, pas d’un coup d’éclat. La création de contenu fonctionne pareil. Un système éditorial simple, tenu dans la durée, produit plus qu’un effort intense mais irrégulier. C’est la régularité du chantier qui fait la maison, pas la vitesse.

#3 – L’humain reste le maître d’ouvrage. En vente, on n’a jamais vendu un produit. On a résolu un problème humain. Le contenu, c’est pareil. L’IA peut structurer, accélérer, organiser. Mais le vécu, l’empathie, la compréhension de ce que traverse votre client, ça ne se sous-traite pas. L’humain décide. L’IA exécute.

En résumé

L’IA ne remplace pas l’expertise d’un indépendant. Elle lui donne une structure pour la rendre visible, régulière et stratégique. Le vrai projet n’est pas d’adopter l’IA. C’est de dessiner le plan dans lequel elle travaille pour vous, sans jamais parler à votre place.

Pour les managers de projets qui lisent ces lignes : vous avez déjà les compétences pour cela. Cadrer un périmètre, gérer des ressources, piloter un livrable, c’est votre quotidien. Appliquez-le à votre contenu, et l’IA deviendra votre meilleur allié opérationnel.


À propos de l’auteure

Aurélie Maunie

Aurélie Maunie est la fondatrice de LudoMaIA. Après 25 ans dans la vente et le management commercial, elle se reconvertit à 45 ans dans l’informatique et obtient son BAC pro. Après un énième rebondissement suite à un licenciement économique trois ans après, elle obtient son diplôme de Formatrice Professionnelle d’Adultes à 48 ans. Aujourd’hui, elle accompagne les entrepreneurs indépendants à structurer leur création de contenu LinkedIn avec l’IA comme copilote, en respectant l’ADN de chacun. Sa conviction : l’humain décide, l’IA exécute.

LinkedIn : linkedin.com/in/aurelie-maunie-ludomaia

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Contact : mailto:ludomaia41400@gmail.com

« Un projet n’avance pas seulement avec un planning : il avance avec une histoire » par Adewale Ojomo

Un projet peut disposer d’un budget approuvé, d’un calendrier détaillé, d’une gouvernance claire et d’une équipe compétente, tout en peinant à avancer.

Le problème n’est pas toujours dans le plan. Il tient parfois à la manière dont le projet est compris.

Les membres de l’équipe connaissent leurs tâches, mais ne voient pas nécessairement ce qui les relie. Les dirigeants reçoivent des rapports, mais ne perçoivent pas toujours les décisions qui exigent leur attention. Les parties prenantes entendent parler de jalons, de risques et de livrables, sans comprendre ce que le projet changera concrètement pour elles.

C’est précisément là que le storytelling devient une compétence de management de projet.

Il ne s’agit ni d’embellir la réalité ni de transformer chaque réunion en un discours inspirant. Il s’agit de donner une structure, un sens et une direction aux informations que nous communiquons.

J’ai appris cette leçon dans des environnements très différents, notamment en pilotant des initiatives de repositionnement de marque au sein de Greenpeg Group, puis en travaillant sur la communication commerciale et institutionnelle de TEHC et du projet Louisville Eko Atlantic. Dans les deux cas, le défi ne consistait pas uniquement à produire des supports de communication. Il fallait réunir des équipes, des dirigeants, des partenaires techniques, des institutions financières et des clients autour d’une compréhension commune du projet.

Voici quatre façons concrètes d’intégrer le storytelling au management quotidien d’un projet.

1. Commencer le projet par le « pourquoi maintenant ».

De nombreuses réunions de lancement commencent par le périmètre, les délais, les responsabilités et les outils de suivi. Ces éléments sont indispensables, mais ils ne répondent pas à la première question que se posent souvent les participants :

Pourquoi ce projet mérite-t-il notre attention maintenant ?

Chez Greenpeg Group, j’ai participé à un projet de repositionnement impliquant plusieurs entités, notamment Greenpeg Nigeria, Plymot et Greenpeg Academy. Le défi initial était visible : les messages étaient fragmentés, la notoriété ne reflétait pas la profondeur de l’expertise du groupe et certaines parties prenantes restaient sceptiques quant à l’utilité d’investir davantage dans la communication numérique et les relations publiques.

Nous aurions pu présenter le projet comme une simple refonte de marque. Cela aurait immédiatement réduit sa portée.

L’histoire que nous devions raconter était plus importante : nous avions un groupe doté d’une véritable expertise technique, mais dont l’image extérieure ne reflétait pas suffisamment sa valeur, son ambition et sa capacité d’exécution. Le projet ne consistait donc pas à « faire du marketing ». Il devait réduire l’écart entre ce que l’entreprise était devenue et la manière dont le marché la percevait.

Cette formulation a facilité l’alignement entre les équipes commerciales, techniques, dirigeantes et marketing.

Pour construire le récit d’un lancement de projet, le chef de projet peut répondre à quatre questions simples :

  1. Quelle est la situation actuelle ?
  2. Quelle tension ou quel problème devons-nous résoudre ?
  3. À quoi ressemblera la situation une fois le projet réussi ?
  4. Quel rôle chaque équipe jouera-t-elle dans cette évolution ?

Un bon lancement ne se limite pas à la répartition des tâches. Il aide chacun à comprendre la transformation collective à laquelle il contribue.

2. Conserver une histoire centrale, mais l’adapter à chaque partie prenante.

Toutes les parties prenantes ne regardent pas le même projet de la même manière.

Un dirigeant cherchera à comprendre l’impact stratégique. Une équipe financière s’intéressera au coût, au rendement et aux risques. Un ingénieur voudra connaître les exigences techniques. Un client cherchera de la visibilité, de la confiance et des réponses concrètes quant au résultat final.

Chez TEHC, cette réalité est particulièrement marquée. Louisville Eko Atlantic est un projet immobilier mixte de grande envergure, qui s’articule autour de la construction, du financement, de l’habitat, de l’hôtellerie, du commerce, du sport et de l’expérience client. Sa première phase résidentielle bénéficie notamment d’un financement de 40 millions de dollars accordé par FCMB, dans le cadre d’un développement global évalué à plus de 350 millions de dollars.

Il serait difficile, voire contre-productif, de communiquer ce projet de la même manière à une banque, à un souscripteur, à un ingénieur ou à un membre du conseil d’administration.

Pour autant, le récit central doit rester stable : quelle vision poursuivons-nous, quel problème résolvons-nous et quelle valeur voulons-nous créer ?

Lors des visites organisées pour les souscripteurs, par exemple, il ne suffisait pas de leur montrer des ouvrages en construction. Il fallait relier les fondations, les dalles, les niveaux et les différentes composantes du site à la promesse du projet. Les présentations sur la vision de Louisville, suivies de visites guidées, ont permis aux participants de mieux comprendre ce qui était en cours de construction et de renforcer leur confiance dans leurs futurs logements.

Le chef de projet peut utiliser une structure simple pour adapter sa communication :

  1. Ce qui se passe.
  2. Pourquoi cela compte pour cette partie prenante.
  3. Ce que les faits permettent d’affirmer.
  4. Ce que nous attendons maintenant d’elle.

Adapter un récit ne signifie pas changer la vérité. Cela signifie rendre la vérité pertinente pour la personne qui doit la comprendre, prendre une décision ou agir.

3. Transformer les rapports d’avancement en récits de décision

Les rapports de projet deviennent rapidement des inventaires d’activités :

  • travaux réalisés ;
  • réunions organisées ;
  • tâches en cours ;
  • pourcentages d’avancement ;
  • problèmes identifiés.

Ces informations sont utiles, mais elles ne constituent pas encore une communication efficace.

Un bon rapport doit permettre au lecteur de comprendre la trajectoire du projet.

Il doit montrer où nous voulions aller, où nous en sommes, ce qui a changé et ce que cette évolution implique.

Dans les communications de projet que je supervise chez TEHC, nous essayons de ne pas nous limiter à annoncer que le niveau structurel est achevé ou qu’une activité accuse quelques jours de retard. Nous cherchons également à expliquer l’effet de cette progression sur le calendrier, les mesures de rattrapage envisagées et les décisions nécessaires.

Une mise à jour utile peut suivre cette séquence :

  • Notre objectif initial
  • La situation actuelle
  • L’écart observé
  • La cause principale
  • La conséquence sur le projet
  • La décision ou l’action requise

Cette structure empêche deux erreurs fréquentes : noyer les décideurs sous les détails ou leur présenter une version du projet artificiellement rassurante.

Le storytelling n’est pas l’art de cacher les mauvaises nouvelles. C’est l’art de les replacer dans un contexte qui permet de décider avec lucidité.

4. Utiliser le récit pour désamorcer les conflits

Dans un projet, les conflits ne portent pas toujours uniquement sur les faits. Ils naissent souvent de récits concurrents.

L’équipe technique peut penser que l’équipe commerciale promet trop. L’équipe commerciale peut penser que les ingénieurs communiquent trop peu. La direction peut considérer que le projet avance trop lentement, tandis que l’équipe opérationnelle estime que les attentes ne tiennent pas compte des contraintes réelles.

Chaque groupe possède sa propre interprétation de la situation.

Le rôle du chef de projet n’est pas de déterminer immédiatement qui raconte la « bonne » histoire. Il doit d’abord écouter ce que chaque partie cherche de protéger : la qualité, le délai, la réputation, le budget, la sécurité ou la relation client.

Une méthode que je trouve particulièrement utile consiste à structurer la conversation autour de quatre éléments :

  1. Les faits sur lesquels tout le monde peut s’accorder.
  2. Les inquiétudes propres à chaque partie.
  3. L’objectif commun que personne ne souhaite compromettre.
  4. Le prochain chapitre que les équipes doivent écrire ensemble.

Cette approche déplace la discussion de la recherche d’un responsable vers la construction d’une solution.

Elle rappelle aussi une limite essentielle : dans le management de projet, le storytelling ne doit jamais devenir de la manipulation. Un récit crédible reconnaît les tensions, les incertitudes et les erreurs. Il ne crée pas d’illusion de contrôle.

Donner du sens pour faciliter l’action

Le storytelling ne remplace ni le planning, ni la gouvernance, ni la gestion des risques, ni les indicateurs de performance. Il leur donne une cohérence humaine.

Un diagramme de Gantt peut montrer la séquence des activités. Il ne peut pas, à lui seul, expliquer pourquoi ces activités comptent. Un tableau de bord peut signaler un retard. Il ne peut pas toujours faire comprendre les choix qui permettront de le résorber. Une matrice RACI peut préciser les responsabilités. Elle ne garantit pas que chacun se sente réellement engagé dans la réussite du projet.

Les meilleurs chefs de projet que j’ai rencontrés savent faire plus que simplement coordonner. Ils savent traduire.

Ils traduisent la stratégie en actions, la complexité technique en compréhension, les données en décisions et l’ambition en une vision que les équipes peuvent se reconnaître.

Lorsqu’un projet possède une histoire claire, les personnes ne voient plus seulement une liste de livrables. Elles comprennent le chemin parcouru, les obstacles à franchir et le rôle qu’elles doivent jouer par la suite.

Et lorsqu’une équipe comprend l’histoire qu’elle est en train d’écrire, elle est généralement mieux préparée à la mener jusqu’au terme.


À propos de l’auteur

Adewale Ojomo est un leader reconnu en stratégie de marque, marketing et communication, doté d’une expérience du pilotage d’équipes transversales et de la transformation d’idées complexes en récits clairs et mobilisateurs. Champion du développement durable et innovateur technologique, il travaille à l’intersection de la stratégie, de l’immobilier, des médias, de la technologie et de la communication institutionnelle. Conteur passionné, il considère le storytelling comme un véritable outil de leadership, d’alignement et de construction de la confiance.

La Gouvernance de l’Invisible à l’ère de l’IA par Arthur Guetse

La Gouvernance de l’Invisible à l’ère de l’IA : Pourquoi l’intelligence artificielle a besoin d’un architecte des systèmes humains pour piloter les projets complexes

​Dans la course effrénée à l’automatisation et à l’intelligence artificielle, les entreprises et les maîtres d’ouvrage commettent souvent une erreur fondamentale : ils pensent qu’ajouter de la puissance technologique ou des tableaux de bord automatisés suffit à garantir la performance. C’est l’illusion du matériel brut.

​En ingénierie des réseaux, vous pouvez acquérir les serveurs les plus performants, déployer les câbles de fibre optique les plus rapides et multiplier les équipements de dernière génération ; si les protocoles de communication ne sont pas rigoureusement configurés, si les pare-feu de sécurité ne sont pas en place et si un administrateur expert ne pilote pas les flux, votre réseau s’effondre à la moindre surcharge, s’expose aux pires failles et finit par s’asphyxier.

​Sur le terrain des grands projets complexes et des environnements industriels, c’est exactement la même chose. L’IA et l’automatisation sont de formidables accélérateurs d’exécution, mais sans Gouvernance de l’Invisible, elles ne font qu’industrialiser le chaos.

​1. Le piège de l’infrastructure : Avoir les meilleurs équipements sans les protocoles.

​Lorsque l’on déploie des outils de pointe ou des budgets colossaux dans un grand projet, on introduit une vitesse et un volume de données inédits. C’est la puissance de calcul brute (le hardware).

​Pourtant, sur le terrain, de nombreux programmes structurants continuent de s’effondrer. Pourquoi ? Parce que les outils numériques génèrent des rapports, mais ils ne gèrent pas les jeux d’influence, les non-dits politiques et les défaillances comportementales.

​En architecture réseau, un nœud mal configuré crée instantanément un goulot d’étranglement qui paralyse tout le flux. Dans l’organisation, le manque d’intégrité et de protocoles relationnels sains produit le même effet : une latence et une corruption systémique chronique.

​2. L’illusion de l’autonomie algorithmique et le rôle du grand contrôleur.

​Vouloir confier le pilotage global d’une structure à des outils automatisés en évacuant la gouvernance humaine est une aberration. L’algorithme calcule, prédit et exécute, mais il n’a ni éthique, ni conscience, ni capacité à briser les réseaux d’opacité.

​Un réseau informatique ne s’auto-administre pas sans des passerelles de sécurité strictes et un administrateur pour définir les règles de routage. De même, l’organisation a besoin d’un pare-feu souverain face à la technophilie aveugle ou aux dérives de gestion.

L’humain doit impérativement rester le grand contrôleur et l’architecte de ce système vivant.

​3. Étude de cas réel : Le gouffre de la route nationale et l’art du compromis stratégique.

​Prenons un cas concret et critique de projet d’infrastructure : la construction d’une route nationale reliant deux métropoles, dotée d’un budget de 400 milliards.

  • ​Le constat de terrain : Le projet accuse une consommation budgétaire massive de 87 % (pour 12 échéances sur 14 engagées), alors que l’avancement physique réel des travaux stagne à 37 %. Les acteurs en présence réclament de nouveaux fonds pour terminer, prisonniers d’intérêts croisés, de réseaux opaques et de cahiers des charges non honorés.
  • ​La posture de médiation du manager catalyseur : Face à un tel blocage, l’architecte des systèmes humains ne joue pas les donneurs de leçons. Il ne nie ni les faits, ni les réclamations des différentes parties prenantes. Il descend dans l’arène de l’invisible pour cartographier la réalité : Qui tire les ficelles ? Quels sont les intérêts inavoués ? Quelles sont les revendications légitimes ou cachées de chacun ?
  • ​Le levier du compromis et de la co-construction : Son rôle n’est pas de tout bloquer par dogmatisme, mais d’instaurer une médiation active. Il sait que pour faire avancer le chantier, il faut accepter des compromis structurés afin que chaque partie trouve son compte dans l’atteinte de l’objectif final. Il aligne les intérêts particuliers sur la vision commune : si le projet échoue, tout le monde perd ; s’il aboutit par des compensations intelligentes et des règles de gouvernance assainies, la valeur est partagée et l’infrastructure voit le jour.

​Pour piloter cette transition sans tout briser, il s’appuie sur des indicateurs précis :

  • ​La mesure par l’Indice du Climat Social (ICS) : L’ICS devient le thermomètre de la transformation. Il permet de reconnaître et de valider que les efforts déployés servent le bien collectif, rassurant les équipes et les partenaires sur le fait que le changement est profitable à tous.
  • ​Le mariage de la technologie et de l’humain : En associant les outils de suivi modernes à cette gouvernance relationnelle, il s’assure que chaque acteur devient témoin et artisan d’une performance enfin concrète.

​Conclusion : Quand l’IA, l’humain et la gouvernance font corps pour la performance durable.

​L’avènement de la technologie et de l’IA ne signe pas le remplacement du management ; il exige au contraire de purifier l’organisation pour faire émerger ce manager catalyseur.

​En combinant la puissance d’exécution technologique et la maîtrise de « La gouvernance de l’Invisible», l’entreprise ou l’État ne subit plus la complexité : il la négocie, l’organise et la maîtrise. Tout comme un réseau informatique nécessite des protocoles stricts au-delà de ses équipements, la performance durable d’une organisation repose sur l’humain — qui, par la médiation, le compromis et la force d’une vision partagée, garantit que la technique sert l’intérêt général.


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Pourquoi la « Gouvernance de l’Invisible » est le KPI ultime de vos projets par Arthur GUETSE


Arthur GUETSE

Strategy & Growth Manager | Expert en redressement organisationnel et pilotage de projets complexes.

Spécialiste de « la gouvernance de l’invisible » et fondateur de l’écosystème SANS SOUCIS (+1 400 leaders).

​Je fédère les énergies pour transformer la complexité organisationnelle en leviers de performance et piloter en toute sérénité la réussite de vos projets complexes.

​Prêt à relever vos défis stratégiques ?

Écrivez-moi en clarifiant vos enjeux pour réserver votre consultation de diagnostic initial. contact@sans-soucis-consulting.com

Le visage dangereux de la prudence…

Le principal danger dans la vie est que vous preniez trop de précautions. attribué à Alfred Adler

The Dangerous Face of Caution par Dan Rockwell

La prudence évalue les risques. Regardez bien des deux côtés avant de traverser la route. La prudence excessive ne quitte jamais le trottoir.

La prudence prépare. Une prudence excessive exige la perfection.

Le courage agit avec des informations incomplètes. La prudence excessive exige la certitude.

Une prudence excessive conduit à :

  • Des occasions manquées. Pendant que vous vous préparez, ceux qui ont du courage agissent.
  • Croissance retardée. Les zones de confort sont des pierres tombales.
  • Des équipes frustrées. Les gens perdent confiance en eux quand les leaders s’obsèdent sur les craintes.
  • Influence diminuée. Les suiveurs font confiance aux leaders qui agissent de manière responsable. Pas aux leaders qui évaluent sans fin.

Incertitude

Les plus grandes opportunités sont enveloppées d’incertitude.

L’innovation sans risque améliore le présent.

Le changement rencontre de la résistance.

Le courage exige de la vulnérabilité.

Choisissez le courage plutôt que l’autoprotection

Le leadership c’est agir en présence d’incertitude. Atteindre l’étape suivante suffit à progresser.

#1. Cessez de chercher de la sécurité.

Le but du leadership n’est pas d’éviter la défaite.

La prudence excessive est une protection de soi.

  • « Et si j’échoue ? »
  • « Et si les gens me critiquent ? »
  • « Et si j’ai l’air ridicule ? »

Essayez-vous de réussir ou d’éviter l’échec ?

#2. Acceptez l’imperfection.

Agissez avant d’être prêt.

Arrêtez d’attendre la certitude, la confiance et de meilleures conditions.

La peur de l’imperfection est surmontée par la participation.

L’engagement génère de la croissance.

#3. Mettez l’accent sur la contribution.

Privilégiez la contribution au confort.

« Comment suis-je ? » mène à l’autoprotection.

« Comment puis-je aider ? » inspire le courage.

Le service détourne l’attention de l’autoprotection.

#4. Agissez « Comme si ».

La peur se fait passer pour une protection.

  • Si vous n’essayez jamais, vous ne pouvez pas échouer.
  • Si vous ne postulez jamais, vous ne pouvez pas être refusé.
  • Si vous ne parlez jamais, vous ne pouvez pas être critiqué.

Si vous aviez déjà du courage, que feriez-vous ?

Faites-le.

L’action engendre la confiance.

Faites confiance à votre capacité à vous élever.

Quelle idée dans ce billet vous parle-t-elle le plus ?