« Capacité ou capabilité : le duo invisible qui décide du sort de votre portefeuille de projets » par Nathalie VIRGILAN

Pourquoi confondre ces deux notions coûte cher aux organisations orientées projet — et comment les faire travailler ensemble.

Une organisation lance sa feuille de route annuelle. Le budget est voté, les effectifs sont au complet, les compétences sont réputées solides. Six mois plus tard, la moitié des projets stratégiques accuse du retard, les équipes s’épuisent et les livrables déçoivent. Sur le papier, pourtant, rien ne manquait.

Ce paradoxe est plus fréquent qu’on ne le pense. Il révèle une confusion aussi discrète que coûteuse : celle entre la capacité et la capabilité. Deux mots proches, deux notions que l’on emploie souvent l’une pour l’autre — et qui, mal distinguées, expliquent une large part des échecs de portefeuille.

Avez-vous déjà vu une organisation disposer de toutes les ressources nécessaires sur le papier, et pourtant échouer à livrer ses projets stratégiques ? Si oui, il y a de fortes chances que le problème ne soit pas un manque de ressources, mais un manque de capabilité.

L’établissement de la feuille de route de projets et la sélection des composantes du portefeuille doivent être alignés sur la capacité de l’organisation à absorber l’exécution de ses projets — d’un point de vue financier, humain et technique — tout en tenant compte de la possibilité d’intégrer des ressources supplémentaires.

Mais cet alignement reste incomplet s’il ignore une seconde dimension, plus difficile à mesurer : la capabilité.

Ce que la capacité mesure : le combien

La capacité renvoie au nombre de ressources disponibles pour exécuter le portefeuille : effectifs, budget, temps, compétences mobilisables. C’est une dimension quantitative — elle répond à la question « combien avons-nous, et de quoi avons-nous besoin ? »

La planification des capacités permet précisément de comprendre les besoins en ressources en comparant les composantes du portefeuille aux capacités disponibles au sein de l’organisation, afin de garantir que celle-ci puisse exécuter avec succès les initiatives métiers identifiées.

Concrètement, cet exercice répond à trois questions :
  1. quels types de ressources sont nécessaires (expertise, compétence, savoir-faire, savoir-être) ;
  2. combien de ressources sont nécessaires ;
  3. à quel moment elles sont nécessaires.

Cet exercice de prévision s’appuie sur plusieurs référentiels : la feuille de route et le plan stratégique de l’organisation d’une part, les données historiques issues du retour d’expérience (retex) des projets antérieurs d’autre part. Il intègre également le profil de risque de l’organisation — attitude face au risque, seuils de tolérance liés aux ressources et aux investissements — qui peut conduire à prévoir des réserves de contingence destinées à absorber des imprévus en cours de cycle.

Selon le PMI Standard for Portfolio Management 4th, la gestion de la capacité s’appuie sur quatre piliers complémentaires : la planification des capacités, la gestion de l’offre et de la demande, le reporting et l’analyse des données, et l’optimisation continue.

Ce que la capabilité mesure : le comment

La capabilité va au-delà de cette dimension quantitative. Elle englobe la qualité d’exécution : la capacité réelle des équipes à mener les projets à bien, au-delà du simple décompte de ressources disponibles. Une organisation peut avoir toutes les ressources requises sur le papier et rester incapable de les transformer en résultats.

Au-delà des compétences individuelles, d’autres capacités organisationnelles doivent être prises en compte pour identifier ce qui contribue réellement au succès de l’exécution du portefeuille. Le principe de l’agilité organisationnelle développé par Claude Emond — reposant sur le savoir-faire, le savoir-être et le savoir-agir ensemble — éclaire bien cette dimension : la capabilité n’est pas la somme des compétences individuelles, elle est la façon dont ces compétences se combinent en action collective.

On le constate régulièrement dans le sport de haut niveau : les meilleurs joueurs, pris individuellement, ne suffisent pas sans un véritable savoir-agir ensemble — cette notion abstraite qui va bien au-delà du simple esprit d’équipe.

Ce parallèle éclaire une réalité de la gestion de portefeuille : deux organisations disposant exactement des mêmes ressources peuvent obtenir des résultats radicalement différents selon leur capabilité à les faire travailler ensemble.

Capacité et capabilité : deux logiques, une même finalité

Dimension Capacité Capabilité
Question posée Combien de ressources ? Comment ces ressources exécutent-elles ?
Nature Quantitative Qualitative
Se mesure par FTE, budget, temps disponible Maturité des compétences, agilité, collaboration
Levier de gestion Planification, allocation, arbitrage Développement des compétences, cohésion, savoir-agir ensemble

 

Pourquoi ces deux notions sont complémentaires

La capacité et la capabilité ne s’opposent pas : elles se conditionnent mutuellement. Une organisation riche en ressources mais pauvre en capabilité produit des projets bien dotés mais mal exécutés. À l’inverse, une organisation dotée d’équipes très compétentes mais en sous-effectif chronique finit par les épuiser — la capabilité ne suffit pas si la capacité fait défaut.

La gestion globale de la capacité de portefeuille, qui repose précisément sur une approche systémique pourrait être articulée autour de quatre piliers :

  • la planification des capacités, qui anticipe les besoins en ressources au regard de la feuille de route ;
  • la gestion de l’offre et de la demande, qui analyse les ressources disponibles et leur allocation aux différentes composantes du portefeuille, afin d’équilibrer l’offre par rapport à la demande, de prendre des décisions d’arbitrage et de classer, prioriser et sélectionner les composantes du portefeuille ;
  • le reporting et l’analyse des données, qui repose sur le suivi continu des ressources — élaboration de baselines, valorisation budgétaire des ressources internes et externes, suivi mensuel des réalisés (actuals) pour identifier les corrections de trajectoire et assurer la traçabilité au service du retour d’expérience ;
  • l’optimisation continue, qui exploite l’analyse des tendances et des modèles récurrents par typologie de projets pour orienter la prise de décision au niveau du portefeuille.

Ces quatre piliers ne portent pas seulement sur le nombre de ressources : ils doivent intégrer, à chaque étape, la question de la capabilité à bien exécuter. C’est cette articulation permanente entre le quantitatif et le qualitatif qui distingue une gestion de capacité mature d’une simple comptabilité de ressources.

Les conséquences d’une confusion mal maîtrisée

Ignorer la distinction entre capacité et capabilité a un coût, rarement visible avant qu’il ne se traduise en retards ou en épuisement des équipes :

  • des retards de livraison des livrables, faute d’avoir anticipé que la disponibilité des ressources ne garantit pas leur performance ;
  • des risques psychosociaux liés à la sous-utilisation ou à la surutilisation des ressources humaines, ou à l’absence d’expertise nécessaire au bon déroulement des projets ;
  • des décisions de recrutement mal calibrées : renforcer la capacité (embaucher, augmenter le budget) alors que le problème réside dans la capabilité (compétences, collaboration, savoir-agir ensemble) ;
  • une mauvaise lecture des indicateurs de portefeuille, qui masque les véritables causes de sous-performance derrière des chiffres de ressources en apparence suffisants.

Dans chacun de ces cas, le symptôme observé — retard, tension, sous-performance — est souvent attribué à un manque de ressources, alors que la cause réelle se situe dans la capacité à les mobiliser efficacement ensemble.

Des exemples concrets

L’équipe techniquement complète qui n’avance pas

Une organisation orientée management par projet dispose du budget et des effectifs nécessaires pour un programme de transformation digitale : la capacité est au rendez-vous. Mais si les équipes n’ont pas développé les compétences collectives — savoir-faire technique, savoir-être collaboratif, savoir-agir ensemble — nécessaires à ce type de programme, l’exécution patine malgré des ressources en apparence suffisantes.

Le parallèle sportif : des talents sans collectif

Comme évoqué plus haut, on le constate régulièrement dans les grandes équipes sportives : réunir les meilleurs joueurs individuellement ne garantit pas la performance collective. C’est le savoir-agir ensemble — cette capabilité difficile à quantifier — qui transforme une addition de talents en une équipe capable de gagner. La gestion de portefeuille de projets obéit à la même logique.

Recommandations pratiques

Pour transformer cette distinction théorique en avantage opérationnel, les organisations orientées portefeuille peuvent agir sur plusieurs leviers :

  • intégrer une évaluation de la capabilité (maturité des compétences, dynamique collective) dans chaque exercice de planification des capacités, et non se limiter à un décompte de ressources ;
  • construire une cartographie des compétences qui dépasse le simple inventaire de profils, pour documenter le savoir-faire, le savoir-être et le savoir-agir ensemble au sein des équipes ;
  • suivre mensuellement les réalisés (actuals) par rapport aux baselines, non seulement en coûts et en délais, mais aussi en qualité d’exécution, pour distinguer un problème de capacité d’un problème de capabilité ;
  • exploiter le retour d’expérience (retex) des projets passés pour identifier les tendances récurrentes par typologie de projet, et orienter les décisions de renforcement — recrutement, formation, ou réorganisation collective ;
  • aligner le profil de risque de l’organisation — attitude face au risque, seuils de tolérance sur les ressources et les investissements — avec les réserves de contingence prévues dans la planification des capacités ;
  • investir dans la dynamique collective des équipes autant que dans leur nombre, en s’inspirant des principes d’agilité organisationnelle qui articulent savoir-faire, savoir-être et savoir-agir ensemble.

Conclusion : compter les ressources ne suffit plus

La gestion de la capacité constitue un levier fondamental pour toute organisation soucieuse d’équilibrer ses activités courantes et ses projets — un enjeu d’autant plus critique pour les structures orientées management par projet. Mais cette gestion reste incomplète si elle s’arrête au comptage des ressources.

La véritable performance stratégique d’un portefeuille se joue à l’intersection de deux questions : avons-nous les ressources nécessaires, et savons-nous les faire agir ensemble ?

Les organisations qui répondent aux deux ne se contentent pas d’exécuter leur feuille de route : elles transforment leur gestion de portefeuille en avantage concurrentiel durable.

Une organisation compte ses ressources. Une organisation performante compte sur elles.

Résumé

Il existe deux notions souvent confondues en gestion de portefeuille de projets : la capacité, dimension quantitative mesurant le nombre de ressources disponibles, et la capabilité, dimension qualitative mesurant l’aptitude réelle des équipes à exécuter avec succès. Il montre que ces deux notions sont complémentaires : la capacité sans capabilité produit des projets bien dotés mais mal exécutés, tandis que la capabilité sans capacité épuise les équipes. À travers les quatre piliers de la gestion de portefeuille — planification, offre/demande, reporting, optimisation continue — Des recommandations concrètes pour articuler ces deux dimensions et transformer la gestion de portefeuille en avantage stratégique sont proposées.

Cinq points clés à retenir

  1. La capacité répond à « combien de ressources », la capabilité répond à « comment ces ressources exécutent ».
  2. La capabilité n’est pas la somme des compétences individuelles : elle réside dans le savoir-agir ensemble.
  3. Une organisation peut avoir toute la capacité nécessaire et échouer faute de capabilité — et inversement s’épuiser si la capabilité existe sans capacité suffisante.
  4. Les quatre piliers de la gestion de portefeuille (planification, offre/demande, reporting, optimisation continue) doivent intégrer les deux dimensions à chaque étape.
  5. Confondre les deux notions conduit à des décisions de recrutement mal calibrées et masque les véritables causes de sous-performance.

Nathalie VIRGILAN

Nathalie VIRGILAN est consultante freelance en management de projets, spécialisée dans les environnements industriels en particulier pharmaceutique. Formée à la croisée de la qualité et du management de projet, elle a développé une expertise alliant maîtrise opérationnelle du terrain et vision stratégique. De la coordination qualité au pilotage de projets internationaux, son parcours lui a permis d’acquérir une solide compréhension des enjeux de transformation, de gouvernance et de performance des organisations. Elle dispose d’un Master en Ingénierie Qualité des Bioproduits, complété par un Mastère Spécialisé en Management par Projets. Passionnée par les enjeux de management de portefeuilles de projets, elle est également auteure d’un livre blanc consacré à la culture projet. Aujourd’hui, elle accompagne les organisations dans la structuration et le pilotage de leurs projets et portefeuilles, avec une ambition : faire du management de projet un véritable levier de performance, d’alignement stratégique et de création de valeur.

Contact : nathalievirgilan3@gmail.com

« Comment l’empathie professionnelle change tout » par Yann Thézénas

Regardez le projet depuis l’autre côté de la table !

Quand je cherche une image pour décrire le type de transformation digitale que j’ai piloté ces dernières années, je pense à un paquebot.

Un paquebot, c’est massif. C’est lent à manœuvrer. Ça ne s’arrête pas du jour au lendemain. Et pourtant, il fallait le rénover de fond en comble — l’écosystème digital, les applications mobiles, la plateforme de contenu — tout en le maintenant à flot. Pendant que l’activité continuait. Pendant que des dizaines de marchés à travers le monde dépendaient de nos plateformes. Et avec une deadline gravée dans le marbre.

Travailler dans une grande organisation internationale avec des processus bien établis, c’est ça : apporter de la flexibilité dans un environnement rigide et procédurier, sans heurter les passagers, sans déstabiliser l’équipage. C’est probablement le défi le plus complexe que j’aie jamais eu à relever.

Et si j’y suis arrivé, c’est en grande partie grâce à une chose : j’avais déjà vu ce type de projet depuis plusieurs points de vue très différents.

Des rôles différents, des façons très différentes de voir un projet

Avant de rejoindre mon poste actuel, j’ai travaillé successivement comme consultant, puis comme collaborateur d’un éditeur de solution SaaS, et enfin comme client.

Trois positions radicalement différentes face au même objet : un projet de transformation digitale.

En tant que consultant, j’ai appris à voir un projet comme une livrable à structurer et à défendre. La valeur se mesure à la rigueur de l’exécution, à la clarté des livrables, à la capacité à tenir ses engagements. C’est un regard exigeant, orienté méthode et résultat.

En tant que prestataire logiciel, j’ai découvert l’envers du décor. J’ai compris ce que représente concrètement une demande client « simple » côté prestataire. J’ai vécu la pression des roadmaps, les contraintes techniques non négociables, les arbitrages commerciaux. Ce regard m’a appris à distinguer ce qui relève d’une vraie limite de ce qui est un manque de priorisation.

En tant que client, j’ai dû apprendre à décider, à arbitrer, à aligner — parfois contre l’avis de parties prenantes influentes. C’est le regard le plus difficile, parce qu’il implique de porter la responsabilité du résultat final.

Ce que j’ai compris avec le temps, c’est que ces visions ne sont pas seulement des expériences de carrière. Ce sont des grilles de lecture que j’active encore aujourd’hui, selon l’interlocuteur en face de moi.

L’empathie professionnelle — la capacité à se mettre dans les chaussures de l’autre — s’apprend et se cultive. Et c’est elle qui, souvent, débloque les situations les plus complexes.

L’adhésion stakeholder : le vrai chantier

Dans un projet de transformation de grande envergure, le vrai risque n’est presque jamais technique. Il est humain.

Dans une grande organisation, chaque direction métier a ses priorités, son territoire, ses indicateurs de succès. Les attentes sont souvent légitimes, mais contradictoires entre elles. Et dans un environnement avec des processus établis de longue date, la résistance au changement ne se manifeste pas toujours de façon frontale. Elle s’exprime dans les délais qui s’allongent, les validations qui tardent, les questions qui reviennent en boucle.

C’est là que l’empathie professionnelle change tout.

Comprendre un stakeholder, ce n’est pas seulement parler sa langue. C’est comprendre ce dont il a besoin selon son rôle dans le projet — et lui servir exactement ça. Un prestataire a besoin de clarté sur le scope et de stabilité dans les décisions. Une direction métier a besoin de visibilité et de se sentir entendue. Une équipe technique a besoin de confiance et d’espace pour travailler. Chacun a ses attentes légitimes, et le chef de projet qui les comprend vraiment peut adapter son approche pour débloquer les situations là où les autres buttent.

Ce n’est pas de la manipulation. C’est simplement se mettre dans les chaussures de l’autre — et répondre à ce dont il a vraiment besoin.

Aligner des stakeholders ne signifie pas les convaincre que vous avez raison. Cela signifie comprendre ce dont ils ont besoin selon leur rôle — et leur servir exactement ça.

Apporter de la flexibilité sans casser la machine

Une grande organisation n’est pas rigide par mauvaise volonté. Elle l’est par nécessité : coordonner de nombreuses entités, des fuseaux horaires, des cultures, des réglementations différentes demande des processus. Ces processus existent pour une bonne raison.

Le piège serait de vouloir tout bousculer au nom de l’agilité. J’ai fait le choix inverse : comprendre d’abord la logique de ces processus, identifier où ils créaient de la friction inutile, et proposer des ajustements ciblés plutôt qu’une révolution.

Concrètement, cela s’est traduit par quelques principes simples :

Cadrer avant d’itérer. Avec un budget contraint et une deadline fixe, l’agilité pure n’est pas toujours une option. Une approche hybride — structuration rigoureuse des phases amont, puis exécution itérative — permet de garder le cap sans sacrifier la flexibilité. L’Agile comme boîte à outils, pas comme idéologie.

Communiquer avant qu’on ne pose la question. Dans une organisation procédurière, l’information circule mal et les rumeurs vite. Informer régulièrement les parties prenantes — même quand il n’y a pas grand-chose à dire — maintient la confiance et prévient les blocages.

Choisir ses batailles. Certains processus ne valent pas la peine d’être challengés. D’autres sont de vrais freins à la livraison. Savoir faire la différence — et concentrer son énergie sur ce qui compte vraiment — c’est ce qui permet de tenir dans la durée.

Ce qu’on peut en retenir

Rénover un paquebot en pleine mer, c’est possible. Mais ça demande autre chose que de la méthode. Ça demande de comprendre chaque membre de l’équipage — ses contraintes, ses attentes, ce dont il a besoin pour avancer — et d’y répondre de façon adaptée.

On n’a pas tous eu l’occasion de travailler des deux côtés de la table. Mais on peut tous développer cette empathie professionnelle : en posant les bonnes questions, en écoutant vraiment, en cherchant à comprendre le rôle de chaque interlocuteur dans le projet avant de chercher à le convaincre.

Si je devais en tirer une leçon universelle : avant de penser méthode, pensez à ce dont vos stakeholders ont besoin selon leur position dans le projet. C’est cette compréhension-là qui, au final, fait la différence entre un projet livré et un projet abandonné.

Le meilleur chef de projet n’est pas celui qui maîtrise le mieux sa méthode. C’est celui qui comprend le mieux ce dont les gens autour de lui ont besoin.


Yann Thézénas

Yann Thézénas

Senior Digital Projects Expert, secteur du sport international

Originaire de Guadeloupe, j’ai bâti ma carrière en changeant régulièrement d’environnement — du conseil au SaaS, de la logistique au sport international. J’ai occupé successivement les rôles de consultant, de collaborateur côté éditeur, puis de client, ce qui m’a donné une vision à 360° des projets de transformation digitale. Je pilote depuis plusieurs années la modernisation d’un écosystème digital global dans le secteur du sport international, avec des projets menés à l’échelle mondiale et des équipes réparties sur plusieurs continents.

Notre partenaire Lefebvre Dalloz Compétences propose des formations pour mieux manager et piloter tous les changements.

Le meilleur moment selon moi pour se fixer des objectifs n’est pas le 1er Janvier mais la rentrée de Septembre.

Alors, vos objectifs sont-ils prêts ?

Si vous voulez atteindre vos objectifs, commencez à considérer sérieusement votre plan de croissance en cette nouvelle rentrée. La question des objectifs n’est pas seulement ce que vous voulez accomplir, c’est ce qui va vous permettre de les atteindre.

Ne vous fiez pas uniquement à vos bonnes intentions, développez les capacités et compétences qui rendent votre réussite inévitable.

Quelques conseils et astuces pratiques.

  1. Définissez un résultat clair que vous souhaitez atteindre dans les 90 prochains jours.
  2. Décomposez cet objectif en compétences nécessaires pour atteindre cet objectif.
  3. Identifiez là où vous avez besoin de plus de clarté, de confiance ou d’expertise.
  4. Choisissez un domaine sur lequel vous concentrer, ne vous dispersez pas.
  5. Engagez-vous à un apprentissage régulier qui soutient votre objectif.
  6. Suivez vos progrès en fonction de l’impact de votre travail, pas seulement de l’intensité de vos activités.

Votre progrès se construit pas à pas grâce à votre travail, votre réussite n’apparaît pas un jour par hasard ni par chance.

Chaque objectif que vous vous fixez est une opportunité de devenir un meilleur professionnel capable de l’atteindre.

La différence entre planification et progrès réside dans l’action.

Commencez à développer les compétences qui transformeront vos objectifs en résultats concrets.

« Structurer sa création de contenu avec l’IA : le copilote que les indépendants n’attendaient plus » par Aurélie Maunie

Retour d’expérience terrain sur l’IA comme outil de structuration, pas de remplacement.

Le jour où j’ai compris que je construisais sans fondations

Pendant 25 ans, j’ai vendu. Du terrain, du face-à-face, du concret. Puis à 45 ans, le Premier virage avec une reconversion dans l’informatique, BAC pro en poche. Licenciement économique, trois ans plus tard. Deuxième virage : la formation professionnelle d’adultes. Diplômée à 48 ans.

Me voilà dans un monde où tout passe par le contenu en ligne. LinkedIn, newsletters, posts, vidéos. Et moi, je débarque avec 25 ans de vente terrain et zéro système éditorial.

Mon premier réflexe a été celui de beaucoup d’indépendants : construire à vue. Un post quand l’inspiration vient, un silence quand elle ne vient pas. C’est comme monter un mur sans plan : on pose des briques au hasard, ça tient un moment, puis ça s’effondre.

Le problème n’était pas le manque d’idées. C’était le manque de fondations.

L’IA n’est pas un rédacteur. C’est un architecte.

Quand j’ai commencé à utiliser l’IA, je suis tombée dans le piège classique : lui demander d’écrire à ma place. Le résultat ? Propre, fluide, et creux. Du contenu hors-sol. Ça ne me ressemblait pas. Ça ne ressemblait à personne.

Le déclic est venu quand j’ai changé de posture. J’ai arrêté de lui demander de produire. Je lui ai demandé de structurer. De poser l’ossature des plans avant de monter les murs.

Concrètement, l’IA m’aide à couler les fondations : organiser mes idées en une ligne éditoriale cohérente. Elle m’aide à dresser la charpente : transformer un sujet vague en un squelette de publication avec une accroche, un développement et un appel à l’action. Elle vérifie que chaque contenu s’inscrit dans un plan d’ensemble, pas dans un empilement d’efforts isolés. Et elle m’aide à tenir le rythme de chantier sans que la production de contenu devienne un second métier.

L’IA ne décide rien. C’est moi qui dessine le plan. Elle m’aide à le bâtir. Elle organise mes idées.

Ce que je vois sur le terrain

J’accompagne des consultants, des coachs, des formateurs. Des profils entre 30 et 60 ans, souvent brillants dans leur domaine, mais qui perdent un temps fou sur la visibilité.

Trois chantiers ratés reviennent systématiquement.

1. Construire sans plan. Une de mes clientes, consultante Qualiopi, avait des dizaines de sujets en tête mais aucune méthode pour les prioriser. Résultat : elle passait ses dimanches soir à chercher quoi publier le lundi. En une session de travail avec l’IA, on a posé les fondations : ses piliers d’expertise, une architecture de contenu sur quatre semaines, chaque idée déclinée en accroche, développement et conclusion. L’IA n’a pas écrit ses posts. Elle a dessiné le plan.

2. Poser des briques qui ne mènent nulle part. Un coach en reconversion publiait régulièrement, bon engagement, mais zéro prospect. Ses posts étaient de belles briques posées dans le vide, sans mur porteur derrière. En utilisant l’IA pour cartographier son tunnel (contenu de découverte, contenu de confiance, contenu de conversion), chaque publication est devenue une marche vers un objectif. En six semaines, ses premiers rendez-vous qualifiés sont arrivés.

3. Avoir peur que la maison ne ressemble à rien. C’est la crainte la plus répandue : « Si j’utilise l’IA, ça ne sera plus moi. » Comme si on confiait les clés de sa maison à un inconnu. Une formatrice refusait tout outil d’aide à la rédaction pour cette raison. Le jour où je lui ai montré comment configurer l’IA pour qu’elle respecte son vocabulaire, ses valeurs, son rythme de phrases, elle a relu le premier brouillon et m’a dit : « C’est exactement ce que j’aurais écrit, en deux fois moins de temps. » L’IA n’avait pas remplacé sa voix. Elle avait servi de miroir structurant, pas de fantôme rédacteur.

La vraie question, c’est « qui tient le plan ? »

Les indépendants que j’accompagne ne se demandent plus si l’IA est utile. La question qui les bloque, c’est : « Comment garder la main ? »

C’est une question de gestion de projet. Ni plus, ni moins.

Intégrer l’IA dans sa production de contenu, c’est un chantier. Il faut définir le périmètre (qu’est-ce que l’IA fait, qu’est-ce que je fais). Poser les critères de qualité (mon ton, mes valeurs, mon vocabulaire). Planifier un rythme soutenable, parce que deux publications par semaine pendant un an battront toujours cinq posts par semaine pendant un mois. Et mesurer les résultats : est-ce que mon contenu atteint les bonnes personnes et génère les bonnes conversations ?

Ce cadrage de projet, c’est le ciment qui manque. La plupart des indépendants ont l’outil. Ils n’ont pas le mode d’emploi chantier.

Ce que 25 ans de vente m’ont appris sur l’IA

Mon parcours cabossé m’a donné un avantage inattendu. La vente terrain m’a appris trois choses qui se transposent directement.

#1 – Écouter le terrain avant de sortir les outils. Avant de demander quoi que ce soit à l’IA, il faut avoir écouté son marché, identifié les vrais problèmes de ses clients, clarifié son positionnement. L’IA amplifie ce qu’on lui donne. Du flou en entrée, du flou en sortie. On ne pose pas de carrelage avant d’avoir vérifié que la dalle est droite.

#2 – Le système bat l’improvisation. Toujours. En vente, les meilleurs résultats viennent d’un processus répété et affiné, pas d’un coup d’éclat. La création de contenu fonctionne pareil. Un système éditorial simple, tenu dans la durée, produit plus qu’un effort intense mais irrégulier. C’est la régularité du chantier qui fait la maison, pas la vitesse.

#3 – L’humain reste le maître d’ouvrage. En vente, on n’a jamais vendu un produit. On a résolu un problème humain. Le contenu, c’est pareil. L’IA peut structurer, accélérer, organiser. Mais le vécu, l’empathie, la compréhension de ce que traverse votre client, ça ne se sous-traite pas. L’humain décide. L’IA exécute.

En résumé

L’IA ne remplace pas l’expertise d’un indépendant. Elle lui donne une structure pour la rendre visible, régulière et stratégique. Le vrai projet n’est pas d’adopter l’IA. C’est de dessiner le plan dans lequel elle travaille pour vous, sans jamais parler à votre place.

Pour les managers de projets qui lisent ces lignes : vous avez déjà les compétences pour cela. Cadrer un périmètre, gérer des ressources, piloter un livrable, c’est votre quotidien. Appliquez-le à votre contenu, et l’IA deviendra votre meilleur allié opérationnel.


À propos de l’auteure

Aurélie Maunie

Aurélie Maunie est la fondatrice de LudoMaIA. Après 25 ans dans la vente et le management commercial, elle se reconvertit à 45 ans dans l’informatique et obtient son BAC pro. Après un énième rebondissement suite à un licenciement économique trois ans après, elle obtient son diplôme de Formatrice Professionnelle d’Adultes à 48 ans. Aujourd’hui, elle accompagne les entrepreneurs indépendants à structurer leur création de contenu LinkedIn avec l’IA comme copilote, en respectant l’ADN de chacun. Sa conviction : l’humain décide, l’IA exécute.

LinkedIn : linkedin.com/in/aurelie-maunie-ludomaia

Newsletter : https://www.linkedin.com/newsletters/coulisses-ia-loi-terrain-7480976075884421120/

Contact : mailto:ludomaia41400@gmail.com

« Un projet n’avance pas seulement avec un planning : il avance avec une histoire » par Adewale Ojomo

Un projet peut disposer d’un budget approuvé, d’un calendrier détaillé, d’une gouvernance claire et d’une équipe compétente, tout en peinant à avancer.

Le problème n’est pas toujours dans le plan. Il tient parfois à la manière dont le projet est compris.

Les membres de l’équipe connaissent leurs tâches, mais ne voient pas nécessairement ce qui les relie. Les dirigeants reçoivent des rapports, mais ne perçoivent pas toujours les décisions qui exigent leur attention. Les parties prenantes entendent parler de jalons, de risques et de livrables, sans comprendre ce que le projet changera concrètement pour elles.

C’est précisément là que le storytelling devient une compétence de management de projet.

Il ne s’agit ni d’embellir la réalité ni de transformer chaque réunion en un discours inspirant. Il s’agit de donner une structure, un sens et une direction aux informations que nous communiquons.

J’ai appris cette leçon dans des environnements très différents, notamment en pilotant des initiatives de repositionnement de marque au sein de Greenpeg Group, puis en travaillant sur la communication commerciale et institutionnelle de TEHC et du projet Louisville Eko Atlantic. Dans les deux cas, le défi ne consistait pas uniquement à produire des supports de communication. Il fallait réunir des équipes, des dirigeants, des partenaires techniques, des institutions financières et des clients autour d’une compréhension commune du projet.

Voici quatre façons concrètes d’intégrer le storytelling au management quotidien d’un projet.

1. Commencer le projet par le « pourquoi maintenant ».

De nombreuses réunions de lancement commencent par le périmètre, les délais, les responsabilités et les outils de suivi. Ces éléments sont indispensables, mais ils ne répondent pas à la première question que se posent souvent les participants :

Pourquoi ce projet mérite-t-il notre attention maintenant ?

Chez Greenpeg Group, j’ai participé à un projet de repositionnement impliquant plusieurs entités, notamment Greenpeg Nigeria, Plymot et Greenpeg Academy. Le défi initial était visible : les messages étaient fragmentés, la notoriété ne reflétait pas la profondeur de l’expertise du groupe et certaines parties prenantes restaient sceptiques quant à l’utilité d’investir davantage dans la communication numérique et les relations publiques.

Nous aurions pu présenter le projet comme une simple refonte de marque. Cela aurait immédiatement réduit sa portée.

L’histoire que nous devions raconter était plus importante : nous avions un groupe doté d’une véritable expertise technique, mais dont l’image extérieure ne reflétait pas suffisamment sa valeur, son ambition et sa capacité d’exécution. Le projet ne consistait donc pas à « faire du marketing ». Il devait réduire l’écart entre ce que l’entreprise était devenue et la manière dont le marché la percevait.

Cette formulation a facilité l’alignement entre les équipes commerciales, techniques, dirigeantes et marketing.

Pour construire le récit d’un lancement de projet, le chef de projet peut répondre à quatre questions simples :

  1. Quelle est la situation actuelle ?
  2. Quelle tension ou quel problème devons-nous résoudre ?
  3. À quoi ressemblera la situation une fois le projet réussi ?
  4. Quel rôle chaque équipe jouera-t-elle dans cette évolution ?

Un bon lancement ne se limite pas à la répartition des tâches. Il aide chacun à comprendre la transformation collective à laquelle il contribue.

2. Conserver une histoire centrale, mais l’adapter à chaque partie prenante.

Toutes les parties prenantes ne regardent pas le même projet de la même manière.

Un dirigeant cherchera à comprendre l’impact stratégique. Une équipe financière s’intéressera au coût, au rendement et aux risques. Un ingénieur voudra connaître les exigences techniques. Un client cherchera de la visibilité, de la confiance et des réponses concrètes quant au résultat final.

Chez TEHC, cette réalité est particulièrement marquée. Louisville Eko Atlantic est un projet immobilier mixte de grande envergure, qui s’articule autour de la construction, du financement, de l’habitat, de l’hôtellerie, du commerce, du sport et de l’expérience client. Sa première phase résidentielle bénéficie notamment d’un financement de 40 millions de dollars accordé par FCMB, dans le cadre d’un développement global évalué à plus de 350 millions de dollars.

Il serait difficile, voire contre-productif, de communiquer ce projet de la même manière à une banque, à un souscripteur, à un ingénieur ou à un membre du conseil d’administration.

Pour autant, le récit central doit rester stable : quelle vision poursuivons-nous, quel problème résolvons-nous et quelle valeur voulons-nous créer ?

Lors des visites organisées pour les souscripteurs, par exemple, il ne suffisait pas de leur montrer des ouvrages en construction. Il fallait relier les fondations, les dalles, les niveaux et les différentes composantes du site à la promesse du projet. Les présentations sur la vision de Louisville, suivies de visites guidées, ont permis aux participants de mieux comprendre ce qui était en cours de construction et de renforcer leur confiance dans leurs futurs logements.

Le chef de projet peut utiliser une structure simple pour adapter sa communication :

  1. Ce qui se passe.
  2. Pourquoi cela compte pour cette partie prenante.
  3. Ce que les faits permettent d’affirmer.
  4. Ce que nous attendons maintenant d’elle.

Adapter un récit ne signifie pas changer la vérité. Cela signifie rendre la vérité pertinente pour la personne qui doit la comprendre, prendre une décision ou agir.

3. Transformer les rapports d’avancement en récits de décision

Les rapports de projet deviennent rapidement des inventaires d’activités :

  • travaux réalisés ;
  • réunions organisées ;
  • tâches en cours ;
  • pourcentages d’avancement ;
  • problèmes identifiés.

Ces informations sont utiles, mais elles ne constituent pas encore une communication efficace.

Un bon rapport doit permettre au lecteur de comprendre la trajectoire du projet.

Il doit montrer où nous voulions aller, où nous en sommes, ce qui a changé et ce que cette évolution implique.

Dans les communications de projet que je supervise chez TEHC, nous essayons de ne pas nous limiter à annoncer que le niveau structurel est achevé ou qu’une activité accuse quelques jours de retard. Nous cherchons également à expliquer l’effet de cette progression sur le calendrier, les mesures de rattrapage envisagées et les décisions nécessaires.

Une mise à jour utile peut suivre cette séquence :

  • Notre objectif initial
  • La situation actuelle
  • L’écart observé
  • La cause principale
  • La conséquence sur le projet
  • La décision ou l’action requise

Cette structure empêche deux erreurs fréquentes : noyer les décideurs sous les détails ou leur présenter une version du projet artificiellement rassurante.

Le storytelling n’est pas l’art de cacher les mauvaises nouvelles. C’est l’art de les replacer dans un contexte qui permet de décider avec lucidité.

4. Utiliser le récit pour désamorcer les conflits

Dans un projet, les conflits ne portent pas toujours uniquement sur les faits. Ils naissent souvent de récits concurrents.

L’équipe technique peut penser que l’équipe commerciale promet trop. L’équipe commerciale peut penser que les ingénieurs communiquent trop peu. La direction peut considérer que le projet avance trop lentement, tandis que l’équipe opérationnelle estime que les attentes ne tiennent pas compte des contraintes réelles.

Chaque groupe possède sa propre interprétation de la situation.

Le rôle du chef de projet n’est pas de déterminer immédiatement qui raconte la « bonne » histoire. Il doit d’abord écouter ce que chaque partie cherche de protéger : la qualité, le délai, la réputation, le budget, la sécurité ou la relation client.

Une méthode que je trouve particulièrement utile consiste à structurer la conversation autour de quatre éléments :

  1. Les faits sur lesquels tout le monde peut s’accorder.
  2. Les inquiétudes propres à chaque partie.
  3. L’objectif commun que personne ne souhaite compromettre.
  4. Le prochain chapitre que les équipes doivent écrire ensemble.

Cette approche déplace la discussion de la recherche d’un responsable vers la construction d’une solution.

Elle rappelle aussi une limite essentielle : dans le management de projet, le storytelling ne doit jamais devenir de la manipulation. Un récit crédible reconnaît les tensions, les incertitudes et les erreurs. Il ne crée pas d’illusion de contrôle.

Donner du sens pour faciliter l’action

Le storytelling ne remplace ni le planning, ni la gouvernance, ni la gestion des risques, ni les indicateurs de performance. Il leur donne une cohérence humaine.

Un diagramme de Gantt peut montrer la séquence des activités. Il ne peut pas, à lui seul, expliquer pourquoi ces activités comptent. Un tableau de bord peut signaler un retard. Il ne peut pas toujours faire comprendre les choix qui permettront de le résorber. Une matrice RACI peut préciser les responsabilités. Elle ne garantit pas que chacun se sente réellement engagé dans la réussite du projet.

Les meilleurs chefs de projet que j’ai rencontrés savent faire plus que simplement coordonner. Ils savent traduire.

Ils traduisent la stratégie en actions, la complexité technique en compréhension, les données en décisions et l’ambition en une vision que les équipes peuvent se reconnaître.

Lorsqu’un projet possède une histoire claire, les personnes ne voient plus seulement une liste de livrables. Elles comprennent le chemin parcouru, les obstacles à franchir et le rôle qu’elles doivent jouer par la suite.

Et lorsqu’une équipe comprend l’histoire qu’elle est en train d’écrire, elle est généralement mieux préparée à la mener jusqu’au terme.


À propos de l’auteur

Adewale Ojomo est un leader reconnu en stratégie de marque, marketing et communication, doté d’une expérience du pilotage d’équipes transversales et de la transformation d’idées complexes en récits clairs et mobilisateurs. Champion du développement durable et innovateur technologique, il travaille à l’intersection de la stratégie, de l’immobilier, des médias, de la technologie et de la communication institutionnelle. Conteur passionné, il considère le storytelling comme un véritable outil de leadership, d’alignement et de construction de la confiance.

La Gouvernance de l’Invisible à l’ère de l’IA par Arthur Guetse

La Gouvernance de l’Invisible à l’ère de l’IA : Pourquoi l’intelligence artificielle a besoin d’un architecte des systèmes humains pour piloter les projets complexes

Dans la course effrénée à l’automatisation et à l’intelligence artificielle, les entreprises et les maîtres d’ouvrage commettent souvent une erreur fondamentale : ils pensent qu’ajouter de la puissance technologique ou des tableaux de bord automatisés suffit à garantir la performance. C’est l’illusion du matériel brut.

​En ingénierie des réseaux, vous pouvez acquérir les serveurs les plus performants, déployer les câbles de fibre optique les plus rapides et multiplier les équipements de dernière génération ; si les protocoles de communication ne sont pas rigoureusement configurés, si les pare-feu de sécurité ne sont pas en place et si un administrateur expert ne pilote pas les flux, votre réseau s’effondre à la moindre surcharge, s’expose aux pires failles et finit par s’asphyxier.

​Sur le terrain des grands projets complexes et des environnements industriels, c’est exactement la même chose. L’IA et l’automatisation sont de formidables accélérateurs d’exécution, mais sans Gouvernance de l’Invisible, elles ne font qu’industrialiser le chaos.

​1. Le piège de l’infrastructure : Avoir les meilleurs équipements sans les protocoles.

​Lorsque l’on déploie des outils de pointe ou des budgets colossaux dans un grand projet, on introduit une vitesse et un volume de données inédits. C’est la puissance de calcul brute (le hardware).

​Pourtant, sur le terrain, de nombreux programmes structurants continuent de s’effondrer. Pourquoi ? Parce que les outils numériques génèrent des rapports, mais ils ne gèrent pas les jeux d’influence, les non-dits politiques et les défaillances comportementales.

​En architecture réseau, un nœud mal configuré crée instantanément un goulot d’étranglement qui paralyse tout le flux. Dans l’organisation, le manque d’intégrité et de protocoles relationnels sains produit le même effet : une latence et une corruption systémique chronique.

​2. L’illusion de l’autonomie algorithmique et le rôle du grand contrôleur.

​Vouloir confier le pilotage global d’une structure à des outils automatisés en évacuant la gouvernance humaine est une aberration. L’algorithme calcule, prédit et exécute, mais il n’a ni éthique, ni conscience, ni capacité à briser les réseaux d’opacité.

​Un réseau informatique ne s’auto-administre pas sans des passerelles de sécurité strictes et un administrateur pour définir les règles de routage. De même, l’organisation a besoin d’un pare-feu souverain face à la technophilie aveugle ou aux dérives de gestion.

L’humain doit impérativement rester le grand contrôleur et l’architecte de ce système vivant.

​3. Étude de cas réel : Le gouffre de la route nationale et l’art du compromis stratégique.

​Prenons un cas concret et critique de projet d’infrastructure : la construction d’une route nationale reliant deux métropoles, dotée d’un budget de 400 milliards.

  • Le constat de terrain : Le projet accuse une consommation budgétaire massive de 87 % (pour 12 échéances sur 14 engagées), alors que l’avancement physique réel des travaux stagne à 37 %. Les acteurs en présence réclament de nouveaux fonds pour terminer, prisonniers d’intérêts croisés, de réseaux opaques et de cahiers des charges non honorés.
  • La posture de médiation du manager catalyseur : Face à un tel blocage, l’architecte des systèmes humains ne joue pas les donneurs de leçons. Il ne nie ni les faits, ni les réclamations des différentes parties prenantes. Il descend dans l’arène de l’invisible pour cartographier la réalité : Qui tire les ficelles ? Quels sont les intérêts inavoués ? Quelles sont les revendications légitimes ou cachées de chacun ?
  • Le levier du compromis et de la co-construction : Son rôle n’est pas de tout bloquer par dogmatisme, mais d’instaurer une médiation active. Il sait que pour faire avancer le chantier, il faut accepter des compromis structurés afin que chaque partie trouve son compte dans l’atteinte de l’objectif final. Il aligne les intérêts particuliers sur la vision commune : si le projet échoue, tout le monde perd ; s’il aboutit par des compensations intelligentes et des règles de gouvernance assainies, la valeur est partagée et l’infrastructure voit le jour.

​Pour piloter cette transition sans tout briser, il s’appuie sur des indicateurs précis :

  • La mesure par l’Indice du Climat Social (ICS) : L’ICS devient le thermomètre de la transformation. Il permet de reconnaître et de valider que les efforts déployés servent le bien collectif, rassurant les équipes et les partenaires sur le fait que le changement est profitable à tous.
  • Le mariage de la technologie et de l’humain : En associant les outils de suivi modernes à cette gouvernance relationnelle, il s’assure que chaque acteur devient témoin et artisan d’une performance enfin concrète.

​Conclusion : Quand l’IA, l’humain et la gouvernance font corps pour la performance durable.

​L’avènement de la technologie et de l’IA ne signe pas le remplacement du management ; il exige au contraire de purifier l’organisation pour faire émerger ce manager catalyseur.

​En combinant la puissance d’exécution technologique et la maîtrise de « La gouvernance de l’Invisible», l’entreprise ou l’État ne subit plus la complexité : il la négocie, l’organise et la maîtrise. Tout comme un réseau informatique nécessite des protocoles stricts au-delà de ses équipements, la performance durable d’une organisation repose sur l’humain — qui, par la médiation, le compromis et la force d’une vision partagée, garantit que la technique sert l’intérêt général.


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Pourquoi la « Gouvernance de l’Invisible » est le KPI ultime de vos projets par Arthur GUETSE


Arthur GUETSE

Strategy & Growth Manager | Expert en redressement organisationnel et pilotage de projets complexes.

Spécialiste de « la gouvernance de l’invisible » et fondateur de l’écosystème SANS SOUCIS (+1 400 leaders).

Je fédère les énergies pour transformer la complexité organisationnelle en leviers de performance et piloter en toute sérénité la réussite de vos projets complexes.

​Prêt à relever vos défis stratégiques ?

Écrivez-moi en clarifiant vos enjeux pour réserver votre consultation de diagnostic initial. contact@sans-soucis-consulting.com

Le visage dangereux de la prudence…

Le principal danger dans la vie est que vous preniez trop de précautions. attribué à Alfred Adler

The Dangerous Face of Caution par Dan Rockwell

La prudence évalue les risques. Regardez bien des deux côtés avant de traverser la route. La prudence excessive ne quitte jamais le trottoir.

La prudence prépare. Une prudence excessive exige la perfection.

Le courage agit avec des informations incomplètes. La prudence excessive exige la certitude.

Une prudence excessive conduit à :

  • Des occasions manquées. Pendant que vous vous préparez, ceux qui ont du courage agissent.
  • Croissance retardée. Les zones de confort sont des pierres tombales.
  • Des équipes frustrées. Les gens perdent confiance en eux quand les leaders s’obsèdent sur les craintes.
  • Influence diminuée. Les suiveurs font confiance aux leaders qui agissent de manière responsable. Pas aux leaders qui évaluent sans fin.

Incertitude

Les plus grandes opportunités sont enveloppées d’incertitude.

L’innovation sans risque améliore le présent.

Le changement rencontre de la résistance.

Le courage exige de la vulnérabilité.

Choisissez le courage plutôt que l’autoprotection

Le leadership c’est agir en présence d’incertitude. Atteindre l’étape suivante suffit à progresser.

#1. Cessez de chercher de la sécurité.

Le but du leadership n’est pas d’éviter la défaite.

La prudence excessive est une protection de soi.

  • « Et si j’échoue ? »
  • « Et si les gens me critiquent ? »
  • « Et si j’ai l’air ridicule ? »

Essayez-vous de réussir ou d’éviter l’échec ?

#2. Acceptez l’imperfection.

Agissez avant d’être prêt.

Arrêtez d’attendre la certitude, la confiance et de meilleures conditions.

La peur de l’imperfection est surmontée par la participation.

L’engagement génère de la croissance.

#3. Mettez l’accent sur la contribution.

Privilégiez la contribution au confort.

« Comment suis-je ? » mène à l’autoprotection.

« Comment puis-je aider ? » inspire le courage.

Le service détourne l’attention de l’autoprotection.

#4. Agissez « Comme si ».

La peur se fait passer pour une protection.

  • Si vous n’essayez jamais, vous ne pouvez pas échouer.
  • Si vous ne postulez jamais, vous ne pouvez pas être refusé.
  • Si vous ne parlez jamais, vous ne pouvez pas être critiqué.

Si vous aviez déjà du courage, que feriez-vous ?

Faites-le.

L’action engendre la confiance.

Faites confiance à votre capacité à vous élever.

Quelle idée dans ce billet vous parle-t-elle le plus ?

Retours d’expérience sur DantotsuPM – Les 3 billets les plus appréciés du premier semestre 2026.

Voici les 3 retours d’expérience les plus appréciés du premier semestre 2026.

Le management de projet gère l’exécution, mais qui gouverne la décision ? par Walter Afonso Filho

Comment mettre en place une structure de management de projet pour de petites équipes ?

« Faites le pont entre les flux de travail cliniques et la prestation Agile » par Sohail Bashir Chughtai

Partenaire de DantotsuPM, visitez le site pour toutes les formations certifiantes proposées. En particuliers celles sur Prince2 et AgilePM.

L’empathie des instructions

Comment aider quelqu’un qui ne sait pas à apprendre ?

The empathy of instructions par Seth Godin

https://seths.blog/2026/01/the-empathy-of-instructions/

Il est difficile d’écrire des instructions.

Une interface utilisateur, une carte ou une recette nécessitent tous de l’empathie.

C’est parce que la personne qui l’écrit sait quelque chose que le lecteur ignore. En fait, c’est la seule raison de le faire.

Mais parce que des instructions existent pour combler cet écart, nous bénéficions de la compréhension et de la focalisation sur cet écart. Les instructions ne sont pas là pour vous rappeler  comment faire quelque chose. Elles servent à aider quelqu’un qui ne sait pas, à apprendre.

Voici une façon utile de commencer :

Supposez moins.

Oui, la personne qui lit votre recette sait ce qu’est un couteau, mais sait-elle que vous gardez votre moutarde dans le meuble à provisions, pas dans le réfrigérateur ?

Listez toutes les étapes que vous pouvez imaginer, puis listez en d’autres.

Une fois les instructions trop détaillées, étape par étape, existent, commencez à en retirer.

L’interface de votre plaque à induction ne souffre probablement pas d’avoir des pictogrammes si obscurs qu’ils deviennent inutiles, mais elle n’a pas non plus besoin que toutes les étapes pour faire bouillir de l’eau y soient écrites en lettres majuscules.

D’après mon expérience en lecture des instructions, il est plus facile pour l’utilisateur de se passer d’étapes trop détaillées que d’essayer de deviner ce que la personne qui a rédigé les instructions avait en tête.

Notre partenaire Lefebvre Dalloz Compétences propose des formations pour mieux manager et piloter tous les changements.

La géographie de l’état d’esprit collectif.

L’état d’esprit collectif, c’est l’eau que le poisson ne remarque pas mais sans laquelle il ne peut vivre.

The Geography of the Collective Mindset par Bob Marshall

https://flowchainsensei.wordpress.com/2026/07/01/the-geography-of-the-collective-mindset/

Nous parlons beaucoup ici de la mentalité collective : l’ensemble d’hypothèses (partagé, en grande partie de manière tacite) qu’une organisation a sur la manière dont le travail devrait fonctionner.

C’est l’eau que le poisson ne remarque pas. Et l’une des vérités les plus inconfortables à propos de cette eau est qu’une grande partie de sa chimie est versée bien avant que quiconque ne rejoigne l’organisation. Elle arrive avec les gens. Elle arrive sous forme de culture nationale, et la culture nationale a une géographie.

Geert Hofstede a passé des décennies à en dessiner la carte. Travaillant à l’origine avec des données d’enquête auprès d’employés d’IBM dans environ soixante-dix pays, il a proposé que les cultures nationales diffèrent selon quelques dimensions mesurables – des coordonnées, si l’on veut, selon lesquelles la culture d’un pays peut être située à peu près.

La carte est rudimentaire, l’enquête a ses critiques (nous en reparlerons plus bas), et pourtant elle reste l’un des graphiques les plus utiles que nous ayons pour remarquer pourquoi une pratique qui fonctionne parfaitement dans une partie du monde se bloque dans une autre.

Je souhaite parcourir quatre régions de cette carte – la Chine, l’Europe continentale, la Scandinavie et les États-Unis – et me demander ce que le terrain de chacune implique pour l’état d’esprit collectif sur le lieu de travail. Pas pour écraser qui que ce soit par des stéréotypes, mais pour retracer le mensonge du pays qui passe si souvent inaperçu.

Lecture des coordonnées

Hofstede nous donne six axes.

Les quatre qui comptent le plus pour nos besoins ici :

  1. Distance de pouvoir – à quel point une culture accepte facilement que le pouvoir soit réparti de manière inégale. Une grande distance de pouvoir signifie que la hiérarchie semble naturelle et que le boss est le boss. Une faible distance de pouvoir signifie que le boss doit se justifier comme tout le monde.
  2. Individualisme versus collectivisme – que l’identité soit construite autour du « je » ou du « nous ». Dans les cultures individualistes, vous êtes responsable de vous-même ; dans les collectivistes, vous appartenez à un groupe qui veille sur vous, et auquel vous devez loyauté.
  3. Évitement de l’incertitude – à quel point une culture est à l’aise avec l’ambiguïté et l’inconnu. L’évitement élevé exige des règles, de la structure et des réponses claires. L’évitement faible hausse les épaules face au désordre et improvise.
  4. Masculinité contre féminité – les labels les moins réussis de Hofstede, mais l’idée sous-jacente est solide : qu’une culture valorise la compétition, la réussite et l’affirmation, ou la coopération, le soin et la qualité de vie.

(Il y en a deux autres, Orientation à long terme et Indulgence, que je vais légèrement aborder.)

Maintenant, les quatre régions.

La Chine : la vision à long terme, défendue collectivement.

La Chine est très présente sur la distance de pouvoir et profondément enfoncée en territoire collectiviste. En termes de travail, cela produit un état d’esprit où la hiérarchie n’est pas un problème à aplanir mais une structure à respecter. L’attente fonctionne dans les deux sens : les subordonnés s’inclinent, mais ceux au-dessus ont une véritable obligation envers ceux d’en dessous. La loyauté envers le groupe – l’équipe, l’entreprise, la famille sur laquelle l’entreprise est implicitement inspirée – prime sur l’affirmation de la préférence individuelle.

Ce qui frappe, c’est la combinaison avec une orientation à long terme extraordinairement élevée, parmi les plus élevées jamais enregistrées à Hofstede. L’état d’esprit collectif ici est patient. Il tolère le sacrifice présent pour une position future, valorise la persévérance et considère les relations (guanxi) comme des actifs durables plutôt que comme des échanges transactionnels. L’évitement de l’incertitude, fait intéressant, est assez bas – il y a un confort pragmatique avec l’ambiguïté, une volonté de laisser les choses vaguement définies et de s’adapter.

Pour quiconque porte les pratiques occidentales dans ce paysage, la friction se manifeste généralement autour de la responsabilité individuelle et des contestations ouvertes. Une rétrospective qui invite les gens à critiquer publiquement les décisions prises au-dessus d’eux demande au groupe de violer quelque chose de profond. Le flux vient du travail avec la hiérarchie et le visage du groupe, pas contre eux.

Europe continentale : l’ordre, et l’inconfort de ne pas savoir

L’« Europe » est, bien sûr, une fiction – un continent, pas un pays, et l’une des parties les plus variées de toute la carte. L’Europe latine n’est pas l’Europe germanique, qui n’est pas l’Europe de l’Est. Mais si l’on met la Scandinavie de côté (on y reviendra) et que l’on observe le vaste centre continental – Allemagne, France, Italie, Espagne et leurs voisins – un élément commun du terrain apparaît.

C’est un évitement élevé de l’incertitude. C’est peut-être le trait européen le plus constant, et cela façonne l’état d’esprit collectif du milieu de travail plus que ce que les gens réalisent. Cela se manifeste par une préférence pour la structure, l’expertise, des spécifications claires, des qualifications et un processus bien défini. Les plans comptent. Les rôles comptent. La parole de l’expert a du poids précisément parce que l’expertise réduit l’incertitude (prétendument). Là où une startup américaine pourrait joyeusement shipper et voir, une culture d’ingénierie allemande veut d ‘abord savoir.

La distance de pouvoir varie dans la région – modeste en Allemagne, nettement plus élevée en France avec sa tradition d’élite accréditée et de décision centralisée. L’individualisme est généralement élevé, bien que plus communautaire en Méditerranée et dans le Sud.

L’état d’esprit collectif ici perçoit souvent, aux yeux des étrangers, comme bureaucratique. Mais ce n’est pas le bon cadre. Ce qui ressemble à de la bureaucratie est souvent une tentative culturellement enracinée de rendre le monde prévisible et d’honorer la compétence. La dysfonction ne vient pas du désir d’ordre, mais du fait que l’ordre se calcifie en rituel bien après avoir cessé de servir quiconque – ce qui est, bien sûr, un danger pour toute organisation, n’importe où sur la carte.

Scandinavie : le « nous » discrètement radical

La Scandinavie mérite un traitement séparé car, sur un certain axe, elle est vraiment exceptionnelle. La Suède, la Norvège et le Danemark obtiennent de loin les scores les plus bas au monde sur l’échelle de masculinité de Hofstede. La Suède se situe presque tout en bas. C’est un ensemble de cultures qui, par mesure, privilégient la coopération plutôt que la concurrence, l’attention aux autres sur la conquête, et la qualité de vie plutôt que l’accumulation du statut.

Ajoutez à cela une faible distance de pouvoir – celle du Danemark est parmi les plus basses – et vous obtenez un état d’esprit collectif au travail, presque conçu sur mesure pour ce type de travail auto-organisé, distribué et à haute confiance que nous défendons si souvent et que nous atteignons si rarement. L’autorité est douce. Le consensus est la norme, parfois à l’excès. Le concept nordique de lagom (grossièrement, « juste la bonne quantité », pas trop) et la Loi de Jante sur l’inconfort envers quiconque se place au-dessus du groupe expriment tous deux le même instinct : le « nous » est réel, et l’individu qui attire trop la lumière est doucement corrigé.

Pour ceux d’entre nous qui s’intéressent au flux et à des façons plus saines de travailler ensemble, cette partie de la carte est en quelque sorte une expérience naturelle. Une grande partie de ce qui se lit comme une innovation managériale éclairée ailleurs est, ici, simplement la façon dont les choses ont longtemps été faites. La prudence est évidente : ce qui pousse dans ce sol ne se transplante pas automatiquement. La recherche de consensus qui est libératrice à Copenhague peut ressembler à une paralysie dans des cultures qui attendent de quelqu’un qu’il décide.

Les États-Unis : le culte de l’individu

Les États-Unis occupent la limite sur l’axe de l’individualisme – le score le plus élevé jamais enregistré par Hofstede, la culture la plus individualiste sur Terre selon ses données. Cette seule coordonnée explique beaucoup de choses sur la mentalité au travail américain. Le soi-même est l’unité de sens. La réussite personnelle, la responsabilité individuelle, la mobilité individuelle, le héros individuel – ce ne sont pas des modes dans le management, ce sont les fondations du terrain. (Et toxique pour la pensée systémique).

Ajoutez à cela une orientation assez masculine (la compétition, la victoire et la réussite sont bonnes et méritent d’être célébrées ouvertement) et une orientation à court terme (résultats maintenant, ce trimestre, ce sprint), et vous obtenez un état d’esprit collectif qui paradoxalement n’est pas du tout collectif. Les organisations américaines sont souvent des coalitions d’individus intéressés, dynamisés par l’ambition, fluides dans leurs loyautés et prompts à agir. La distance de puissance est faible, donc le fondateur déjeune avec le stagiaire et les titres comptent moins que les résultats.

Les forces sont réelles : dynamisme, courage entrepreneurial, volonté d’échouer et de réessayer, et une franchise rafraîchissante. L’ombre est tout aussi réelle. Une culture aussi individualiste lutte avec le véritable collectif. Le « travail d’équipe » est célébré bruyamment précisément parce qu’il va à contre-courant du pays. Le « nous » doit être construit de manière délibérée, avec effort – et tend à disparaître dès que les incitations individuelles se tournent ailleurs.

Notre partenaire Lefebvre Dalloz Compétences propose des formations pour mieux manager et piloter tous les changements.

La carte n’est pas le territoire.

Voici ce à quoi je reviens sans cesse. La culture nationale décrit le terrain, mais elle ne fixe pas l’itinéraire. Une organisation a sa propre mentalité collective – son propre méméplex*– et cette mentalité peut, et fait souvent, diverger fortement du paysage environnant. Il existe des entreprises profondément hiérarchiques au Danemark égalitaire et des entreprises véritablement communautaires dans l’Amérique individualiste. Les coordonnées nationales indiquent la position du terrain et la direction que tend le vent, pas l’endroit où un navire particulier va réellement naviguer.

* Un méméplexe (ou memeplex en anglais) est un groupe de mèmes culturels reliés entre eux qui se renforcent mutuellement pour se propager plus efficacement dans les esprits, à la manière d’un complexe de gènes en biologie.

Ce que fait la carte de Hofstede, c’est

nous mettre en garde contre une préconception particulière : l’hypothèse qu’un mode de travail qui s’enchaîne parfaitement dans une région possède une certaine validité universelle.

C’est rarement le cas. Les pratiques agiles et lean que tant d’organisations importent aujourd’hui en grande partie ont été forgées dans des sols culturels spécifiques – le collectivisme japonais et l’orientation à long terme vers le lean, un individualisme anglo-américain pour une grande partie de l’agilité. Sortez-les de cette terre et vous ne transplantez pas une pratique ; Vous transplantez un ensemble d’hypothèses culturelles que le nouvel hôte pourrait discrètement rejeter.

Si vous essayez de changer un état d’esprit collectif – et je dirais que c’est le seul type de changement organisationnel qui compte finalement – il est utile de savoir quelles hypothèses présentes dans la salle sont organisationnelles et changeantes, et lesquelles sont culturelles et bien plus profondément enracinées dans le sol. Vous pouvez renégocier les premières sur quelques mois de dialogue patient. Les secondes peuvent sembler bien plus insolubles.

Une mise en garde nécessaire concernant le cartographe.

Il serait malhonnête de s’en tenir là. La carte de Hofstede a suscité de sérieuses critiques, et ces critiques méritent d’être prises en compte. L’enquête originale provenait d’une seule entreprise, il y a des décennies, et le monde a changé.

Les nations ne sont pas culturellement homogènes – traitant la « Chine » ou « l’Europe » comme des papiers uniques sur une énorme variation interne, comme une moyenne nationale unique cache montagnes et vallées. Et la fausse erreur écologique se cache tout au long : les coordonnées d’un pays ne vous disent presque rien de fiable sur l’individu assis en face de vous à la table, qui peut être totalement atypique par rapport à ses compatriotes. La critique bien connue de Brendan McSweeney va encore plus loin, s’interrogeant sur la possibilité de traiter sensément les cultures nationales comme des causes de comportements.

Alors lisez et prenez ces indications comme de simples indications. Elles sont une carte, pas le territoire. Utilisées comme un moyen de remarquer – de faire émerger des suppositions que vous n’auriez autrement pas examinées, de poser de meilleures questions sur pourquoi une pratique ne fonctionne pas – elles méritent leur place. Utilisées pour prédire ou encadrer la personne devant vous, elles vous induiront en erreur et, pire encore, l’insulteront.

L’état d’esprit collectif est une chose toujours vivante. La géographie le façonne. Mais ce n’est pas une prison, et les organisations les plus intéressantes sont précisément celles qui ont discrètement redessiné leurs propres frontières.

Pour aller plus loin

Hofstede, G. (1980). Culture’s consequences: International differences in work-related values. Sage.

Hofstede, G. (2011). Dimensionalizing cultures: The Hofstede model in context. Online Readings in Psychology and Culture, 2(1).

Hofstede, G., Hofstede, G. J., & Minkov, M. (2010). Cultures et organisations : Logiciels de l’esprit : coopération interculturelle et son importance pour la survie (3e éd.). McGraw-Hill.

McSweeney, B. (2002). Hofstede’s model of national cultural differences and their consequences: A triumph of faith – a failure of analysis. Human Relations, 55(1), 89–118.

Hofstede, G. (s.d.). Country comparison bar charts [Data visualisation tool]. Retrieved 25 June 2026, depuis

Nous devons devenir meilleurs pour mettre en place le « changement ». par Lenka Pincot

We need to get better at « changing ».

La préparation au changement et à la transformation ne se produit pas par hasard. Les agilistes et managers de projet ont un rôle important pour aider à le construire.

Lors de la conférence PMI Agile 2026, nous avons exploré quatre tensions issues des dernières recherches du Project Management Institute sur ce qui ralentit l’exécution des stratégies des organisations.

1. La stratégie est claire au sommet, mais l’intention se perd en descendant.

💡 Pourquoi : Au fur et à mesure que l’information se propage à travers les couches, les équipes reçoivent des instructions sans suffisamment de contexte. Alors que 82 % des leaders et des employés estiment que l’alignement stratégique est en place, seuls 23 % peuvent le rejouer.

💠 Que faire : Continuez à relier les projets et produits à leur but, aux résultats et aux compromis. Laissez à vos équipes suffisamment de temps pour assimiler les directives, demandez des précisions, et rappelez-leur sans cesse le contexte général tout au long du cycle de vie.

2. Les organisations veulent la rapidité, mais les décisions restent centralisées.

💡 Pourquoi : Les équipes sont censées avancer rapidement sans avoir l’autorité d’agir. Déléguer la prise de décision là où le travail se déroule est le troisième facteur le plus influent pour l’agilité des entreprises, mais les PDG admettent aussi que c’est très difficile à atteindre.

💠 Que faire : Trop de contrôle crée du retard et trop de liberté sans garde-corps engendre le chaos. La réponse pratique n’est pas une autonomie illimitée ; C’est une autorité claire avec des garde-fous clairs. Les professionnels doivent continuellement accroître leur sens des affaires pour communiquer où des décisions doivent être prises et pour présenter les problèmes et obstacles dans le langage exécutif, en articulant les compromis et en étant transparents sur les conséquences.

3. Les équipes travaillent dans des structures conçues pour la stabilité, pas pour l’adaptabilité.

💡Pourquoi : les silos, les approbations et les processus fixes ralentissent l’adaptation. Seulement environ la moitié des PDG s’accordent à dire que leurs modèles de gouvernance sont prêts pour l’agilité des entreprises, seuls 41 % des cadres déclarant que leurs modèles d’exploitation soutiennent la réallocation rapide du capital et des talents.

💠 Que faire : Exposer la friction récurrente comme un problème système, pas seulement comme un problème de livraison. Nous traitons souvent la livraison lente comme un problème de processus, mais le vrai problème est souvent le modèle opérationnel. Le travail avance à la vitesse de la dépendance la plus lente.

4. Les leaders veulent de la transparence, mais les gens peuvent ne pas se sentir en sécurité pour s’exprimer.

💡 Pourquoi : Selon Gallup, seuls 27 % des employés estiment que leur opinion compte au travail. Faire ressortir les risques et désaccords peut être vu comme une résistance, ce qui repousse encore davantage le dialogue.

💠 Que faire : Normaliser les défis constructifs, mettre les problèmes en lumière dès le début et inviter différentes voix. Si les gens ne se sentent pas en sécurité pour faire remonter des risques, remettre en question les hypothèses ou dire « ça ne fonctionne pas », l’organisation perd les signaux nécessaires pour s’adapter. La sécurité psychologique n’est pas un sujet culturel léger ; C’est une exigence opérationnelle pour la rapidité, l’apprentissage et la gestion des risques.

Quelle est votre façon de combler ces écarts ?

PMI is a registered mark of Project Management Institute, Inc.

Le Mensonge du « pas de limites ».

Les leaders faibles se plaignent des limites, les avisés les créent.

The Lie of No Limits par Dan Rockwell

https://leadershipfreak.blog/2026/07/01/the-lie-of-no-limits/

L’ego rejette les limites. L’action les exige.

La concentration s’intensifie lorsque les options se réduisent.

Restreignez les options pour élargir les opportunités.

Les limites clarifient le leadership

Sans frontières, les organisations s’étendent dans le chaos et les leaders s’effondrent.

  • Vous ne pouvez pas courir après toutes les opportunités.
  • Vous ne pouvez pas plaire à tout le monde.
  • Vous ne pouvez pas résoudre tous les problèmes.
  • Vous ne pouvez pas participer à toutes les réunions.
  • Vous ne pouvez pas porter ce que les autres devraient posséder.

Calmez votre esprit en vous concentrant sur moins de choses.

5 façons de réussir avec des limites

#1. Respectez des limites

L’échec se cache derrière des limites rejetées.

  • Le temps ne s’étire jamais.
  • L’énergie s’épuise toujours.
  • La capacité atteint un plafond.

Par définition, se focaliser, consiste à restreindre son attention.

Les leaders faibles se plaignent des limites.

Les leaders avisés les créent.

#2. Choisissez vos contraintes

  • Planifiez les priorités.
  • Ajoutez de l’espace-temps inoccupé dans votre calendrier.
  • Quittez le travail avant d’être épuisé.
  • Déléguez avant de vous désespérer.
  • Déterminez ce que vous ne ferez pas.

Choisissez vos contraintes avant qu’elles ne vous choisissent.

Les leaders faibles se plaignent des limites. Ce sont des leaders sages qui les créent.

Une rivière sans berges est un marais.

#3. Posez-vous des questions avant de répondre oui.

  • Qu’est-ce qui compte cette semaine ?
  • Qu’est-ce qui fait de cette opportunité la bonne ?
  • Qui d’autre pourrait prendre la responsabilité de ceci ?
  • Que se passera-t-il si je ne fais rien ?

#4. Remettez en question les limites erronées.

Certaines limites sont des excuses. D’autres sont des habitudes destructrices.

N’acceptez jamais le confort comme une contrainte. Un travail significatif demande des sacrifices. Le service exige de l’engagement.

L’inconfort est le prix de la croissance.

La sueur est le prix de l’engagement.

Est-ce que « je ne peux pas » veut en fait dire « je ne veux pas » ?

Choisissez vos contraintes avant qu’elles ne vous choisissent !

#5. Maximisez les contraintes.

  • Des ordres du jour courts produisent des réunions courtes.
  • Les délais serrés forcent à prendre des décisions.
  • Les petits budgets affûtent les priorités.
  • Des rôles clairs renforcent la responsabilité.
  • Moins de priorités favorisent un progrès plus grand.

Quelle contrainte pourrait renforcer votre leadership ?

Une chose à la fois

One thing at a time par Seth Godin

https://seths.blog/2026/04/one-thing-at-a-time/

Le multitâche est principalement une illusion.

Ce que nous faisons en réalité, c’est disperser notre attention, sauter d’une chose à l’autre puis y revenir.

Tous ces petits sauts diminuent notre productivité et, pire encore, érodent notre tranquillité d’esprit.

De toute façon, Vous ne faites qu’une chose à la fois. Autant l’accepter plutôt que de passer autant de temps à changer de sujet en sujet.

Précédents billets sur ce sujet

Comment le changement de contexte affecte vos capacités de résolution de problèmes

7 habitudes de calme

Le multitâche vous ralentit

20 façons utiles d’améliorer votre concentration dès aujourd’hui

Comment NE PAS faire de multitâche = Travailler plus simplement et plus sainement

La bonne réponse

Si vous cherchez à tout prix la BONNE réponse, quel que soit le sujet, lisez ce billet et posez-vous la question de savoir pourquoi et ce qui définit BONNE pour vous.

The right answer par Seth Godin

https://seths.blog/2026/04/the-right-answer-2/

Les ingénieurs, les scientifiques, et surtout les entreprises, cherchent la bonne réponse.

C’est une quête si courante que nous la tenons pour acquise, mais elle est nouvelle, et elle continue de causer du stress.

La bonne réponse est productive. Elle est résiliente. Et c’est un outil puissant de priorisation. La bonne stratégie gagne la partie, la bonne méthode de production réduit les coûts, et la bonne théorie explique ce qui va se passer ensuite.

La bonne réponse ne se soucie pas de ce que vous ressentez. Elle reste la bonne réponse.

Une des raisons pour lesquelles nous résistons aux affrontements où il pourrait y avoir une bonne réponse est que les bonnes réponses déterminent aussi qui a tort. Et on nous a appris à ne pas avoir tort.

Une autre est qu’une bonne réponse nous met en cause. Cela demande de prendre des responsabilités. Il est plus facile de laisser quelqu’un d’autre annoncer qu’il a raison, et de faire ce qu’il dit. Aucune affirmation, aucune responsabilité.

Pendant dix mille ans, cependant, la façon dominante de penser était l’ambiance. Comment cela vous fait-il vous sentir ? C’est subjectif, transitoire, et cela dépend de nous. De nombreuses façons d’épeler un mot, de nombreuses explications à une maladie, de nombreux points de vue, chacun aussi valable que le précédent.

[Le statut joue de nombreux rôles en matière de croyance. Ceux qui cherchent (ou possèdent) un statut peuvent célébrer la bonne réponse, car c’est un chemin vers un meilleur. D’autres pourraient rejeter l’idée de preuve, réalisant que lorsque les idées subjectives entrent en collision, ceux qui détiennent le pouvoir peuvent généralement dicter la suite. Et pour ceux qui luttent dans un rôle de moindre statut, s’appuyer sur la croyance peut offrir du réconfort lorsque la bonne réponse les déçoit.]

Quand la peur surgit, certaines personnes cherchent la bonne réponse. L’étude en double aveugle, l’intervention médicale éprouvée, la voie à suivre expliquée.

D’autres, cependant, fuient les possibilités brutales offertes par la bonne réponse et se réfugient dans le « ça dépend ».

Les sentiments ont une énorme avance évolutive sur les faits.

« NOTION, LE PMBOK ET MOI : COMMENT J’AI CONSTRUIT MON PROPRE SYSTÈME » par Yasmine MAKHLOUFI

LE POINT DE DÉPART.

Il y a quelques années, en prenant mon poste dans la fonction publique territoriale, je me suis retrouvée à gérer plusieurs projets simultanément. Des projets complexes, avec des parties prenantes multiples, des exigences de traçabilité élevées, des aspects très différents les uns des autres.

J’avais de bons outils. Des outils beaux, même. Un outil de gestion de tâches visuellement soigné. Notion pour la documentation. Excel ou Power BI pour les tableaux de bord. Chacun faisait très bien ce pour quoi il avait été conçu.

Le problème, c’est qu’ils ne se parlaient pas.

Gérer plusieurs projets en parallèle voulait dire jongler en permanence, ouvrir un outil pour les tâches, un autre pour les risques, un autre pour les parties prenantes, un autre pour les comptes rendus. Garder chacun à jour. Et malgré tout ça, avoir toujours l’impression qu’il manquait quelque chose quelque part.

La question s’est posée assez naturellement :

Est-ce qu’il est possible de tout concentrer dans un seul espace ? Un seul endroit où le projet existe vraiment, dans toute sa complexité ?

CE QUE LE PMBOK® M’A DONNÉ.

Avant de chercher un outil, il a fallu comprendre ce qu’on cherchait à y mettre.

Le PMBOK ne m’a pas appris à gérer des projets, le terrain s’en est chargé. Mais il m’a donné quelque chose que le terrain ne donne pas facilement : un langage. Une structure de pensée. Une façon d’organiser ce qui se passait intuitivement dans ma tête depuis des années.

Quand on lit le PMBOK vraiment, pas comme une liste de processus à cocher pour un examen, mais comme une architecture de réflexion, on commence à voir les projets différemment. On distingue ce qui relève de l’initiation de ce qui relève de la planification. On comprend pourquoi les risques doivent être liés aux activités. On voit pourquoi les parties prenantes ne sont pas juste des noms sur une liste, mais des personnes à part entière avec leurs propres attributs, leurs propres attentes, leur propre niveau d’influence.

Cette structure-là, je voulais la retrouver dans mon outil de travail quotidien. Et elle n’existait dans aucun des outils que j’utilisais.

CE QUE LES OUTILS EXISTANTS NE FAISAIENT PAS.

La plupart des outils de gestion de projet ont été construits pour gérer des tâches. Pas pour piloter des projets au sens du PMBOK.

Ce n’est pas une critique, c’est une observation structurelle. Asana, Monday, ClickUp sont excellents pour ce qu’ils font. Mais ils ont été pensés autour de la tâche comme objet central. Tout gravite autour d’elle.

Or dans un projet complexe, la tâche n’est pas l’objet central. Elle est le résultat d’une planification, d’une décision, d’un risque identifié, d’un livrable attendu. Et aucun de ces liens n’existe vraiment dans ces outils.

Les gaps que j’observais au quotidien :

→ Les parties prenantes réduites à des assignataires ou des contacts — sans rôle formalisé, sans attentes documentées, sans lien vers les projets auxquels elles participent

→ Les décisions prises en réunion qui disparaissaient dans les comptes rendus, jamais reliées au registre des décisions

→ Les risques identifiés mais non liés aux tâches qu’ils menacent — documentés, puis oubliés

→ Les réunions qui n’existent pas comme objets dans le système — leurs décisions, leurs actions et leurs participants perdus dans des emails ou des documents séparés

→ Les livrables confondus avec des tâches — sans critères d’acceptation, sans partie prenante qui valide, sans lien au jalon auquel ils contribuent

Et surtout : aucun outil ne respectait vraiment la structure du PMBOK. Même en combinant plusieurs outils entre eux, les gaps persistaient.

Ce n’était pas un problème de qualité d’outil — c’était un problème d’architecture.

LA CONSTRUCTION DU SYSTÈME.

Le choix de Notion s’est imposé pour une raison précise : c’est le seul outil qui combine, dans un même espace, la puissance des bases de données relationnelles, la flexibilité des vues et des tableaux de bord personnalisés, et la capacité de documentation. Les autres outils font l’un ou l’autre très bien. Notion fait les trois ensemble, et il est personnalisable à l’infini.

Mais choisir Notion n’était que le début. Le vrai travail était architectural.

Il a fallu créer des relations one-to-many et many-to-many entre les bases de données pour refléter les dépendances réelles entre les objets du projet, et respecter les groupes de processus du PMBOK. Un risque peut menacer plusieurs tâches. Une partie prenante peut intervenir sur plusieurs projets. Une décision peut générer plusieurs actions. Un livrable peut être menacé par plusieurs risques.

Ces relations-là, dans un tableur ou un outil de tâches classique, n’existent tout simplement pas.

Le résultat : 11 bases de données interconnectées, 5 interfaces pensées pour les différentes dimensions du pilotage : Tableau de bord, Exécution, Contrôle des risques, Pilotage, Clôture.

Chaque objet a sa place. Chaque lien a sa logique. Et l’ensemble respecte la structure du PMBOK sans en être une reproduction rigide. C’est une traduction opérationnelle, adaptée à la réalité du terrain.

CE QUE ÇA A CHANGÉ.

Quand le système est bien paramétré, tout se trouve au même endroit.

Les rapports se génèrent automatiquement à partir des bases de données. Les tableaux de bord reflètent l’état réel du projet en temps réel. Les exports sont possibles sans ressaisie. Les liens entre objets (entre un risque et la tâche qu’il menace, entre une décision et la réunion qui l’a produite, entre un livrable et la partie prenante qui doit le valider) sont visibles d’un seul coup d’œil.

Ce n’est plus du temps passé à jongler entre plusieurs outils ou à maintenir plusieurs sources à jour en parallèle. C’est du temps libéré pour ce qui compte vraiment : le pilotage, les décisions, les parties prenantes.

Un outil bien structuré ne remplace pas le jugement du chef de projet. Mais il crée les conditions pour qu’il puisse l’exercer, sans être submergé par la charge administrative que les outils mal conçus génèrent.

CONCLUSION

Ni manuel ni tutoriel. C’est ce que j’avais voulu que soit The PM System dès le départ.

Un système né des leçons apprises sur le terrain, des lacunes des outils existants, et de la conviction qu’un bon outil de gestion de projet doit être aussi contextuel que son utilisateur.

Le PMBOK donne la structure. Notion donne la flexibilité. L’expérience terrain donne le sens.

Ce que j’ai cherché à construire, c’est l’endroit où ces trois choses se rencontrent.

“PMI”, “PMBOK” and “Project Management Institute” are registered marks of Project Management Institute, Inc.


POUR ALLER PLUS LOIN

Cet article est le dernier d’une série de quatre « De la méthode à l’impact », consacrée à ce que la gestion de projet est vraiment, au-delà des certifications et des frameworks.

Article 1 : Frameworks et réalité : ce que le PMBOK ne peut pas faire à votre place 

Résumé : Les certifications vous donnent une structure et une façon de penser, mais sur le terrain, c’est votre intelligence émotionnelle et votre acuité contextuelle qui font la différence entre un projet livré et un projet réussi.

Article 2 : L’IA peut planifier un projet. Peut-elle le ressentir ? 

Résumé : L’intelligence artificielle excelle dans l’analyse et l’automatisation, mais elle bute sur l’essentiel : lire une salle, sentir une tension, adapter sa posture. Ce que le chef de projet fait naturellement reste, pour l’instant, irremplaçable.

Article 3 : PMP et fonction publique : quand le pilotage devient un enjeu de pouvoir autant que de méthode.

Résumé : Appliquer une certification internationale dans un environnement institutionnel contraint, c’est avant tout un exercice d’adaptation. Retour d’expérience sur ce que le PMBOK devient quand il rencontre la réalité de la fonction publique.

Article 4 : Notion, le PMBOK et moi : comment j’ai construit mon propre système.

Résumé : Ni manuel, ni tutoriel — un système né des leçons apprises sur le terrain, des lacunes des outils existants, et de la conviction qu’un bon outil de gestion de projet doit être aussi contextuel que son utilisateur.


Yasmine Makhloufi [LinkedIn] — https://pmsnotion.com/

Yasmine Makhloufi

Pharmacienne de formation, passée par la recherche sur le cancer et les neurosciences, Yasmine Makhloufi a construit un parcours multi-sectoriel — des laboratoires de recherche au secteur public, en passant par l’entrepreneuriat et le monde privé. Formée au PMBOK et passionnée d’innovation numérique, elle a développé un système de gestion de projet sur Notion qui s’inspire des grands frameworks sans en être prisonnier.

 

« L’atout essentiel du chef de projet : ce qu’il a entre les deux oreilles » par Alain Heurtin

Elle avait tout préparé. Le rétroplanning s’étalait sur trois écrans, chaque jalon calé au jour près, chaque livrable relié à sa dépendance. On lui avait confié ce projet en plus de son poste, comme on ajoute une pièce à un vêtement déjà porté, et elle avait fait ce qu’on fait quand on ne sait pas par où commencer : elle s’était réfugiée dans l’outil. Trois semaines plus tard, le projet n’avançait plus. Pas à cause d’un retard de livraison, pas à cause d’une ligne budgétaire mal calculée. Il n’avançait plus parce qu’un directeur qu’elle n’avait jamais pensé à consulter avait, d’un mot glissé en réunion, retiré au projet toute son énergie. Elle ne savait pas qu’il fallait le voir venir. Son métier d’origine ne le lui avait jamais appris. Ce jour-là, elle a compris que son problème n’était pas de savoir organiser un planning, mais de ne pas savoir qui, dans son organisation, pouvait faire couler un projet sans même s’en apercevoir.

Je raconte cette scène depuis des années dans mes formations, et à chaque fois elle produit le même silence. Pas parce qu’elle est rare. Parce qu’elle est familière à tout le monde dans la salle.

Le paradoxe des outils.

On parle beaucoup, en ce moment, de l’intelligence artificielle et de la disparition annoncée du chef de projet. Les outils se multiplient, les tableaux de bord s’automatisent, un algorithme sait désormais générer un planning plus vite qu’un humain ne sait ouvrir son logiciel. On croit y voir une menace. Je crois plutôt qu’on y voit un révélateur.

Car ce que l’IA absorbe, c’est la part technique du métier, celle qu’on pouvait montrer en réunion, celle qui rassurait parce qu’elle produisait un livrable visible. Et en l’absorbant, elle met à nu ce qui se cachait derrière depuis toujours : un travail sans nom, sans case dans le référentiel de compétences, sans ligne dans le programme de formation. Un travail qui ne s’est jamais laissé réduire à une méthode, parce qu’il ne s’adresse pas à un projet, il s’adresse à des gens.

Le travail qu’on ne voit jamais.

Ce travail-là ne laisse pas de trace. C’est sa nature même. Quand il fonctionne, personne ne le remarque, on croit que le projet avançait tout seul, porté par sa seule logique. Il ne devient visible qu’au moment où il a manqué, et à cet instant précis on ne l’appelle plus par son nom. On parle d’un problème d’équipe, d’un manque de communication, comme s’il s’agissait d’un incident isolé et non du symptôme d’un manque plus ancien, plus structurel : personne n’a jamais appris à ce chef de projet à construire de la confiance avant que le besoin ne s’en fasse sentir, à entretenir une adhésion qu’aucun Gantt (ou n’importe quel outil de planification qui est révolutionnaire, jusqu’au prochain…) ne sait planifier.

J’ai vu cette absence prendre un autre visage, plus discret encore, chez un chef de projet qui pilotait son équipe entièrement à distance. En présentiel, on lit l’adhésion sur des signaux qu’on ne sait même pas qu’on interprète : un regard qui décroche, une posture qui se referme, le silence un peu trop long après une question. Face à un écran couvert de pastilles grises, caméras coupées, tous ces signaux disparaissent d’un coup. Il s’est dit, ce jour-là, que son projet n’intéressait personne. Ce n’était pas tout à fait vrai. Ce qui avait disparu, ce n’était pas l’intérêt de son équipe, c’était l’instrument avec lequel il le mesurait depuis toujours. Toute sa compétence relationnelle reposait sur un terrain qu’on venait de lui retirer, et il n’avait jamais rien appris pour en trouver un autre.

Ces deux scènes ne se ressemblent pas, et c’est bien ce qui m’intéresse. La première raconte l’absence d’une compétence dès le départ, faute d’y avoir jamais été formé. La seconde raconte son effondrement, quand le terrain qui la portait sans qu’on le sache se dérobe. Entre les deux, la même vérité : ce savoir-faire n’a jamais eu de nom officiel, donc personne n’a appris à le repérer quand il manque, ni à le reconstruire quand il s’effondre.

Ce qui reste, quand les outils savent tout faire.

Je ne crois pas que la méthodologie soit le vrai sujet de difficulté chez les débutants que je forme. Ils apprennent vite à lire un diagramme, à hiérarchiser des tâches, à tenir un budget. Ce qui leur manque, et qu’on ne leur enseigne presque jamais, c’est l’art d’embarquer quelqu’un qui n’a pas envie de bouger, de tisser une confiance avant d’en avoir besoin, de sentir qu’un projet perd son souffle avant que les chiffres ne le confirment. Ce n’est pas de la mollesse relationnelle qu’on demande là. C’est parfois une forme de fermeté, la capacité à faire adhérer sans écraser, à tenir un cap quand personne ne le tient avec vous.

Plus les outils avancent, plus cette capacité-là va compter. Non pas parce que le chef de projet devra se battre contre les machines, mais parce que tout ce qu’elles ne sauront jamais faire à sa place deviendra, par élimination, la seule chose qui justifiera encore sa présence.

L’arme la plus importante du chef de projet n’a jamais été dans son logiciel. Elle a toujours été entre ses deux oreilles.

Reste une question à laquelle je n’ai pas de réponse arrêtée, et je m’en méfierais si j’en avais une. Cette capacité à lire les gens, à tisser une confiance avant d’en avoir besoin, à sentir qu’un projet perd son souffle avant que les chiffres ne le disent, s’apprend-elle vraiment ?

J’ai tendance à penser qu’une part en est innée, qu’on ne fera jamais d’un chef de projet un lecteur fin des rapports de force comme on lui apprend à mettre à jour un sprint, un compte rendu etc, etc…

Mais je sais aussi qu’on peut y travailler, ne serait-ce qu’en cessant de la traiter comme un supplément d’âme pour la reconnaître comme le cœur du métier. Y prêter attention, en parler, la nommer dans nos formations au lieu de la laisser dans l’angle mort : ce n’est pas une réponse, c’est un commencement. Comment identifier plus tôt ces parties prenantes qui décident du sort d’un projet sans jamais apparaître dans aucun tableau ? Comment former, vraiment, à ce qui ne se mesure pas ?

La question reste ouverte, et c’est peut-être là qu’elle doit rester, pour que chacun continue d’y chercher sa propre réponse sur le terrain.


Alain Heurtin

Alain Heurtin est Chef de Projet senior certifié PMP® (Project Management Professional), fort de plus de quinze ans d’expérience en pilotage de projets complexes et en management d’équipes.il intervient en tant que consultant et formateur auprès des PME et des business schools sur les thématiques de la gestion de projet, du management opérationnel et de la stratégie RSE. Son approche pragmatique orientée client lui a permis de conduire de nombreux projets pour de grands comptes et d’implémenter des méthodologies d’amélioration continue. Contributeur régulier, il écrit des articles sur le management de projet et sur l’intelligence artificielle, avec un intérêt particulier pour l’IA et le monde de l’éducation.

« C’est plus rapide de le faire moi-même »

Devez-vous faire faire ou bien faire vous-même ?

“It’s faster to just do it myself” par Seth Godin

https://seths.blog/2026/03/its-faster-to-just-do-it-myself/

Voici une grille d’évaluation simple pour l’externalisation :

  • Si vous n’aurez plus jamais à refaire cela, et que c’est plus facile de le faire vous-même que de demander à quelqu’un d’autre de le faire, faites-le vous-même.
  • Si le faire vous-même vous apporte une joie ou une satisfaction supérieure à l’accroissement de productivité que vous obtiendrez avec un effet de levier ou de meilleurs outils, faites-le vous-même.
  • Mais si vous comptez le faire plusieurs fois, et que le client ne peut pas dire si vous l’avez fait vous-même ou non, peut-être devriez-vous demander à quelqu’un d’autre de le faire ou construire les outils pour le faire de façon plus efficace.

Cette prochaine fois arrivera plus tôt que prévu. Mieux vaut investir un peu plus maintenant que de dépenser pour éviter cet investissement encore et encore.

Comment l’argent reflète toujours les priorités, pas la valeur…

Personne ou presque ne finance ce qu’elle estime moins important.

How Money Always Reflects the Priorities, Not the Value par Johanna Rothman

https://www.jrothman.com/mpd/2026/05/a-management-minute-how-money-always-reflects-the-priorities-not-the-value/

Peut-être avez-vous eu cette conversation avec un manager : vous voulez faire quelque chose qui coûte de l’argent. Peut-être aller à une conférence, organiser une formation, ou quelque chose d’un peu inhabituel.

Le responsable répond :

« Non, ça coûte trop cher. »

Ou, en tant que consultant, un manager dit :

« Votre proposition est trop chère pour nous. On peut te faire le même travail pour moins d’argent ? »

(Non. La réponse est toujours non, et j’écrirai un billet à ce sujet !)

Ces circonstances ne sont pas une question d’argent. Il y a (presque) toujours assez d’argent pour votre demande ou votre recommandation.

Non. Il s’agit de priorités.

Nous finançons toujours ce qui est le plus important. (Oui, même dans le portfolio de projets où nous ne savons pas dire non et arrêter de financer des travaux moins importants.) Souvenez-vous de ceci. Les managers et les organisations financent leurs priorités.

Ils ne financent pas ce qu’ils estiment moins important.

Voici une question intéressante : les priorités qu’ils financent sont-elles le travail ou l’effort le plus précieux que quelqu’un puisse faire ?

Peut-être. Peut-être pas.

C’est pourquoi les décisions de financement devraient prendre en compte les 3 domaines de valeur :

  1. Valeur tangible
  2. Valeur immatérielle
  3. Valeur périphérique

(Voir Comment décrire toute votre valeur quand vous voulez influencer ? pour les définitions de chaque type de valeur.)

La plupart d’entre nous sont doués pour décrire la valeur tangible, surtout lorsqu’elle est évidente et à court terme. Nous ne sommes pas aussi doués pour décrire la valeur intangible ou périphérique.

C’est là que les histoires peuvent aider.

Racontez comment ces trois éléments de valeur amélioreront l’organisation. Les histoires peuvent changer les priorités, alors que les données pourraient ne pas y parvenir.

Mais souvenez-vous de ceci : « pas assez » d’argent est rarement le problème. C’est plutôt que l’argent dont vous avez besoin ne reflète pas les priorités du manager ou de l’organisation. C’est le vrai problème à résoudre.

Voici quelques phrases d’entrée en matière pour vos conversations difficiles.

Vous pouvez éviter les conversations difficiles. Mais vous ne pouvez pas éviter les conséquences de les éviter. Plus vous attendez, plus vous aurez besoin de courage.

https://leadershipfreak.blog/2026/05/26/opening-sentences-for-tough-conversations/ par Dan Rockwell

« Être clair, c’est être gentil. N’être pas clair est être méchant. » Brené Brown

Comment entamer des conversations difficiles ?

Concentrez-vous sur la relation.

  • « J’ai besoin de discuter de quelque chose de difficile parce que notre relation compte pour moi. »
  • « Il y a quelque chose d’important que j’ai voulu éviter. J’aimerais qu’on en parle. »
  • « Je t’apprécie. C’est pour ça que je dois être honnête sur quelque chose de difficile. »

Mettez l’accent sur la croissance.

  • « Je sais que tu tiens à … Ce que tu fais ne t’es pas utile. »
  • « Je tiens trop à ta réussite pour rester silencieux à ce sujet. »
  • « Je respecte ton potentiel. C’est pourquoi je dois te parler de quelque chose qui ne fonctionne pas. »

Focalisez-vous sur le dialogue.

  • « Je ne vois peut-être pas tout à fait bien cette situation, mais j’ai besoin de partager mon point de vue. »
  • « J’ai remarqué un schéma qui crée des problèmes. Il faut qu’on en parle. »

Voici des phrases qui font dérailler les conversations difficiles.

Ne déclenchez pas de résistance.

  • « Tu fais toujours… »
  • « Tout le monde pense… »
  • « Ceci est probablement inutile… »
  • « Calme-toi. »
  • « Je suppose que je suis le méchant. »
  • « Sans vouloir t’offenser… »

Principe pratique

Commencez par l’objectif avant les problèmes.

Les gens écoutent mieux quand ils savent que vous tenez à eux. Restez calme. Soyez honnête. Visez à améliorer les choses.

Dur ET gentil.

Soyez gentil. Ne baissez pas vos standards.

« Soyez gentil avec les personnes et ferme sur les standards. » Doug Conant

Trop de vérité fait de vous un pitbull.

Trop de gentillesse fait de vous un paillasson.

Le coût des conversations difficiles est inférieur au prix de leur évitement.

Quelle phrase d’entrée en matière vous convient le mieux ?
Notre partenaire Lefebvre Dalloz Compétences propose des formations pour mieux manager et piloter tous les changements.

Tenir sur une corde raide…

Tight rope standing par Seth Godin

Il est bien plus facile de marcher sur une corde raide que de simplement rester immobile.

L’élan vers l’avant crée de la stabilité.