Pourquoi la « Gouvernance de l’Invisible » est le KPI ultime de vos projets par Arthur GUETSE

L’outil n’est rien sans l’alignement des hommes. Traiter un projet comme une froide mécanique en ignorant le facteur humain est l’erreur fondamentale des frameworks traditionnels.

Les outils classiques de la gestion de projet débordent de livrables standardisés, de budgets prévisionnels et d’indicateurs de performance (KPI). Pourtant, la réalité du terrain démontre quotidiennement que la majorité des projets d’envergure se heurtent à des points de blocage critiques.

La raison en est clinique : un projet n’est pas une équation technique que l’on peut dupliquer mécaniquement d’une organisation à une autre.

Décoder la « Gouvernance de l’Invisible »

Qu’est-ce que la Gouvernance de l’Invisible ? Ce n’est ni une approche abstraite ni une théorie managériale de plus. C’est une discipline d’ingénierie organisationnelle qui consiste à cartographier, analyser et piloter les forces intangibles qui régissent un groupe humain.

Dans chaque organisation, il existe deux structures :

  1. La structure visible : Les organigrammes, les processus sectoriels, les lignes de rapports et les outils technologiques.
  2. La structure invisible : Les dynamiques implicites, les biais psychologiques, les agendas cachés et les ruptures de confiance.

Ignorer la structure invisible, c’est condamner l’outil technique à l’impuissance.

Cas d’école : Conflit d’intérêts et menace de boycott (Cellule de crise – 16h00)

Prenons un scénario type : Un projet d’envergure, soutenu par la direction générale, atteint une phase critique d’arbitrage. Par souci de rapidité opérationnelle, l’instance décisionnelle tranche à huis clos, excluant du processus les managers de terrain.

À l’annonce des résultats à 16h00, le verdict systémique est immédiat. Les équipes perçoivent un manque d’équité. La rupture de confiance est totale : les parties prenantes indispensables à l’exécution menacent d’un boycott global, mettant en péril le lancement prévu dès le lendemain matin.

Face à ce point de rupture, deux doctrines s’affrontent :
  • La Réponse Traditionnelle : Le manager tente d’imposer le règlement et l’autorité par la force. Résultat : Les équipes se braquent, le projet est paralysé. C’est un échec systémique.
  • La Réponse « Sans Soucis » : Le manager identifie immédiatement la racine psychologique du blocage (le déficit de justice procédurale) et applique trois actions chirurgicales.

La Procédure « Sans Soucis » : 3 étapes pratiques pour le Manager

#1 – Activez la Chaîne d’Information pour isoler les perceptions 

Le bon manager descend immédiatement sur le terrain pour ouvrir un canal d’écoute direct et sans filtre avec les leaders contestataires. En 30 minutes, l’objectif est de dissocier les faits objectives des biais émotionnels pour cartographier les intérêts divergents.

#2 – Neutralisez les Freins Humains en traitant la dette psychologique 

Un projet ne redémarre pas tant que la frustration interne n’est pas désamorcée. Le manager agit en médiateur stratégique : il reconnaît ouvertement la légitimité des préoccupations des équipes tout en protégeant l’intégrité de l’institution. C’est une négociation à somme positive où personne ne perd la face.

#3 – Déployez l’Optimisation Inclusive comme pivot organisationnel 

L’approche « Sans Soucis » tranche le problème par un arbitrage transparent et immédiat. Cela se traduit par la réorganisation instantanée du processus de validation en direct, devant l’ensemble des parties prenantes réunies en urgence. Le doute s’efface, les tensions tombent le soir même, et le lendemain matin, le projet repart.

Ce cas montre bien qu’une méthode ne doit pas être un piège rigide. L’action choisie s’adapte uniquement à la psychologie des hommes au moment de la crise ; elle varie selon les situations.

Redéfinir la réussite d’un projet

La performance ne vient pas des manuels théoriques, elle se voit dans les résultats concrets. La réussite d’un projet ne se mesure pas à la beauté d’un tableau Excel ou d’une jolie présentation. Si les équipes sont épuisées ou en conflit silencieux, le projet est un échec humain qui finira par affaiblir l’entreprise.

Les managers de demain ne doivent plus appliquer des processus à l’aveugle : ils doivent s’affirmer comme des stratèges de l’invisible, capables d’allier la rigueur des standards internationaux à la réalité brute du terrain.


À propos de l’auteur

Arthur GUETSE

Strategy & Growth Manager | Consultant en Gouvernance

Fondateur de SSSC (Sans Soucis Strategic Consulting). Stratège de terrain, il a développé l’Approche « SANS SOUCIS » et sa méthodologie de Gouvernance de l’Invisible pour dominer la complexité et bâtir la souveraineté des organisations. Il intervient comme un manager catalyseur, expert dans la conduite du changement et le pilotage des dynamiques organisationnelles, capable d’aligner le capital humain avec les ambitions des organisations et des décideurs.

« Questions orientées » – Cessez de poser des questions qui révèlent la réponse que vous souhaitez, Mike Cohn

Et si les questions que vous posez façonnaient un peu trop souvent les réponses que vous recevez ?

Les leaders créent souvent un sur-engagement avant même que l’équipe ait eu la chance de planifier quoi que ce soit.

Ils le font avec une question.

Une question du type Pouvez-vous finir cela d’ici décembre ?  semble anodine.

Ce n’est pas le cas.

Cette question communique deux choses à la fois :

  • Il y a une date.
  • Et il y a une réponse préférée.

Même si vous n’avez pas l’intention de mettre la pression sur l’équipe, la question crée tout de même de la pression. Cela ancre la discussion sur la réussite de tenir des délais plutôt que sur la compréhension de ce qui est réellement possible.

C’est ainsi que commence une mauvaise planification.

L’équipe commence à chercher un chemin vers le oui. Ses membres se concentrent sur le côté optimiste. Ils minimisent ce qui pourrait mal tourner. Et ils vous donnent une réponse qui semble encourageante mais repose sur des hypothèses fragiles.

Une meilleure question est : Voici ce dont j’ai besoin. Quand pouvez-vous le livrer ? 

Cette question transmet toujours de l’urgence. Mais elle n’implique pas la réponse que vous souhaitez entendre.

Cela donne à l’équipe de la marge de la réflexion. Et c’est important.

En tant que leader, plutôt que de chercher des garanties, vous devriez rechercher une estimation réaliste qui vous permette de prendre de bonnes décisions.

Donc, la prochaine fois que vous discuterez d’une date, ne demandez pas à l’équipe de valider votre cible.

Demandez-lui d’évaluer le travail à réaliser.

Essayez des questions comme :

  • Quelles hypothèses sont intégrées à cette date ?
  • Qu’est-ce qui aurait besoin de bien se passer ?
  • Qu’est-ce qui est le plus susceptible de vous ralentir ?
  • Quelle date me donnerais-tu si tu étais totalement réaliste ?

Ces questions mènent à de meilleures réponses. Et de meilleures réponses mènent à de meilleures décisions.

Le but de la planification n’est pas d’entendre un oui. Il s’agit de comprendre ce qui est réellement possible.

Cordialement, Mike

P.S. Les questions que vous posez façonnent le plan que vous recevez, et la plupart des leaders n’ont pas appris de meilleures options.

Scepticisme, surprise et résistance

Ce n’est pas parce que votre innovation dérange les personnes et organismes bien établis qu’elle est mauvaise.

Skepticism, surprise and resistance par Seth Godin

 https://seths.blog/2026/01/skepticism-surprise-and-resistance/

Chaque innovation médicale importante des cinq cents dernières années a été ridiculisée, sapée et ignorée par les médecins et l’institution médical. Chacune d’elles. Le lavage des mains, les antibiotiques et les dangers du tabagisme, pour n’en citer que quelques-unes.

Cela se produit dans tout système où l’expertise est valorisée et où le changement peut être risqué.

Ce n’est pas parce que l’establishment n’aime pas une nouvelle innovation que ce n’est pas une bonne idée.

(D’un autre côté, il y a aussi beaucoup de mauvaises idées que les institutions établies n’aiment pas).

« Quand l’IA devient le vrai décideur — et que personne ne s’en rend compte. » par Alex Gilles Loumedjinon

L’outil ne devrait jamais remplacer le jugement. L’IA est un copilote, pas le pilote.

Un manager m’a partagé récemment une anecdote qui m’a frappé.

Son organisation venait de lancer un chantier de transformation important. Avant le comité de direction, il a passé trente minutes à interroger son outil d’IA sur les arbitrages à faire. Puis il est entré en réunion, a présenté ses conclusions — et pris sa décision. Sans avoir consulté son équipe. Sans avoir sollicité un seul regard terrain.

Ce n’est pas un cas isolé. Dans de nombreuses organisations, c’est devenu un réflexe.

Ce que la recherche révèle — et qui devrait nous alerter

En juin 2025, des chercheurs du MIT Media Lab ont publié une étude qui a fait beaucoup parler. Kosmyna et al. ont équipé 54 étudiants de casques EEG* pour mesurer leur activité cérébrale pendant qu’ils rédigeaient des essais : seuls, avec un moteur de recherche, ou avec ChatGPT.

Résultat : les participants utilisant l’IA affichaient jusqu’à 55 % d’engagement cognitif en moins que ceux travaillant sans outil. Pire : ils se souvenaient peu de leur propre travail. La tâche était accomplie. La pensée, elle, ne s’était pas vraiment déclenchée.

« La tâche était exécutée, et vous pourriez dire qu’elle était efficace », commente Nataliya Kosmyna. « Mais vous n’avez fondamentalement rien intégré dans vos réseaux de mémoire. »

*Casque EEG : Les casques électroencéphalogramme (EEG) sont des outils utilisés dans la recherche en neurosciences qui permettent aux chercheurs d’étudier le fonctionnement et la dynamique du cerveau en temps réel.

Maintenant transposez cela à un comité de direction.

Le paradoxe de la confiance bien intentionnée

Les managers qui délèguent leurs arbitrages stratégiques à l’IA ne le font pas par paresse. Ils le font souvent parce que l’IA paraît objective. Elle n’a pas d’agenda. Elle ne se souvient pas qu’on lui a dit non lors du dernier comité. Et surtout : elle répond vite.

Mais c’est précisément là le problème.

Vasconcelos et al. (2023), dans une étude publiée par l’ACM, documentent ce qu’ils appellent la surconfiance envers l’IA (overreliance) : les décideurs acceptent fréquemment les recommandations des systèmes automatisés même quand celles-ci sont incorrectes — et même quand leur propre expertise leur permettrait de faire mieux. Ce n’est pas un défaut de caractère. C’est une réponse cognitive naturelle face à un outil qui réduit l’effort de décision.

Ce que ça coûte vraiment aux équipes

Les conséquences ne se mesurent pas seulement en qualité de décision. Elles se mesurent en confiance, en engagement, en culture d’équipe.

Selon le rapport State of the Global Workplace de Gallup (2025), l’engagement des managers a chuté de 30 % à 27 % en un an — la plus forte baisse enregistrée. 70 % de l’engagement d’une équipe dépend directement de son manager. Et pourtant, seulement 12 % des employés dans des organisations ayant déployé l’IA estiment que celle-ci a réellement transformé leur façon de travailler.

BetterUp Labs va plus loin dans une enquête publiée dans Fortune (2025) :

« Lorsque les managers sur-utilisent l’IA pour le travail collaboratif, la perception des collaborateurs envers leur manager diminue. »

Les équipes distinguent instinctivement ce qui vient d’un humain de ce qui vient d’un outil. Et elles ne valorisent pas les deux de la même façon.

Reprenez le volant

La bonne nouvelle, c’est que la solution ne demande pas de renoncer à l’IA. Elle demande de clarifier qui fait quoi.

Kolbjørnsrud (2024), dans la California Management Review, propose un cadre éclairant : l’IA excèle à traiter des données et identifier des patterns, l’humain apporte le jugement contextuel, le raisonnement éthique et la capacité à naviguer l’ambiguïté. Les deux sont complémentaires — à condition que l’humain reste aux commandes. Le PMI formule la même chose dans son rapport First Movers’ Advantage (2024) : l’IA est un outil d’augmentation, pas de substitution.

Quelques gestes simples pour rétablir l’équilibre :
  • Consultez votre équipe avant l’IA pour tout arbitrage à fort impact humain ou stratégique.
  • Utilisez l’IA pour préparer les options, construire les scénarios, synthétiser — pas pour trancher.
  • Posez explicitement la question : « Qu’est-ce que l’IA ne peut pas savoir ici ? »
  • Rendez le processus décisionnel visible : qui a été consulté, comment, et pourquoi.

L’IA n’est pas le problème. L’abdication l’est.

L’IA ne vous a jamais demandé de lui confier vos arbitrages. Vous le lui avez accordé, progressivement, confortablement, sans vous en rendre compte.

Je pense souvent à cette distinction simple : un copilote vous aide à naviguer. Il signale les turbulences, analyse les conditions, suggère une altitude. Mais il ne pose pas l’avion à votre place. Pas parce qu’il en serait incapable — mais parce que vous êtes le commandant de bord. Et l’équipage, les passagers, la mission : ils comptent sur vous.

La vraie question n’est pas « faut-il utiliser l’IA ? » — la réponse est oui, absolument.

La vraie question est : « qui décide — et qui assume ? »

« L’humain a toujours sa place. Non pas malgré l’IA. Grâce à elle — à condition de rester aux commandes. »

Et vous — avez-vous observé ce glissement dans votre organisation ? Comment maintenez-vous l’intelligence collective de votre équipe face à la tentation de l’IA comme oracle décisionnel ?

Sources

  • Kosmyna, N. et al. (2025). Your Brain on ChatGPT: Accumulation of Cognitive Debt when Using an AI Assistant for Essay Writing Task. MIT Media Lab. arXiv:2506.08872
  • Vasconcelos, H. et al. (2023). Explanations Can Reduce Overreliance on AI Systems During Decision-Making. ACM CHI Conference on Human Factors in Computing Systems
  • (2025). State of the Global Workplace: 2025 Report. Gallup Press
  • Kolbjørnsrud, V. (2024). Designing the Intelligent Organization: Six Principles for Human-AI Collaboration. California Management Review, 66(2), 44–64
  • Niederhoffer, K. (2025). Cité dans : AI is taking over managers’ busywork. Fortune, décembre 2025
  • Project Management Institute. (2024). First Movers’ Advantage: The Immediate Benefits of Adopting Generative AI For Project Management. PMI

À propos de l’auteur

Alex Gilles Loumedjinon

Alex Gilles LOUMEDJINON, PMP, PSM, est conseiller en gestion de projet chez Abna Service Conseil et membre du conseil d’administration du PMI Lévis-Québec.

Fort de plus de onze ans d’expérience en gestion de projet, dont neuf années exercées en Afrique et deux ans au Canada, il détient une expertise reconnue en technologies de l’information et en entrepreneuriat.

Contributeur au PMI Infinity, il accompagne les professionnels dans une adoption équilibrée des technologies émergentes afin de renforcer leur expertise et la maturité décisionnelle de leurs équipes projet.

Le principal livrable d’un programme de changement n’est probablement pas ce que vous pensez…

…un comportement adopté à grande échelle.

The Key Deliverable of a Change Programme (it’s not what you think) par Bob Marshall

https://flowchainsensei.wordpress.com/2026/04/18/the-key-deliverable-of-a-change-programme-its-not-what-you-think/

Demandez à la plupart des managers de projet ce qu’un programme de changement apporte, et ils vous montreront : un diagramme de Gantt ; un nouveau système ; une équipe restructurée ; un ensemble de flux de travail signés ; des processus révisés.

Ils n’ont pas tort — mais ils n’ont pas raison non plus.

Parce que le véritable livrable de tout programme de changement n’est pas un livrable. C’est un résultat. Et plus précisément, il s’agit d’un comportement adopté à grande échelle.

Pourquoi les livrables ne suffisent pas.

Les organisations dépensent des milliards chaque année en transformation. De nouveaux systèmes ERP sont mis en place. Les modèles d’exploitation sont repensés. Les processus sont repensés. Et puis… Rien ne change vraiment. Les gens contournent le système. Les vieilles habitudes reviennent en douceur. Deux ans plus tard, quelqu’un lance un autre programme pour résoudre les mêmes problèmes.

La raison est simple : le programme a livré ses livrables mais n’a jamais atteint ses résultats. La technologie est devenue opérationnelle, mais les gens n’ont pas changé leur façon de fonctionner. La nouvelle structure a été annoncée, mais les anciennes dynamiques de pouvoir sont restées. Le processus était documenté, mais personne ne le suivait.

Un livrable est quelque chose que vous pouvez pointer. Un résultat est quelque chose que vous pouvez ressentir dans le métier.

Le véritable livrable : Un comportement adopté à grande échelle.

Quand on supprime les flux de travail, les comités de pilotage et les statuts « RAG », chaque programme de changement cherche fondamentalement à amener un groupe de personnes à faire quelque chose de différent, cohérent et durable.

C’est tout.

Que vous déployiez un nouveau CRM, fusionniez deux unités business ou passiez à un modèle opérationnel agile : le succès se définit par le fait que les gens ont réellement changé leur façon de travailler, et que ce changement se maintient bien après la dissolution de l’équipe du projet.

Cela signifie que le livrable clé comporte trois composantes. En s’appuyant sur le cadre ADKAR de Jeffrey M. Hiatt (2006), qui identifie les éléments constitutifs séquentiels du changement individuel, nous pouvons les exprimer ainsi :

  • Adoption — les gens utilisent réellement la nouvelle méthode de travail, pas la solution de contournement qu’ils ont inventée lors de la deuxième semaine.
  • La maîtrise (Proficiency) — ils ne font pas que le faire ; ils le font suffisamment bien pour récolter le bénéfice visé.
  • Durabilité — le changement tient. Il ne se détricote pas discrètement dès que le sponsor passe à l’initiative suivante.
Ce que cela signifie pour le management d’un programme

Reformuler le livrable clé change tout dans la façon dont vous concevez et managez un programme de changement.

Vous mesurez ce qui compte. Au lieu de suivre si la formation a été dispensée, vous suivez si le comportement a changé. Au lieu de compter les communications envoyées, vous mesurez si les gens comprennent pourquoi ce changement se produit et se sentent équipés pour le faire.

Vous investissez tôt dans le côté humain. Le changement de comportement ne se produit pas parce que quelqu’un a assisté à un briefing d’une heure. Cela nécessite un engagement soutenu, un leadership visible, un renforcement entre pairs et la suppression des véritables obstacles — qu’ils soient techniques, culturels ou simplement habituels.

Vous concevez pour la résistance, pas contre elle. La résistance n’est pas un problème à surmonter ; c’est de l’information. Elle indique où le design actuel ne convient pas aux personnes qui doivent vivre avec. Les meilleurs programmes de changement considèrent la résistance comme un paramètre d’entrée dans la conception, et non comme une défaillance de communication.

Vous prévoyez l’après. Le programme se termine, mais le changement doit perdurer. Cela signifie intégrer de nouvelles façons de travailler dans les mesures de performance, les rythmes de management et les cultures d’équipe — afin que l’organisation soutienne le changement par son propre élan.

La vérité inconfortable sur la réalisation des bénéfices.

La plupart des programmes prétendent apporter des bénéfices. Très peu le font réellement — et le loupé remonte presque toujours à la même cause profonde : le changement a été implémenté, mais pas intégré.

Jenner (2014) définit un bénéfice comme une amélioration mesurable provenant d’un résultat du changement — et non du changement lui-même. Cette distinction compte énormément. Les bénéfices sont en aval du comportement. Si les gens ne changent pas ce qu’ils font, les chiffres ne changent pas. C’est aussi simple et difficile que cela.

C’est pourquoi le management du changement n’est pas un flux de travail doux et agréable qui accompagne le « vrai » travail de programme. C’est  le travail de programme. La technologie, le processus, la structure : ce sont des facilitateurs. Le changement de comportement est le but.

Une meilleure façon de définir le succès.

Avant le début de votre programme (ou dès maintenant, si vous êtes déjà en plein milieu d’un programme), demandez-vous :

Si ce programme réussit, que feront les gens différemment dans six mois qu’ils ne font pas aujourd’hui ? 

Soyez précis. Visez le comportemental. Ensuite, construisez votre programme à l’envers, à partir de cette réponse.

C’est votre réel livrable. Tout le reste est au service de cette méthode.

Le changement est difficile. Mais il est beaucoup plus difficile quand vous mesurez les mauvaises choses. Commencez par le comportement, et le reste de la conception du programme suit généralement le mouvement.

Nous examinerons les racines du comportement dans un prochain article.

Pour aller plus loin

Hiatt, J. M. (2006). ADKAR : Un modèle de changement dans les affaires, le gouvernement et notre communauté. Publications du Centre d’apprentissage Prosci.

Jenner, S. (2014). Managing Benefits: optimiser le rendement des investissements (2e éd.). APMG International.

Kotter, J. P. (1996). Leading change. Harvard Business School Press.

 

Comment percevez-vous votre adaptabilité et votre résilience lorsque vous prenez des décisions ?

Comment l’adaptabilité et la résilience fonctionnent-elles ensemble ?

How Can You See Your Adaptability and Resilience as You Make Decisions? par Johanna Rothman

https://createadaptablelife.com/2026/03/how-can-you-see-your-adaptability-and-resilience-as-you-make-decisions.html

Comment décidez-vous de la suite ?

La plupart d’entre nous trouvent assez tentant de continuer ce que nous avons toujours fait jusqu’à présent. Pour continuer, nous n’avons pas besoin de beaucoup d’adaptabilité ni de résilience. Mais que faites-vous quand quelque chose se passe ?

Ce quelque chose peut être merveilleux, comme un événement du cycle de vie, ou lorsque vous organisez un grand rassemblement entre amis et/ou famille.

Ou que quelque chose pourrait être grave, comme perdre votre emploi.

Quand quelque chose se passe, nous avons souvent besoin de notre capacité d’adaptation et de résilience pour réagir. Pourtant, trop peu d’entre nous réalisent comment nous pouvons utiliser cette adaptabilité et cette résilience.

L’image ci-dessus montre les axes que j’utilise pour évaluer mon adaptabilité et ma résilience dans ma prise de décisions. Ou, quand je réalise que je dois choisir à nouveau.

Comment l’adaptabilité et la résilience fonctionnent-elles ensemble ?

Voici une autre image que j’utilise pour tester mon adaptabilité et ma résilience :

Parfois, je m’entends me dire : « J’ai toujours fait comme ça. »

Je sais que je n’utilise pas toutes mes compétences. Au lieu de cela, je suis un peu coincée dans le quadrant inférieur gauche de faible adaptabilité et de faible résilience.

Comparez cela avec le fait de monter dans le quadrant supérieur gauche. Quand vous pouvez dire que vous avez besoin d’alternatives, ou que vous vous demandez ce qu’il faut faire maintenant — c’est ainsi que vous utilisez votre résilience, même si vous êtes incertains.

Ensuite, il y a le quadrant inférieur droit, où l’adaptabilité est plus faible, mais la résilience est plus élevée. Vous comprenez la nécessité de changer, mais vous essayez de contenir ce changement. C’est pourquoi j’ai mis « Planifiez le travail et travaillez sur le plan » dans ce quadrant.

Enfin, vous avez le quadrant supérieur droit, avec le plus d’adaptabilité et de résilience. Comment pouvez-vous expérimenter ? À quelle vitesse pouvez-vous apprendre ? Par où pourriez-vous commencer ?

Permettez-moi de parler de ceci dans le contexte de la prise de décision, car c’est là où je veux aller cette semaine.

Toutes les décisions reflètent l’adaptabilité et la résilience — ou leur absence.

Chaque décision est différente et nécessite des degrés variables d’adaptabilité et de résilience.

Imaginez organiser un dîner pour quatre à huit personnes. Vous avez le menu puis vous allez au magasin pour acheter tous les ingrédients. Mais le magasin ne propose pas l’ingrédient clé, comme les asperges. Si vous êtes à ma place, vous vous réjouissez de l’absence d’asperges, et optez pour un autre légume vert. Ou alors, vous décidez d’acheter un plat préparé auprès d’un traiteur. Ou vous recréez tout le menu, cette fois sans asperges.

Mais si ce dîner était pour douze personnes ? Ou trente ? Maintenant, vous avez un problème de taille et vous devrez peut-être repenser toutes les décisions. Cela dit, c’est une décision relativement simple avec de nombreuses options évidentes.

Certaines décisions offrent beaucoup moins d’options évidentes. L’une d’elles est de manager le portefeuille de projets, que ce soit pour vous-mêmes ou pour votre organisation. C’est parce que vous devez choisir ce qu’on ne fera pas, ce à quoi dire non.

Choisissez tôt pour maximiser adaptabilité et résilience.

Nous pourrions reporter ces décisions au « dernier moment responsable ». Quand sera ce « dernier » moment ? Souvent, il arrive bien plus tôt que ce que l’on réalise. Par exemple, si l’entreprise perd de l’argent, prenez des décisions dès maintenant et commencez à expérimenter les possibilités de générer des revenus. Plus l’entreprise attend le « dernier » moment responsable, plus ce « dernier » moment arrive souvent bien trop tard.

Au lieu de choisir autre chose, ils décident de « continuer », de « garder le cap ». Cette décision de « continuer » est une conséquence d’une faible adaptabilité et d’une faible résilience.

C’est pourquoi des prises de décision précoces et fréquentes, même pour de petites décisions, peut aider lorsque vous avez de grandes décisions à prendre. Plus vous pratiquez votre adaptabilité et votre résilience dans les petites décisions, plus il vous est facile de les appliquer aux grandes décisions.

La première étape, comme toujours, est de voir votre réalité pour voir comment vous décidez.

C’est la question cette semaine :

Comment pouvez-vous percevoir votre adaptabilité et votre résilience lorsque vous prenez des décisions ?

« La mesure d’impact social : d’un outil d’évaluation à un levier de pilotage des projets » par Avner Simeoni

Ces dernières années, la RSE (responsabilité sociale/sociétale de l’entreprise) a profondément transformé la manière dont les entreprises envisagent la création de valeur.

Un billet de Avner Simeoni.

Si la dimension environnementale s’est rapidement imposée comme prioritaire, notamment sous l’effet des évolutions réglementaires comme la CSRD (Corporate Sustainability Reporting Directive), la dimension sociale suit désormais une trajectoire similaire.

Dans ce contexte, la mesure d’impact social est encore trop souvent perçue comme un outil d’évaluation  : un moyen de justifier, a posteriori, la pertinence d’un projet.

C’est, à mon sens, une lecture réductrice.

Et si la mesure d’impact social n’était pas uniquement un outil d’évaluation… mais un véritable outil de pilotage des projets ?

Changer de prisme : de “mesurer” à “piloter”

Dans sa forme classique, une démarche de mesure d’impact repose sur des étapes bien identifiées :

  • cadrage
  • identification et cartographie des parties prenantes
  • élaboration d’une théorie du changement
  • collecte de données qualitatives et quantitatives
  • analyse et formulation de recommandations
L’évaluation de l’impact social

Mais réduire cette démarche à une succession d’étapes méthodologiques passe à côté de son apport principal.

Son véritable intérêt réside dans la gymnastique intellectuelle qu’elle impose : celle de questionner systématiquement les effets,  directs et indirects, d’un projet.

Autrement dit, elle déplace le regard du chef de projet :

  • d’une logique de livraison (délais, budget, qualité)
  • vers une logique de transformation (changements générés, intentionnels ou non)

Un projet ne produit jamais uniquement ce qu’il prévoit.
Il génère également des effets diffus, souvent non anticipés et rarement pilotés.

Des projets “non sociaux” aux impacts bien réels

Cette approche est encore largement associée à des projets à vocation purement sociale (insertion, éducation, lutte contre l’isolement…). Pourtant, elle trouve toute sa pertinence dans des contextes beaucoup plus larges, y compris industriels.

À titre d’exemple, j’ai récemment eu l’occasion d’intervenir auprès d’un acteur majeur du secteur énergétique à Marseille dans le cadre d’une conférence et j’ai appliqué tous mes exemples à des projets de réaménagement de centrales nucléaires.

Spontanément, ces projets sont analysés sous un prisme principalement technique et environnemental.

Or, une lecture par l’impact social met en lumière d’autres dimensions structurantes :

  • Dynamique économique locale : création d’activités pour des prestataires, structuration de filières
  • Emploi : génération d’emplois directs et indirects, parfois durables
  • Transformation interne : montée en compétences, nouvelles pratiques, évolution des organisations
  • Effets territoriaux : attractivité, perception du projet, acceptabilité sociale

Ces impacts ne sont pas anecdotiques.
Ils influencent directement la réussite du projet, sa perception et sa valeur globale.

Le SROI : un outil utile, mais à manier avec lucidité

La méthodologie SROI (Social Return On Investment) permet d’aller plus loin en cherchant à valoriser monétairement ces impacts. Elle offre ainsi une lecture élargie de la performance, en intégrant des éléments souvent absents des analyses financières classiques.

Cependant, elle repose sur un certain nombre d’hypothèses (valorisation d’impacts, choix de proxies, attribution…) qui doivent être explicitement discutées.

Le risque n’est pas tant dans l’outil que dans son interprétation.

Utilisé intelligemment, le SROI ne doit pas être vu comme un chiffre “vérité”, mais comme un support de réflexion et d’arbitrage.

Vers une nouvelle posture du chef de projet

Intégrer la mesure d’impact social en amont transforme profondément le rôle du chef de projet.

Il ne s’agit plus uniquement de :

  • livrer un projet conforme
  • respecter des contraintes

Mais de :

  • comprendre les effets systémiques du projet
  • arbitrer en intégrant des externalités
  • dialoguer avec un écosystème élargi de parties prenantes

Cela implique un changement de posture :

Passer d’un rôle d’exécutant à celui de pilote de transformation.

La mesure d’impact social n’est pas simplement un outil d’évaluation supplémentaire.

Elle constitue une grille de lecture puissante pour mieux comprendre et surtout mieux piloter les projets dans toute leur complexité.

Dans un contexte où les organisations sont de plus en plus attendues sur leur capacité à démontrer leur utilité globale, elle offre un cadre structurant pour dépasser une vision strictement financière ou opérationnelle.

Encore faut-il accepter de l’utiliser non pas comme un outil de reporting, mais comme un levier de décision.

Avner Simeoni

Avner Simeoni

Titulaire de la Chaire Innovation et Entreprenariat Social de l’ESSEC et fort d’un parcours de 5 ans chez Deloitte dans les équipes Sustainability, je me suis lancé à mon compte en 2024 pour accompagner les entreprises dans la transformation de leurs modèles. Associé depuis chez MS Consulting, j’interviens en tant qu’expert dans le pilotage des projets à impact social.

 

 

 

Entreprise “AI-first” : entre promesse marketing et réalité des projets, par Paul Buchholz

Aujourd’hui, de nombreuses entreprises cherchent à devenir “AI-first”.

Sur le papier, l’ambition est séduisante.
Elle traduit une volonté d’innovation, de modernisation et de performance.

Mais dans les faits, cette posture pose une question essentielle du point de vue du management de projet :

Que signifie concrètement être “AI-first” lorsqu’il s’agit de cadrer, piloter et délivrer des projets ?

Dans la majorité des cas, la réponse reste floue.
Et c’est précisément là que les difficultés commencent.

Un positionnement pertinent… mais souvent marketing

Se dire “AI-first” est aujourd’hui un signal.

Un signal adressé au marché, aux partenaires, aux talents :

  • nous innovons
  • nous intégrons les nouvelles technologies
  • nous préparons l’avenir

À ce titre, le positionnement est pertinent.

Mais il reste, dans de nombreuses organisations, principalement déclaratif.

Car être “AI-first” ne constitue pas, en soi, une stratégie opérationnelle.

Cela ne précise ni :

  • les priorités
  • les cas d’usage
  • les objectifs
  • ni les critères de succès

Autrement dit :

C’est une intention. Pas un cadre de pilotage.

Pourquoi les entreprises peinent à devenir réellement “AI-first”

1. Une mauvaise compréhension du rôle de l’IA

L’un des écueils les plus fréquents consiste à vouloir appliquer l’IA de manière généralisée.

Dans une logique “AI-first”, certaines organisations cherchent à :

  • automatiser un maximum de tâches
  • intégrer l’IA dans tous les processus
  • multiplier les cas d’usage simultanément

Cette approche est non seulement inefficace, mais souvent contre-productive.

Comme le souligne Eric Ries dans The Lean Startup,
un projet ne doit pas partir d’une solution, mais d’un problème validé.

Or, dans de nombreuses approches “AI-first”, cette logique est inversée.

Résultat : on cherche des usages… sans avoir clarifié les enjeux.

L’IA n’est pas une solution universelle.
Elle n’est pertinente que dans des contextes précis.

Sur le terrain, cela se traduit très concrètement.

Quelques situations fréquemment observées :

  • production de contenu automatisée sans stratégie éditoriale claire
    → volume élevé, mais faible impact réel
  • analyse de données automatisée sans compréhension métier
    → multiplication des insights, mais difficulté à prendre des décisions
  • automatisation de processus relationnels (support, commercial)
    → dégradation de l’expérience utilisateur

Dans ces cas, l’IA est bien présente.
Mais la valeur, elle, est absente.

Pire : elle peut amplifier les inefficacités existantes.
Automatiser un processus mal conçu ne l’améliore pas.
Ça accélère simplement le problème.

2. Une confusion entre activité et valeur

Deuxième problème, plus profond : la manière dont les projets sont pilotés.

Dans beaucoup d’initiatives “AI-first”, on mesure :

  • le nombre d’outils
  • le volume produit
  • le nombre de tests

Ces indicateurs montrent une chose : de l’activité.

Mais pas de la valeur.

Quand l’indicateur devient l’objectif, il perd son sens.
On optimise alors ce qui est mesuré… pas ce qui compte.

Résultat :

  • plus de contenu, sans plus de revenus
  • plus d’automatisation, sans gain réel
  • plus d’analyse, sans meilleure décision

Or, la donnée — comme l’IA — n’a de valeur que si elle améliore la prise de décision.

Et c’est là que beaucoup d’organisations décrochent :
elles produisent plus… sans décider mieux.

Le problème n’est pas l’IA.
Le problème, c’est l’absence de cadre dans lequel on l’utilise.

Du point de vue du pilotage de projet, ces dérives ne sont pas anecdotiques.
Elles rendent les projets structurellement fragiles dès leur lancement.

Les conséquences sur le pilotage des projets

Concrètement, ces dérives se traduisent rapidement dans l’exécution des projets.

Un cadrage affaibli
Les projets démarrent sans objectif clair ni priorisation forte.

Une dispersion des efforts
Multiplication des initiatives, sans cohérence d’ensemble.

Ce phénomène correspond à ce que le Project Management Institute définit comme du “scope creep”…

Des indicateurs inadaptés
Difficulté à mesurer le succès réel du projet.

Une perte de lisibilité pour les décideurs
Beaucoup d’activité, peu de clarté sur les résultats.

Ce que font les projets IA qui réussissent

À l’inverse, les projets qui produisent un impact réel suivent une logique différente.

Ils ne sont pas “AI-first”.
Ils sont orientés valeur.

D’ailleurs, de nombreuses analyses, notamment chez McKinsey & Company, montrent que les transformations digitales échouent rarement par manque de technologie, mais par absence d’alignement avec les enjeux métier.

1. Ils partent d’un problème métier clair

Avant de parler d’IA, ils identifient :

  • une inefficacité
  • une friction
  • une décision à améliorer

2. Ils ciblent un cas d’usage précis

Plutôt que de multiplier les initiatives :

  • un périmètre limité
  • un objectif défini
  • un résultat attendu

3. Ils mesurent un impact concret

Les indicateurs sont directement liés à la performance :

  • amélioration d’un KPI
  • réduction de coût
  • gain de temps réel

4. Ils intègrent l’IA dans des processus existants

L’IA n’est pas un projet à part.
Elle s’inscrit dans des workflows métier déjà en place.

Conclusion

Le positionnement “AI-first” répond à une logique de communication compréhensible.

Mais appliqué sans cadre, il peut rapidement devenir un facteur de confusion dans les projets.

L’IA n’est pas une stratégie.
C’est un levier.
Et un levier mal utilisé ne crée pas de valeur, mais amplifie les erreurs.

Les organisations qui réussiront ne seront pas celles qui chercheront à être “AI-first”.

Ce seront celles qui sauront :

  • identifier les bons problèmes
  • structurer leurs priorités
  • piloter leurs projets avec rigueur

Et utiliser l’intelligence artificielle là où elle crée réellement de la valeur.

À retenir

Avant de lancer une initiative “AI-first”, une question simple doit être posée :

Quel problème concret cherchons-nous à résoudre ?

Si la réponse n’est pas claire,
l’IA ne le sera pas non plus.


Paul Buchholz

Paul Buchholz

Paul Buchholz est consultant et formateur en data, marketing et intelligence artificielle.
Il accompagne les entreprises dans l’exploitation de leurs données afin d’améliorer la prise de décision et la performance marketing.

Il intervient également comme enseignant à SKEMA Business School sur des sujets liés à la data, à l’IA et à leurs applications concrètes en entreprise.

Premières impressions et secondes chances

On a rarement une seconde chance de faire bonne première impression.

First impressions and second chances par Seth Godin

https://seths.blog/2025/09/first-impressions-and-second-chances/

  • Le nouveau venu se présente à la communauté.
  • La marque diffuse sa première publicité.
  • L’emballage du produit est vu pour la première fois par un nouveau client.

On a rarement une seconde chance de faire bonne impression.

Pour les entreprises de logiciels, cette première impression est l’interface utilisateur, puis l’expérience d’interagir réellement avec le logiciel. C’est une énorme opportunité (et une obligation, et un risque) auxquels les entreprises de logiciels sont confrontées – le produit , c’est la publicité.

Les IA génératives comme Claude et ChatGPT ont connu une croissance plus rapide que n’importe quel autre produit dans l’histoire du monde. Elles ont réussi cela malgré des noms de marque maladroits, des interfaces peu sophistiquées et de nombreux bugs. Pourtant, l’expérience est si remarquable que nous ne pouvons nous empêcher d’en parler, même si nous ne savons pas exactement quoi dire. En conséquence, comme les huit hommes dans une pièce sombre avec un éléphant, nos histoires sont toutes différentes.

Que vous soyez chercheur d’emploi, freelance ou responsable marketing d’une entreprise bien financée, il y a des questions à résoudre avant de faire votre premier prospectus, votre CV ou votre très  coûteuse publicité sur YouTube:

  • Qu’avons-nous l’intention de rappeler aux gens ?
  • Dans quel genre jouons-nous ?
  • Quel problème résolvons-nous ?
  • Quel problème notre existence cause-t-elle – pour les concurrents, pour les utilisateurs, pour les spectateurs… ?
  • Quelle est notre position sur le marché ? Est-ce un modèle auquel nous pouvons nous tenir, et un que nos concurrents ne peuvent pas approcher ?
  • Pourrons-nous raconter cette histoire, diffuser cette publicité, soutenir cette position pendant des années ?
  • Notre concurrent pourrait-il diffuser exactement la même publicité, ou disons-nous quelque chose que nous pouvons être seuls à posséder ?
  • À qui nous adressons-nous exactement – pas seulement la marque, mais cette publicité. Qui essayons-nous de joindre ?
  • Quel est le changement que nous cherchons à apporter ?
  • Quand les gens parlent de nous à leurs amis, que voulons-nous qu’ils disent ?
  • Quels repères culturels utilisons-nous pour faire avancer notre histoire ?
  • Où est la tension dans notre histoire, la partie qui la rend mémorable ?
La pub n’existe pas pour divertir vos fans. Elle est là pour provoquer un changement.

De grandes marques ont été créées avec des publicités ou des histoires basées sur ces questions. Maxwell House, le Mac, Marlboro, Prell, Betty Crocker, Avis, Volkswagen, Gap, Burger King…

Il ne s’agit pas d’avoir un slogan, il s’agit d’avoir une histoire résiliente et une base solide sur laquelle s’appuyer. Et ensuite raconter cette histoire d’une manière qui reste en mémoire, qui se répande et qui résonne.

Mon avis est que les entreprises d’IA, qui courent aussi vite qu’elles le peuvent côté technologie, ont plus d’argent que de vision pour raconter une histoire cohérente, mémorable et génératrice. Elles commencent à dépenser de l’argent, mais ne créent pas beaucoup de valeur.

Il n’est pas nécessaire d’être une grande entreprise pour bénéficier d’une position cohérente et puissante, soutenue par une histoire. Mais c’est un bon point de départ si vous voulez y arriver.

La clé inattendue d’un leadership plus profond : des expériences émotionnelles positives.

Dans mes conférences, je dis souvent

Personne ne se souvient de l’ordinaire.

Steve Gutzler

https://www.stevegutzler.com/unexpected-key-deeper-leadership-positive-emotional-experiences/ par Steve Gutzler

Cela ne veut pas dire que chaque moment doit être grandiose. Mais quand avez-vous créé pour la dernière fois quelque chose d’un peu extraordinaire pour quelqu’un que vous dirigez ou servez ?

C’est là que réside la loi la plus puissante en matière de leadership : la Loi de la Réciprocité.

Ce n’est pas de la manipulation. C’est un état d’esprit. Un mode de vie. Il s’agit de créer des expériences émotionnelles positives, d’offrir aux autres de la bonté, de la joie et des souvenirs qui restent.

Lefebvre Dalloz Compétences est partenaire de DantotsuPM, visitez leur site pour découvrir leurs offres de formation.

Voici de petites mais puissantes façons de vivre des expériences émotionnelles positives dans votre vie et votre leadership.

Écoutez de tout votre cœur. Posez le téléphone. Établissez un contact visuel. N’attendez pas simplement votre tour pour parler, écoutez la personne.

Souvenez-vous des détails. Revenez sur quelque chose que la personne a mentionné dans la discussion la semaine dernière. « Comment s’est passé le récital de ta fille ? » « As-tu essayé ce café qui t’enthousiasmait ? » . Ça signale : je te vois.

Écrivez une note à la main. Dans un monde de bruit numérique, l’encre sur le papier ressemble à un câlin. Trois phrases suffisent. Soyez précis. « J’ai été réellement impressionné par la façon dont tu as géré cette réunion mardi. Ton calme a tout changé. »

Offrez le cadeau du temps. Aucune condition. « J’ai réservé les prochaines 30 minutes rien que pour toi, comment puis-je t’aider ? ». Ou simplement, « Allons marcher un peu. »

Célébrez publiquement ses petites victoires. Un brin d’éloge lors d’une réunion d’équipe ou un commentaire sincère sur son dernier post LinkedIn. « La présentation de Sarah aujourd’hui était un véritable cours de clarté. Apprenons tous de cela. »

Proposez une introduction significative. Mettez-la en contact avec quelqu’un qui peut les inspirer, encadrer ou collaborer. Expliquez pourquoi vous les mettez en contact. « Vous partagez la même curiosité incroyable pour l’IA — je savais que vous deviez vous rencontrer. »

Donnez votre plein soutien. « Je fais entièrement confiance à ton jugement là-dessus. » « Tu as tout mon soutien. ». La permission et la confiance sont des cadeaux rares.

Apportez-lui quelque chose juste parce que. Pas pour un anniversaire ou une fête. Un livre que vous pensez qu’il ou elle va adorer. Son en-cas préféré. Une playlist. Cela signifie, Tu étais dans mes pensées.

Protégez sa concentration. Si vous êtes son supérieur hiérarchique, protégez son temps. « Je sais que tu as beaucoup de travail cet après-midi, je m’occuperai de cette interruption. »

Demandez son avis — et pesez-le vraiment. « Qu’en penses-tu ? ». Puis faites une pause, réfléchissez et remerciez-le ou la. Cela montre que son point de vue compte.

Dites son nom. Pas « salut », pas « équipier », mais son nom. Chaleureusement. Avec de la présence.

Laissez-lui la place dans ses moments difficiles. Ne vous précipitez pas pour réparer ça. Soyez juste là. « Ça a l’air incroyablement difficile. Je suis là avec toi. »

Transmettez un compliment que vous avez entendu. « Je parlais avec un client aujourd’hui, et il n’arrêtait pas de louer ta réactivité. Je voulais que tu entendes ça. »

Faites un compliment sincère et inattendu. Pas sur son travail—sur sa personne. « Tu as une façon remarquable de mettre les gens à l’aise. » « Ton optimisme est contagieux. »

Tenez vos promesses. Rien ne fait se sentir plus insignifiant que d’être oublié. Faites ce que vous avez dit que vous feriez, quand vous avez dit que vous le feriez.

Rappelez-vous

Ce n’est pas une question de taille. C’est une question de sincérité. Le plus petit acte, lorsqu’il est intentionnel et personnel, peut faire sentir quelqu’un vraiment vu. Et, dans le leadership comme dans la vie, cela change tout. Les expériences émotionnelles positives construisent des relations plus profondes. Et ces relations activent la Loi de la Réciprocité. Donner déclenche recevoir, pas de manière transactionnelle, mais de manière humaine.

Allez faire sentir quelqu’un spécial aujourd’hui. Ce sera peut-être le point culminant de sa semaine.

Voici donc mon défi pour vous :

Cette semaine, choisissez trois personnes — un ami, un client, un collègue — et créez un véritable moment d’attention pour elles. Quelque chose qui lui dit : « Tu comptes. »

Je pense que vous allez être surpris. Cela va changer leur journée. Peut-être leur vie. Et ça réchauffera certainement votre cœur.

Parce qu’en leadership et dans la vie, personne ne se souvient de l’ordinaire.
Mais personne n’oublie jamais l’extraordinaire.

Restez intentionnel.

UN projet, c’est une idée. LE projet, c’est une vision. par Corine Palierse

Le projet naît d’une réflexion, répond à un besoin ou une demande.

Un projet est aussi bien professionnel que personnel. Il se formalise de 3 manières : le porteur de projet, le management de projet, le chef de projet. Il se concrétise par les actions mises en place.

Chaque jour, dans nos vies personnelles , nous sommes porteurs de projet en faisant face à nos obligations, nos priorités, notre planning et nos imprévus. Pour faire face à tous les éléments et ne pas perdre les objectifs de cette journée, faire apparaître le cercle du Yin et du Yang entre vos mains , c’est l’élément de pilotage de vos émotions et de vos réflexions pour agir et faire en sorte que le positif de toute solution prenne toujours le dessus ou trouve une alternative. C’est filtrer et continuer d’agir

Sur le plan professionnel, l’attitude est la même. Entre vos mains, la sphère du Yin et du Yang qui symbolise l’équilibre. La forme ronde est une forme douce, elle représente l’entité, l’Univers. Dans cet espace, deux autres formes vivent avec leurs propres énergies.

Notre monde, notre vie est ainsi composée.

  • Il y a le Monde et le nôtre, notre Environnement.
  • Il y a la Vie et la nôtre, dans son intégralité.

Nous devons composer avec cela.

  • Il y a le Temps, un facteur tout aussi précieux.

Avec tous ces éléments, la meilleure attitude est le positivisme, l’introspection, l’écoute, l’observation, la communication, l’ouverture d’esprit. Car nous sommes tous différents, nos origines, notre passé, notre histoire

Un projet collectif

Un projet collectif, viable et solide, ne peut exister et durer qu’avec des fondations basées sur l’information, l’échange et la communication autour du projet.

Le Respect en est la première pierre : le Respect de soi , le Respect des autres, le Respect de son environnement, le Respect de ses engagements

L’Honnêteté en est le ciment : avec soi-même, faire son introspection ; avec les autres, les écouter ; avec son environnement, observer.

On peut être né leader de par notre tempérament, notre personnalité, notre dynamisme. Le manager canalise cette énergie en donnant la direction à prendre pour l’atteinte des objectifs. Cette atteinte des objectifs nécessite de s’entourer des potentiels utiles, informés de la vision et porteurs d’idées pour que l’équipe soit performante. UN brainstorming ou table ronde, dans une régularité, brise les incompréhensions et pallie au vide de l’information.

Le recours à l’adoption du Yin et du Yang pour diriger ma Vie, privée ou professionnelle, me vient de ma sensibilité à la sagesse venue d’Asie par les moines taoïstes : la paix de l’esprit, la recherche d’harmonie, la relation dans une dualité, le maintien d’un équilibre.

Le manager a besoin de ses dispositions pour collaborer sainement avec ses équipes.

Corine Palierse

Corine Palierse

Je pratique le Management par la Psychologie dans le cadre de mon Management de Transition. C’est aider le manager à se poser les bonnes questions, à trouver les réponses adéquates face à des paramètres, à prendre des décisions en toute équité, à les formuler clairement, à agir en toute maturité. Comprendre le Yin et le Yang, c’est admettre que rien n’est figé, tout évolue.

Mon parcours professionnel est atypique, il est une adaptation de ma Vie, de ma personnalité et des valeurs auxquelles je crois. La Créativité est l’essence de ma façon de penser et l’Équité, ma façon d’être.

Responsable Projets RSE aspect SOCIAL en Hôtellerie Internationale

Fondatrice de HK by CP Consulting Audit Diagnostic en Housekeeping

Présidente de l’Association Phoenix & Orchidaceae

Clous, colles et vis

Une métaphore de Seth Godin utile dans la vie comme dans les projets.

https://seths.blog/2025/09/nails-glues-and-screw/

Peut-être que cette métaphore vous aidera :

  • Les clous sont les plus faciles à utiliser et demandent le moins de compétence.
  • La colle peut renforcer la liaison, mais c’est souvent un engagement à sens unique – on ne peut pas la défaire sans dommages.
  • Et les vis sont les plus résistantes. Ils exigent un bon jugement dans leur sélection et des compétences dans leur pose. Elles créent un lien puissant mais peuvent aussi être défaites sans trop de complications.

Souvent, nous construisons nos projets avec des clous. Parfois, nous nous engageons fortement et utilisons de la colle. Mais les vis offrent souvent la meilleure productivité à long terme.

Elles ne sont pas plus faciles, mais elles pourraient être meilleures.

Réduire le temps d’attente dans les hôpitaux par Sohail Bashir Chughtai

Une perspective pratique utilisant le diagramme en arête de poisson (Fishbone ou Ishikawa Diagram) et la pensée PMI.

Dans de nombreux hôpitaux, les longs délais d’attente sont discrètement devenus une partie de la routine quotidienne.

Un patient arrive à l’heure pour un rendez-vous prévu, mais finit par attendre 45 minutes, parfois plus d’une heure. Au fil du temps, cela commence à affecter non seulement la satisfaction des patients, mais aussi la confiance dans le système.

D’un point de vue opérationnel et management de projet, ce n’est pas seulement une question de planning. C’est un problème de processus, impliquant plusieurs parties prenantes, des flux de travail et des dépendances dans le système.

Le vrai défi n’est pas de réaliser l’existence de retards. Le défi est de comprendre pourquoi ils existent de façon récurrente.

Pourquoi l’analyse des causes profondes est-elle nécessaire ?

Dans les milieux hospitaliers, il est très facile de tirer des conclusions hâtives :

  • Le docteur est en retard.
  • Trop de patients sont programmés.
  • Le système est lent.

Cependant, lorsque le même problème se répète chaque jour, cela indique généralement quelque chose de plus profond.

C’est là que l’analyse de la cause profonde (Root Cause Analysis / RCA) devient importante. Au lieu de réagir aux symptômes, RCA se concentre sur l’identification des causes sous-jacentes du problème.

L’un des outils les plus pratiques pour cela est le diagramme en arête de poisson (diagramme d’Ishikawa).

Qu’est-ce qu’un diagramme en arête de poisson ?

Un diagramme en arête de poisson est une méthode simple mais structurée pour analyser un problème en le décomposant en catégories de causes possibles.

Vous commencez par un énoncé clair du problème, par exemple : « Le temps d’attente pour un rendez-vous en Consultation Externe dépasse les limites acceptables. »

Ensuite, vous explorez les causes dans des domaines clés tels que :

  • Personnes
  • Processus
  • Technologie
  • Environnement
  • Management

Le but n’est pas de blâmer les individus, mais de comprendre comment différents facteurs se combinent pour créer le problème.

Pourquoi utiliser le diagramme en arête de poisson dans les opérations hospitalières ?

Les hôpitaux sont des systèmes complexes. Un délai provient rarement d’une seule source.

Sans approche structurée :

  • Les équipes ont tendance à blâmer les individus.
  • Des solutions temporaires sont appliquées.
  • Le même problème continue.

L’utilisation d’une approche Fishbone aide les équipes :

  • Regardez le système de bout en bout.
  • Impliquez plusieurs parties prenantes.
  • Passez des hypothèses aux causes réelles.
  • Alignez les discussions sur les faits plutôt que sur les opinions.

Du point de vue du PMI®, cela soutient directement :

  • Gestion de la qualité (identification des causes racines).
  • Engagement des parties prenantes.
  • Amélioration continue.
  • Identification des risques.

Comprendre les retards dans la pratique

Quand on applique la pensée Fishbone aux retards de rendez-vous, le tableau devient plus clair.

Personnes

Les retards sont souvent attribués aux médecins, mais en réalité :

  • Certains patients nécessitent plus de temps de consultation.
  • Le personnel n‘a pas préparé les patients avant la consultation.
  • La réception peut surbooker sans prendre en compte la variabilité des durées.

Exemple :
Un consultant programme 30 patients avec des créneaux de 10 minutes. Quelques consultations complexes nécessitent chacune 20 minutes. Le retard s’accumule et affecte l’ensemble du planning.

Processus

Les écarts de processus sont généralement les facteurs les plus importants :

  • Créneaux horaires fixes malgré des besoins de consultation de durées variables.
  • Patients sans rendez-vous ajoutés sans contrôle.
  • Pas de flux de travail pré-consultation.

Exemple :
Un patient entre dans la salle de consultation, et ce n’est qu’ensuite que les constantes sont prises et que son historique est discuté. Cela augmente inutilement le temps passé par patient avec le médecin.

Technologie

La technologie peut soit améliorer, soit ralentir les opérations :

  • Système de gestion des dossiers médicaux lent.
  • Trop de documentation manuelle.
  • Manque d’une planification intelligente.

Exemple :
2 minutes supplémentaires par patient pour la documentation entraînent près d’une heure de retard sur 30 patients.

Environnement

L’installation physique joue également un rôle :

  • Centres d’intervention surpeuplés.
  • Mauvaise conception du flux patient.
  • Goulots d’étranglement à l’enregistrement ou à la capture des constantes vitales.
Management

Souvent négligé mais essentiel :

  • Pas de KPIs définis pour le temps d’attente.
  • Manque de contrôle.
  • Aucun mécanisme de responsabilité.

Sans mesure, l’amélioration est difficile à maintenir.

Partenaire de DantotsuPM, CERTyou est le spécialiste des formations certifiantes dont PMP® et bien d’autres.

Passez de l’analyse à l’action.

Une fois les causes profondes clairement identifiées, les solutions deviennent plus pratiques et ciblées.

Parmi les améliorations efficaces, on trouve :

  • Planification différenciée (nouveaux patients vs patients de suivi).
  • Flux de travail avant consultation (antécédents et constantes pris avant la visite chez le médecin).
  • Systèmes de visibilité des files d’attente (affichage des jetons, alertes SMS).
  • Optimisation du système de gestion des dossiers médicaux (modèles, réduction de la saisie manuelle).
  • Des KPIs et des tableaux de bord définis pour surveiller le temps d’attente.

Ces changements ne sont pas complexes individuellement, mais pris ensemble, ils améliorent significativement le flux opérationnel.

Un résultat pratique.

Dans un scénario, le temps d’attente moyen est passé de plus d’une heure à moins de 15 minutes après la mise en œuvre de changements structurés basés sur RCA.

La différence clé ne résidait pas uniquement dans la technologie. C’était la compréhension du système dans son ensemble.

Les retards à l’hôpital sont rarement causés par un seul facteur.

Ils résultent de multiples éléments interconnectés entre les personnes, les processus et les systèmes.

Le diagramme en arête de poisson offre un moyen pratique et structuré de découvrir ces connexions.

Du point de vue du management de projet, cela permet de déplacer l’attention de la résolution réactive de problèmes vers l‘amélioration au niveau du système, en accord avec les principes PMI de qualité, d’engagement des parties prenantes et de contrôle continu.

Dans le secteur de la santé, l’efficacité ne se limite pas à la rapidité. Il s’agit de concevoir des systèmes qui respectent à la fois les flux de travail cliniques et l’expérience du patient.


À propos de l’auteur

Sohail Bashir Chughtai

Sohail Bashir Chughtai, PMP®, est chef de projet informatique dans le domaine de la santé avec plus de 12 ans d’expérience à la tête d’initiatives de transformation numérique dans des milieux hospitaliers. Il est spécialisé dans la mise en œuvre de DME/DES (Dossiers Médicaux Electroniques et Dossiers de Santé Electroniques) , la prestation Agile dans les systèmes de santé réglementés, l’optimisation des flux de travail cliniques et les plateformes de santé numérique d’entreprise.

Il a dirigé des équipes interfonctionnelles produisant des modules d’urgence, d’hospitalisation, d’infirmières et de facturation numérique dans des écosystèmes de santé complexes, alignant la stratégie technologique avec les opérations cliniques réelles.

En élargissant actuellement son engagement professionnel à travers l’Europe, Sohail est ouvert à la collaboration et aux opportunités de leadership dans la transformation informatique de la santé, la stratégie de santé numérique et le management de projets d’entreprise sur le marché européen.

 

Comment mettre en place une structure de management de projet pour de petites équipes ?

Même les petits projets peuvent créer de la confusion s’ils ne sont pas structurés clairement.

How to Set Up a Project Management Structure for Small Teams par Susan Fennema

https://beyondthechaos.biz/project-management-structure/

Il est facile de supposer qu’une petite équipe n’a pas besoin de structure formelle. Tout le monde s’exprime souvent. Les priorités semblent alignées. Au début, le travail progresse bien, jusqu’à ce que des étapes manquées, des responsabilités floues ou des délais conflictuels commencent à gêner. Alors, les choses ralentissent. Ce sont les mêmes personnes qui finissent par faire du nettoyage au lieu de continuer à progresser.

Les organisations gaspillent 9,9 % de chaque dollar à cause de mauvaises performances de projet, une perte qui affecte tout autant les petites équipes. Sans système clair, même les employés performants passent des heures à réfléchir à la suite au lieu de faire avancer le travail.

Ce billet explique comment mettre en place une structure de management de projet qui aide les petites équipes à rester concentrées, à livrer le travail efficacement et à réduire le stress quotidien.

Partenaire de DantotsuPM, visitez le site pour toutes les formations certifiantes proposées. En particuliers celles sur Prince2 et AgilePM.

À quoi ressemble une structure de management de projet pour les petites équipes ?

Une structure de management de projet aide les petites équipes à organiser leurs priorités, à réduire les frictions et à maintenir le flux de travail. Sans cela, les rôles de projet se brouillent, les échéances sont manquées et les décisions sont retardées.

Voici comment une structure simple peut fonctionner dans une petite équipe :

  • Le manager de projet supervise le flux des tâches, les délais et la communication.
  • Les membres de l’équipe se concentrent sur des taches liées à leurs points forts.
  • Le Responsable Fonctionnel (le cas échéant) gère les compétences, la capacité et le déploiement.
  • Les rôles clairs aident à éviter toute confusion sur qui possède quoi.
  • La structure matricielle permet à la fois l’alignement du projet et fonctionnel.

Ce type de structure organisationnelle n’a pas besoin d’être complexe. Ce qui compte, c’est la cohérence et la clarté. Une structure bien utilisée aide à :

  • Éviter les goulots d’étranglement dans la prise de décision.
  • Maintenir l’alignement entre les départements fonctionnels.
  • Soutenir l’amélioration continue grâce à la gestion visible des tâches.
  • Améliorer la façon dont les retours circulent dans l’équipe.

Une bonne configuration pourrait inclure :

  • Un document d’une page qui définit l’équipe projet.
  • Un flux montrant les approbations de tâches et les points de contrôle.
  • Un échéancier partagé pour les livrables et la progression.

Lorsque de petites équipes appliquent la bonne structure de management de projet, elles gagnent plus que le contrôle : elles gagnent de l’espace pour se concentrer sur les résultats. Elle favorise également la durabilité à long terme grâce à des étapes répétables et traçables.

Si votre équipe a besoin d’une structure de gain de temps qui fonctionne dans la vie réelle, ce guide sur la continuité des activités montre comment la structure soutient aussi le temps libre.

Une structure claire de management de projet aide à rendre le travail moins chaotique et plus gérable, même pour les équipes LEAN.

Comment créer un flux de travail de projet que tout le monde peut suivre ?

Sans structure, les projets stagnent. Pour créer un flux de travail de projet sur lequel les petites équipes peuvent compter, il faut des étapes claires, des délais réalistes et des rôles définis. Un flux de travail simple aide à réduire la confusion, à éviter les tâches manquées et à rendre les progrès visibles pour tous les participants.

Voici comment créer un flux de travail de projet qui supporte le travail réel :

Étape 1 : Définissez les rôles et responsabilités.

Clarifiez les devoirs de chaque personne à travers les départements fonctionnels. Cela aide à éviter les goulots d’étranglement et soutient l’équipe dans l’exécution des bonnes tâches au bon moment.

Étape 2 : Cartographiez les étapes du flux de travail.

Énumérez chaque étape nécessaire au projet du début à la fin. Centraliser cette séquence dans un seul outil, afin que chaque membre de l’équipe comprenne la suite et comment faire avancer le travail.

Étape 3 : Fixez des délais réalistes.

Les délais doivent refléter la capacité réelle. Cela vous permet d’allouer les ressources efficacement sans submerger votre équipe de projet.

Étape 4 : Utilisez un seul système pour suivre le travail.

Évitez de passer d’un outil à l’autre. Mettez en place un processus centralisé pour aider votre manager de projet à capturer les mises à jour, suivre l’avancement et soutenir la réussite du projet.

Étape 5 : Revoyez et affinez le flux de travail.

Instaurez des boucles de rétroaction rapides pour garder le flux de travail flexible et fonctionnel. Cela aide votre équipe à s’adapter au changement de priorités.

Lorsque vous créez un flux de travail de projet de cette manière, il devient plus facile de gérer les rôles de projet, de réduire les retards et de soutenir une exécution cohérente. Pour en savoir plus sur la manière dont les flux de travail alimentent les décisions, lisez notre guide sur les flux de travail d’approbation.

Comment fixer des échéances qui permettent au travail d’avancer ?

Les petites équipes comptent sur la fixation de délais pour garder le travail sur la bonne voie. Quand les délais sont flous, les projets ralentissent et les responsabilités deviennent floues. Fixer des échéances donne à chacun un rythme partagé pour que les tâches avancent sans vérifications répétées ni transmissions bloquées.

Pour rendre efficace la fixation des échéances, concentrez-vous sur la manière dont le travail du projet se déroule dans votre équipe. Une structure simple aide chacun à planifier son temps et à comprendre comment son travail s’inscrit dans l’effort global.

Ces stratégies aident les petites équipes à fixer des délais de manière à soutenir le progrès :

  1. Gardez les délais réalistes pour tous les rôles – Fixer des délais ne fonctionne que la capacité des équipes interfonctionnelles est respectée. Les équipes dans des configurations fonctionnelles et projet ont besoin d’attentes claires qui correspondent à la charge de travail réelle.
  2. Donnez à chaque date limite un propriétaire clair – Quand une personne comprend son devoir et le résultat attendu, la fixation des délais devient plus facile à gérer. Cette clarté est importante dans des environnements matriciels forts où les personnes soutiennent les projets en parallèle à d’autres projets et priorités en cours.
  3. Utilisez un unique endroit pour suivre les progrès – Le suivi centralisé aide les équipes à voir ce qui est à rendre ensuite. Fixer des échéances devient plus simple car tout le monde a la même vision du portefeuille de projets.
  4. Révisez les délais au fur et à mesure que le travail évolue – Les projets traversent différentes phases. La fixation des échéances doit être ajustée au fur et à mesure que les membres de l’équipe terminent leur travail ou identifient de nouveaux besoins.
  5. Reliez les échéances au flux de travail complet – Lorsque vous créez une séquence claire, fixer des échéances aide chaque étape à avancer dans le temps sans confusion.

Fixer des échéances de cette manière soutient la structure et réduit les retards, ce qui facilite la progression des projets. Pour plus d’informations sur l’amélioration du débit, vous pouvez lire ce guide sur l’analyse des goulots d’étranglement  et voir comment le timing affecte l’efficacité.

Quelques conseils pour organiser des projets professionnels sans être submergé.

Même les petits projets peuvent créer de la confusion s’ils ne sont pas structurés clairement. Sans processus commun, les membres de l’équipe peuvent dupliquer les efforts, manquer des échéances ou avoir l’impression d’être toujours en retard. Ces conseils pour organiser des projets professionnels sont conçus pour aider les petites équipes à rester sur la bonne voie—sans ajouter de complexité ni de pression.

Chaque conseil vise à être clair, responsable et à réduire les frictions inutiles dans le travail quotidien.

Conseil 1 : Définissez clairement les rôles et responsabilités.

Dans un environnement hybride ou interfonctionnel, les employés rendent compte à différents managers ou collaborent entre plusieurs équipes. Cela rend essentiel de définir qui possède quoi. Des rôles clairs réduisent la confusion liée aux transferts et aident le projet à atteindre son objectif.

Conseil 2 : Divisez le travail en tâches plus petites et ciblées.

Les grands projets semblent irréalisables quand les éléments sont vagues. Divisez le travail en étapes précises et axées sur les résultats. Assignez les taches selon la spécialisation pour que tout le monde sache quoi faire et quand.

Conseil 3 : Rendez les objectifs et les délais visibles.

Gardez les objectifs et dates limites du projet accessibles à tous les membres de l’équipe. Un plan centralisé améliore la collaboration et évite les surprises de dernière minute entre différents départements.

Conseil 4 : Limitez les flux de travail actifs par personne.

Pour éviter l’épuisement et la duplication, équilibrez les charges de travail. Une forte utilisation des ressources permet à chaque employé d’évoluer à un rythme régulier sans changement constant de contexte.

Conseil 5 : Apportez de l’aide pour structurer le travail.

Si vous ne savez pas comment centraliser ou coordonner le travail de votre équipe, un consultant peut vous aider à mettre en place un cadre flexible adapté à la structure de votre entreprise.

Ces conseils pour organiser des projets professionnels font partie de la manière dont Beyond the Chaos aide les petites équipes à rester claires, confiantes et productives — sans avoir à revoir leur fonctionnement existant.

Rendez le travail plus facile à manager.

Votre équipe ne devrait pas avoir à deviner quoi faire ensuite. Sans structure, même les meilleurs peuvent avoir du mal à faire avancer les projets.

Beyond the Chaos aide des entreprises comme la vôtre à définir leurs responsabilités, à rationaliser la collaboration et à créer des systèmes pratiques qui réduisent la confusion et améliorent le suivi.

Personne n’achète quoi que ce soit à moins que cela ne génère plus de valeur que ce que cela coûte.

Création de valeur

Value creation par Seth Godin

https://seths.blog/2025/09/value-creation/

Il y a une loi simple : personne n’achète quoi que ce soit à moins que cela ne génère plus de valeur que ce que cela coûte.

Cela semble évident. La valeur peut prendre la forme de subsistance, de statut, d’affiliation, de tranquillité d’esprit ou de santé. Et la valeur est toujours mesurée par l’utilisateur.

Une cuillère à caviar à 300 $ ne sera achetée que si quelqu’un estime qu’elle produit plus de 300 $ de valeur (et qu’il peut se le permettre).

Les utilisateurs se moquent du coût de création. Ils se fichent de combien vous avez besoin de cette vente.

Alors, pourquoi les infirmières ne sont-elles pas mieux payées ? Il est assez clair qu’elles produisent une valeur bien supérieure à leur salaire.

Et pourquoi les billets de concert de Taylor Swift sont-ils si chers ? Cela ne coûte pas grand-chose au promoteur d’offrir ce dernier siège…

La raison est claire : la rareté.

Lorsqu’il existe des substituts, les consommateurs avertis choisissent généralement le produit identique le moins cher. C’est pourquoi le vin cher coûte plus cher que l’eau, même si on ne peut pas vivre sans eau.

Tout cela s’assemble lorsque nous réalisons qu’un bon projet business ne se contente pas de créer de la valeur, il est aussi construit autour d’une certaine rareté.

Les freelances sont tentés d’oublier cela et finissent par foncer vers le bas. « Tu peux prendre n’importe qui, et je suis n’importe qui », n’est pas un slogan marketing utile.

Les gens vont acheter ça à quelqu’un, mais pourquoi l’auraient-ils acheté à vous ?

Parlez de la valeur que VOUS créez. Et expliquez à vos investisseurs pourquoi votre offre restera toujours rare.

Lefebvre Dalloz Compétences est partenaire de DantotsuPM, visitez leur site pour découvrir leurs offres de formation.

Le management de projet gère l’exécution, mais qui gouverne la décision ? par Walter Afonso Filho

Les échecs majeurs des projets proviennent rarement de la couche exécution. Ils prennent naissance bien avant dans la couche décisionnelle.

Depuis des décennies, les cadres de travail pour le management de projets aident les organisations à planifier, coordonner et exécuter des initiatives complexes. Des projets de construction au développement logiciel et aux programmes aérospatiaux, les méthodologies structurées ont amélioré la planification, l’allocation des ressources et la discipline de la distribution.

Pourtant, une question fondamentale reste largement sans réponse.

Qui gouverne les décisions qui façonnent le projet lui-même ?

Les cadres de travail de management de projets sont extrêmement efficaces pour gérer l’exécution. Ils définissent les tâches, responsabilités, étapes et livrables. Ils fournissent des outils pour suivre la progression, manager les risques et coordonner les équipes.

Mais les échecs majeurs des projets proviennent rarement de la couche exécution.

Ils prennent naissance bien avant dans la couche décisionnelle.

Les projets s’effondrent dans la décision avant de s’effondrer dans leur exécution.

L’exécution ne fait souvent que révéler des faiblesses déjà présentes dans le processus décisionnel. Lorsque l’on examine les échecs majeurs de projets dans plusieurs secteurs, un schéma récurrent apparaît : le projet était déjà structurellement fragile bien avant l’apparition du premier problème opérationnel.

Des décisions cruciales ont pu être prises :

  1. Avec des preuves incomplètes ou ambiguës.
  2. Sous forte pression organisationnelle.
  3. Au sein de structures de gouvernance fragiles.
  4. Dans des conditions d’irréversibilité où revenir sur la décision devient extrêmement difficile.

En d’autres termes, les projets n’échouent pas uniquement parce que l’exécution tourne mal.

Ils échouent parce que l’environnement décisionnel lui-même était instable.

Cette observation révèle une distinction rarement explicite dans la littérature traditionnelle sur le management de projet.

Le management de projet régit la manière dont les projets sont exécutés.

Mais les systèmes complexes exigent aussi une gouvernance sur la manière dont les décisions cruciales sont prises.

C’est le domaine de ce que j’appelle la gouvernance décisionnelle.

La gouvernance décisionnelle se concentre sur les conditions structurelles dans lesquelles les décisions sont prises au sein de systèmes complexes. Au lieu d’analyser uniquement les échéanciers, budgets ou livrables, elle examine l’environnement institutionnel entourant le processus décisionnel lui-même.

Différentes questions émergent :

  • Les décisions sont-elles étayées par des preuves suffisantes ?
  • Les responsabilités sont-elles clairement définies ?
  • Des engagements irréversibles sont-ils pris trop tôt ?
  • Les signaux d’alerte sont-ils ignorés ou supprimés ?
  • Les mécanismes de gouvernance sont-ils suffisamment robustes pour remettre en question les décisions ?

Dans les systèmes d’ingénierie complexes, les programmes aérospatiaux, les projets d’infrastructure ou les grandes plateformes numériques, les réponses à ces questions déterminent souvent la stabilité à long terme du système.

L’exécution peut être bien gérée alors que le régime décisionnel reste structurellement fragile.

Lorsque cela se produit, les organisations peuvent continuer à progresser vers la mise en œuvre même si les conditions de décision sous-jacentes se détériorent.

Le résultat est une forme d’accumulation invisible du risque.

Pour explorer ces dynamiques, j’ai développé un cadre conceptuel modélisant l’environnement décisionnel à travers des vecteurs structurels tels que la densité de la décision, l’irréversibilité, la disponibilité des preuves, la fragilité de la gouvernance et les signaux non résolus. Ensemble, ces facteurs contribuent à décrire la stabilité du régime décisionnel entourant un projet.

Cette perspective ne remplace pas le management de projet.

Au contraire, elle le complète.

Le management de projet garantit que le travail est organisé et exécuté efficacement. La gouvernance décisionnelle garantit que les décisions qui guident ce travail sont structurellement solides.

À mesure que les projets deviennent technologiquement plus complexes et organisationnellement interconnectés, l’importance de gouverner le processus décisionnel lui-même continuera de croître.

L’exécution compte.

Mais dans les systèmes complexes, les décisions comptent encore plus.


Walter Afonso Filho

Walter Afonso Filho

Walter Afonso Filho est ingénieur civil et mécanique, titulaire d’un MBA et de plus de 30 ans d’expérience dans des environnements d’ingénierie complexes, des organisations axées sur la technologie et des systèmes critiques pour la décision.

Il est le fondateur de l’IVEXSI Institute — www.ivexsi.org International Decision Governance Authority, une institution indépendante dédiée à la promotion de la gouvernance décisionnelle en ingénierie comme discipline formelle. Ses travaux portent sur la gouvernance des décisions techniques critiques, irréversibles et à fort impact, abordant l’autorité décisionnelle, la responsabilité, l’incertitude et la responsabilité institutionnelle au-delà des cadres traditionnels de management de projet et de conformité.

Tout au long de sa carrière, Walter a travaillé avec des multinationales telles que Philips, Ericsson, Tetra Pak et Embraer, contribuant à des projets à l’intersection de l’ingénierie, du risque, des systèmes de qualité et de la prise de décision organisationnelle.

Il possède une vaste expérience en audit, gestion de la qualité (y compris ISO 9000) et formation technique, ayant exercé en tant qu’auditeur principal, instructeur et coordinateur des programmes de gouvernance et de qualité dans les secteurs public et privé.

Walter a également créé et animé deux programmes nationaux de télévision au Brésil — *Qualidade Empresarial* (TV Bandeirantes) et *Empresa do Futuro* (Rede Vida) — axés sur la prise de décision exécutive, l’innovation et la responsabilité organisationnelle.

Il est l’auteur d’ouvrages à orientation internationale sur la gouvernance décisionnelle, notamment : « Decision Governance in Complex Projects and Systems ».

Votre talent mérite d’être reconnu : candidatez aux IRIS du PMI® France

Vous êtes manager de projets, vous surmontez obstacles, conflits, crises pour délivrer de la valeur. Ne restez pas dans l’ombre !

Brochure, catégories, règlement, contacts…

Par modestie et/ou manque de temps, vous oubliez de promouvoir nos retours d’expérience et ne mettez en avant vos réussites pour partager vos bonnes pratiques. Voici une belle opportunité de changer cela.

PMI France lance IRIS pour récompenser votre talent et célébrer l’excellence du management de projet en France.

Cette première édition est une occasion unique de faire rayonner la communauté et la profession du management de projet.

Si vous avez contribué à un projet dont vous êtes fier, faites-le connaître en déposant votre candidature.

Si vous connaissez des personnes avec des projets réussis à mettre sous les projecteurs, incitez-les à candidater.

C’est facile, une équipe de bénévoles volontaires du PMI France est là pour vous aider : CONTACTEZ LES ! Adresse mail: iris@pmi-france.org

Tout sur cette belle initiative.

PMI is a registered mark of Project Management Institute, Inc.

12 Expressions de stress auto-infligé, à éviter bien sûr.

Quel stress auto-imposé pouvez-vous remarquer dans votre leadership ?

12 Expressions of Self-Imposed Stress par Dan Rockwell

https://leadershipfreak.blog/2026/01/29/12-expressions-of-self-imposed-stress/

Stress auto-infligé

  1. Essayer de contrôler la vie et les gens.
  2. Surestimer votre capacité à accomplir les choses.
  3. Sous-estimer le talent des autres.
  4. Trop dépenser. Trop manger. Trop boire.
  5. Poursuivre des futilités. Statut. Possessions qui créent des dettes. Plaisirs que vous ne pouvez pas vous permettre.
  6. Procrastiner.
  7. Juger sa vie à travers le prisme des réseaux sociaux.
  8. Dire oui trop souvent.
  9. Attendre la perfection au lieu de poursuivre l’excellence.
  10. Vénérer l’occupation. Arrêtez de croire qu’être occupé signifie que vous êtes important. Les personnes importantes ne sont pas sur-occupées.
  11. Éviter les conversations douloureuses.
  12. Trainer des échecs passés.
Quelle est une chose que vous pouvez faire pour éliminer ce stress auto-imposé ?
Lefebvre Dalloz Compétences est partenaire de DantotsuPM, visitez leur site pour découvrir leurs offres de formation.

« Le mirage du Go-Live » par Julie Guerin

Le mirage du Go-Live : pourquoi un projet ne commence vraiment qu’après le déploiement.

Lors du séminaire de présentation du nouvel outil, tout semble prêt pour le lancement.
Les fonctionnalités sont là, le projet est officiellement lancé.

Pourtant, au moment des premières démonstrations, une réalité apparaît déjà :
une partie de l’équipe continue d’utiliser un fichier Excel partagé.

Pas parce que l’outil est mauvais.
Mais parce que la réalité du quotidien n’a pas été prise en compte.

Et dans les projets de transformation, les freins se nichent souvent dans les détails.

Cette scène est loin d’être exceptionnelle.
Dans beaucoup d’organisations, la réussite d’un projet de déploiement d’outil est encore définie de manière très simple :

l’outil est livré, la fonctionnalité est disponible, le projet est considéré comme terminé.

Pourtant, sur le terrain, la réalité est souvent différente.

L’organisation pense avoir livré un outil.
En réalité, elle ouvre une nouvelle phase d’adaptation des pratiques de travail.

Le vrai projet commence dans la majorité des cas… après le déploiement.

Le décalage entre la solution et le terrain.

Dans de nombreux projets, l’objectif initial est clair : répondre à un besoin fonctionnel, comme structurer certaines informations ou simplifier un processus. Sur le papier, ces objectifs sont souvent parfaitement cohérents.

Mais une question essentielle apparaît rapidement : est-ce que la solution correspond réellement aux besoins quotidiens des utilisateurs ?

Dans la salle de projet, tout semble cohérent.

Sur le terrain, les utilisateurs reviennent parfois vers Excel, simplement parce que c’est l’outil qu’ils connaissent déjà.

Une fonctionnalité peut être techniquement pertinente.

Mais si les utilisateurs ne perçoivent pas clairement comment elle s’intègre dans leur quotidien, son adoption restera limitée.

Dans ce type de situation, les équipes ne rejettent pas forcément l’outil. Elles l’ignorent simplement.

L’autopsie d’un cas classique : l’outil d’onboarding*.

Prenons l’exemple d’un nouvel outil d’onboarding client. L’outil permet de structurer la collecte d’informations et de sécuriser certaines données techniques. Du point de vue du projet, l’objectif est rempli. Mais du point de vue des utilisateurs, cet outil facilite-t-il réellement leur quotidien ? Réduit-il certaines frictions opérationnelles ou ajoute-t-il simplement une nouvelle étape dans un processus déjà complexe ? Un outil peut être parfaitement conçu… et rester inutilisé.

La vraie question n’est pas : “Est-ce que l’outil fonctionne ?”

Mais : “Est-ce que quelqu’un a réellement envie de l’utiliser lundi matin ?”

* L’onboarding client est l’équivalent de ce que nous appelons plus couramment l’entrée en relation ou “l’intégration de nouveaux clients”. C’est une étape clé dans la relation commerciale qui marquera le début d’une histoire entre vos clients et votre société.

La pyramide de Maslow de l’adoption

Pour comprendre les mécanismes d’adoption, il faut se rendre à l’évidence : une fonctionnalité ne sera réellement utilisée que si les utilisateurs comprennent pourquoi elle existe et en quoi elle améliore leur travail.

L’adoption repose sur une logique très proche de celle décrite par la pyramide de Maslow appliquée aux usages.

Si l’utilisateur ne perçoit pas clairement le bénéfice dans son quotidien, l’outil restera secondaire. Il faut donc connecter la solution aux problématiques concrètes du terrain et montrer l’impact positif sur le travail des équipes. Parler du travail réel plutôt que des objectifs théoriques est souvent beaucoup plus efficace.

3 leviers pour hacker l’adoption dès le départ

Avec le recul, plusieurs pratiques permettent de favoriser l’adoption dès le départ:

  1. Intégrer les utilisateurs très tôt : Cela passe par des interviews, des phases de tests régulières et des recettes fonctionnelles réalisées par les équipes métier. Cette approche permet de confronter la solution aux réalités opérationnelles.
  2. Armer les « Key Users » : Ces utilisateurs référents jouent un rôle essentiel. Au moment du déploiement, ils deviennent souvent de véritables ambassadeurs, les “Avengers” de la solution. Parce qu’ils connaissent les réalités opérationnelles, ils peuvent expliquer l’outil à leurs collègues et rassurer sur les changements. L’outil cesse alors d’être perçu comme un projet purement technique. Il devient un outil porté par les utilisateurs eux-mêmes.
  3. Instaurer un comité de pilotage transverse : Dans certains projets, cela permet à chaque service d’exprimer ses contraintes et ses attentes. Les décisions deviennent alors plus collectives et mieux comprises.

Redéfinir la réussite (et le rôle du Chef de Projet).

La réussite d’un projet de déploiement d’outils ne peut pas se limiter à la livraison d’une fonctionnalité. Elle doit être évaluée à travers des indicateurs d’usage, tels que le taux d’utilisation réel, le volume de tickets de support, ou encore le niveau de satisfaction des utilisateurs.

Dans ce type de projet, le rôle du chef de projet dépasse largement la coordination technique. Il devient un facilitateur de transformation.

Le chef de projet devient souvent le tampon entre trois mondes qui ne parlent pas la même langue :

  • l’IT
  • les métiers
  • la direction.

Un projet n’appartient ni à l’IT, ni à l’équipe projet.

Il appartient avant tout aux utilisateurs qui devront l’utiliser au quotidien.

Paradoxalement, l’un des meilleurs indicateurs de réussite apparaît parfois longtemps après la fin officielle du projet. Lorsque des utilisateurs continuent de revenir vers le chef de projet plusieurs mois ou années plus tard parce qu’ils le considèrent encore comme leur référent, cela signifie souvent que le projet a réussi à créer une véritable relation de confiance autour du changement.


Julie Guerin

Julie Guerin

Julie Guerin est cheffe de projet interne spécialisée dans les projets de transformation organisationnelle et l’optimisation des processus dans des environnements SaaS B2B. Elle accompagne les organisations dans le déploiement d’outils et l’évolution des pratiques de travail, avec une attention particulière portée à l’adoption par les utilisateurs.

Son parcours, qui combine expérience en relation client et pilotage de projets transverses, lui permet d’aborder la transformation sous l’angle des usages réels et de la coordination entre équipes métiers et équipes techniques.

Julie intervient notamment sur des projets impliquant ERP, CRM et transformation des processus internes, en plaçant l’alignement entre stratégie, organisation et outils au cœur de la réussite des projets.

À travers ses publications, elle partage des retours d’expérience concrets sur la conduite du changement, l’adoption des outils et les enjeux humains des transformations organisationnelles.

« Anticiper les départs de talents : l’erreur que font encore beaucoup d’organisations. » par Maël Brocker et Nicolas Martin

Êtes-vous certain de résoudre le vrai problème ?

Dans de nombreuses organisations, les projets RH commencent souvent avec de bonnes intentions : améliorer l’engagement, réduire le turnover, renforcer la cohésion des équipes ou améliorer les conditions de travail.

Pourtant, malgré des budgets, des outils et de l’énergie investis, beaucoup de ces initiatives produisent des résultats mitigés.

Non pas parce que les idées sont mauvaises.

Mais parce qu’une étape essentielle est souvent négligée : le diagnostic initial.

L’erreur la plus fréquente : agir avant de comprendre.

Dans la plupart des projets organisationnels, les décisions sont prises à partir d’intuitions, de ressentis ou de signaux visibles.

Un manager remarque une baisse de motivation dans son équipe.

Un dirigeant constate plusieurs départs sur une période courte.

Les RH reçoivent davantage de demandes ou de tensions internes.

La réaction est généralement rapide : lancer une initiative.

On met en place une formation, un séminaire, un plan QVCT, un nouveau processus ou un outil supplémentaire.

Mais une question fondamentale est rarement posée :

Quelle est réellement la situation interne ?

Car derrière un même symptôme peuvent se cacher des causes très différentes :

  • Une surcharge de travail.
  • Un manque de reconnaissance.
  • Un problème d’organisation.
  • Une communication interne défaillante.
  • Une perte de sens dans les missions.

Sans compréhension précise du problème, les actions mises en place ressemblent parfois à des réponses… à côté de la question.

Le coût invisible des mauvaises décisions.

Dans un projet, prendre une décision sans visibilité réelle sur la situation peut entraîner des conséquences importantes.

En particulier lorsqu’il s’agit de départs de collaborateurs clés.

De nombreuses études estiment qu’un départ peut coûter à une entreprise entre 6 et 18 mois de salaire, si l’on prend en compte :

  • La perte de productivité.
  • Le temps de recrutement.
  • La phase d’intégration.
  • La perte de connaissances internes.
  • L’impact sur l’équipe restante.

Mais le coût le plus important est souvent ailleurs : le départ aurait pu être anticipé.

Dans beaucoup d’organisations, les signaux existent bien avant la décision de partir.

Simplement, ils ne sont pas toujours visibles ou structurés.

Pourquoi les questionnaires et baromètres ne suffisent plus.

Pour répondre à ces enjeux, beaucoup d’organisations ont déjà mis en place des baromètres internes ou des enquêtes collaborateurs.

Ces outils ont le mérite d’exister et permettent souvent de prendre une première photographie du climat interne.

Cependant, ils présentent aussi plusieurs limites :

  • Ils sont souvent ponctuels (une ou deux fois par an).
  • Ils donnent une vision globale, mais rarement opérationnelle.
  • Les résultats sont parfois difficiles à traduire en actions concrètes.
  • Les équipes peuvent développer une certaine fatigue des questionnaires.

Résultat : les organisations disposent d’indicateurs, mais manquent encore de visibilité sur les causes réelles des problèmes.

Un score d’engagement peut baisser, mais il reste difficile de comprendre précisément :

  • Où agir.
  • Sur quoi agir.
  • Avec quel niveau de priorité.

C’est précisément là que l’approche du diagnostic organisationnel évolue aujourd’hui :

Passer d’une simple mesure du ressenti à une compréhension plus fine des dynamiques internes et des causes opérationnelles.

Anticiper plutôt que subir.

Les organisations les plus performantes ont progressivement changé leur approche.

Au lieu de réagir aux problèmes une fois qu’ils apparaissent, elles cherchent à détecter les signaux faibles en amont.

Par exemple :

  • Une évolution de la perception du travail.
  • Une baisse progressive de l’engagement.
  • Des tensions localisées dans certaines équipes.
  • Un décalage entre les attentes et la réalité du terrain.

Ces informations existent déjà dans l’organisation.

Le défi n’est pas tant de les créer que de les rendre visibles et exploitables.

C’est précisément là que le diagnostic joue un rôle clé.

Le diagnostic : une étape souvent sous-estimée.

Dans le management de projet, on consacre beaucoup de temps à la planification, aux méthodes ou aux outils.

Mais trop rarement à une question simple :

Sur quelles données repose réellement notre décision d’agir ?

Un diagnostic bien construit permet notamment de :

  • Identifier les causes réelles d’un problème.
  • Éviter des actions inutiles ou mal ciblées.
  • Prioriser les sujets qui auront le plus d’impact.
  • Objectiver des situations parfois sensibles.

Il ne s’agit pas seulement de collecter des informations.

Il s’agit de transformer une perception diffuse en compréhension claire.

Et cette étape change souvent complètement la manière dont un projet est mené.

Des outils plus simples pour une meilleure visibilité.

Historiquement, réaliser ce type de diagnostic pouvait être long, coûteux et lourd à mettre en place.

Aujourd’hui, de nouvelles approches permettent d’obtenir rapidement une vision structurée de la situation interne, sans mobiliser des mois de travail.

Grâce à des outils plus simples, des analyses de données et des méthodes adaptées aux organisations, il devient possible de :

  • Identifier rapidement les irritants du quotidien.
  • Détecter les risques organisationnels.
  • Comprendre les causes profondes de certaines difficultés.
  • Prioriser les actions réellement utiles.

Dans beaucoup de cas, quelques jours suffisent pour faire apparaître des éléments qui restaient invisibles auparavant.

Un changement de posture.

Finalement, la question n’est pas tant de savoir quelles actions lancer.

La vraie question est souvent :

Sommes-nous certains de résoudre le bon problème ?

Dans un contexte où les organisations évoluent rapidement, où les attentes des collaborateurs changent et où les talents deviennent plus mobiles, la capacité à comprendre sa propre organisation devient un véritable avantage stratégique.

Les projets les plus efficaces ne sont pas forcément ceux qui déploient le plus d’actions.

Ce sont souvent ceux qui commencent par prendre le temps de comprendre avant d’agir.


À propos des auteurs

Maël Brocker
Nicolas Martin

Maël Brocker et Nicolas Martin sont entrepreneurs et cofondateurs d’une solution dédiée à l’anticipation des départs de talents au sein des organisations.

Ils ont développé un système d’analyse permettant d’identifier les signaux faibles dans les entreprises afin d’aider dirigeants et DRH à mieux comprendre les dynamiques internes, prévenir les départs évitables et renforcer durablement la rétention des talents.

Leur approche vise également à dépasser les limites des questionnaires et baromètres traditionnels, souvent longs à déployer, peu opérationnels et qui ne traitent bien souvent que les symptômes plutôt que les causes profondes des difficultés organisationnelles.

Ils s’entourent également d’un réseau de partenaires, notamment de consultants, afin d’apporter aux organisations des réponses personnalisées et opérationnelles, adaptées à leurs enjeux.