Ce qu’il faut savoir avant un entretien d’embauche avec des Américains par Christina Rebuffet

Image courtesy of Stuart Miles at FreeDigitalPhotos.net
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En français, on dit “entretien d’embauche”; En anglais, cela se traduit par “job interview”. En réalité, ce qui, en France, vous ouvrira les portes de ce poste de rêve risque de vous faire éliminer de la sélection des candidats aux États-Unis.

Ce n’est pas forcément votre niveau d’anglais qui vous fera défaut (car après tout, si vous postulez outre-Atlantique, vous avez sûrement un niveau correct en anglais). C’est plutôt la méconnaissance de certains codes culturels, comme le “resumé” américain, la réponse attendue à la question et l’attitude qui convaincra le recruteur, qui vous piègeront.

Voici tout ce qu’il faut savoir de l’entretien d’embauche à l’américaine.

yes you canYes, you can!

La confiance en soi est une qualité clé aux États-Unis. On célèbre les succès depuis le plus jeune âge. Tout au long du parcours scolaire, les accomplissements des petits Américains sont fêtés par des “awards ceremonies” à la fin de chaque année scolaire. Plus tard, les programmes du genre “Employee of the Month” sont légion. On cultive la confiance en soi et la mise en valeur de ses accomplissements.

risques de succèsDans un entretien d’embauche, c’est pareil. Il faut être capable de souligner ses réussites, ses qualités et ses atouts. En le faisant, non seulement vous allez montrer ce dont vous êtes capable, mais vous allez aussi faire preuve de votre “positive attitude”. Les Américains sont en général optimistes et enthousiastes. Pour convaincre un recruteur américain, il faut l’être aussi.

En présentant votre parcours, n’oubliez pas l’importance des chiffres. Un recruteur veut des résultats concrets qui prouvent que vous pouvez accomplir le travail demandé. Regardez votre parcours et cherchez où vous aurez l’opportunité d’inclure des résultats et des chiffres. Combien de personnes avez-vous géré ? Quels étaient les résultats chiffrés de votre dernier projet ? Comment vos actions ont-elles contribué à l’avancement de l’entreprise, concrètement ?

Par exemple, vous pourrez commencer ces descriptions par :

  • I managed an international team of 23 people, spread over 7 countries.
  • The last product that our team developed made more than 500,000 in sales in the first week.
  • Thanks to the Agora Project, which I helped pilot, our company was nominated for the BFM Business Awards.

Questions : Vos forces et vos faiblesses

strength blueCe sont deux questions souvent posées lors d’un entretien, aussi cliché qu’elles puissent paraître.

En anglais, attendez-vous à entendre :

  • What is your greatest strength?
  • What do you think your biggest weakness is?

Pas de surprise, il faut avoir des réponses un minimum préparées. Il ne s’agit pas de réciter des lignes par cœur, mais ne restez pas bouche bée par manque de vocabulaire. Ce sont quand même deux questions de base.

Pour vos forces, ne vous souciez pas trop de paraitre présomptueux. Le recruteur connait sûrement déjà quelques unes de vos forces—sinon, il ne vous aurait pas contacté !

Par contre, ne vous attendez pas à ce qu’il vous croit sur parole. Répondez directement à la question, mais ensuite racontez une histoire qui illustre votre force.

Voici un exemple :

I think my greatest strength is my organizational skills. In my last job, another project manager specifically asked me to intervene on 2 projects because they were poorly organized and the team was losing unnecessary time. After evaluating the situation and reorganizing the work flow, both projects finished ahead of schedule.

weakness bluePour vos faiblesses, la question ne doit pas devenir un moment d’auto-flagellation. C’est plutôt pour voir votre capacité à identifier vos lacunes et encore plus important, pour voir ce que vous faites pour y remédier.

Voici un exemple d’une réponse plate : My weakness is that Im very enthusiastic, so I often accept too many projects.

Voici une meilleure réponse : Im very enthusiastic, but that means I often say yes to too many projects. To improve my ability to focus, I have started asking myself Do I realistically have time?, Will this project contribute to my current projects?, and Can someone else do the job just as well? before accepting or rejecting a request to work on a project.

I have a BTS in sales.“Sorry, a what?

Graduate Holding DiplomaTôt ou tard dans la discussion, la question épineuse des diplômes risque de se présenter, surtout si vous n’avez pas énormément d’expérience professionnelle. De l’autre côté de l’Atlantique les diplômes français sont totalement inconnus. Si vous avez un BTS, un DEUG, une maîtrise, ou autre, il va falloir expliquer ce que c’est, d’abord sur le CV et ensuite, éventuellement pendant l’entretien.

Pour éviter de transformer (comme par magie) vos diplômes français en diplômes américains, une technique consiste à citer le diplôme en V.O., suivi entre parenthèses du nombre d’années requises pour obtenir le diplôme puis son équivalent dans le système américain.

Par exemple, Licence en gestion des entreprises (3-year degree equivalent to a Bachelor’s in business management). Le nombre d’années est utile car ce ne sont pas forcément les mêmes dans les deux systèmes. Par exemple, un Bachelor’s degree s’obtient après 4 voir 5 années d’études, alors qu’une Licence se fait en seulement 3 ans.

Bref rappel : CV vs. resumé

Finalement, n’oubliez pas qu’il y a une différence entre “a CV” et “a resumé”. Souvent on entend que “CV” est britannique, tandis que “resumé” est américain. En fait, aux États-Unis, les deux existent, mais seul le “resumé” est utilisé dans le monde des affaires. Le CV est plutôt réservé aux universitaires et aux chercheurs.

Cette vidéo de la chaine Speak Better, Feel Great TV explique plus en détail le format et le contenu du “American resumé”, comparé à un CV.

Bien que “l’entretien d’embauche” français se traduise directement par “the job interview” en anglais, l’exercice varie d’un coté de l’Atlantique à l’autre.

yes you can - greenBien sûr il y a les différences de la langue et le vocabulaire des systèmes d’éducation à maîtriser, mais aussi les attentes du recruteur.

La confiance, cette attitude un brin vendeur, l’initiative et les résultats concrets sont nécessaires pour espérer avoir une chance dans le processus de sélection. Préparez vos réponses, votre vocabulaire, mais aussi votre façon de penser à vos accomplissements. Et comme vous dirait un Américain avant votre entretien : You can do this!

Pour vous préparer au mieux, « entrainez-vous à la « STAR technique » que vous utiliserez lors de vos réponses !

Américaine, Christina coache depuis 11 ans ses clients à communiquer avec plus de spontanéité et d’aisance en anglais avec des formations ciblées. Elle a déjà présenté ses programmes dans des conférences à travers l’Europe. Animatrice de la chaine YouTube “Speak Better, Feel Great TV”, sa mission est de remonter le niveau d’anglais de la France entière !

2 réflexions sur “Ce qu’il faut savoir avant un entretien d’embauche avec des Américains par Christina Rebuffet

  1. @Christina Rebuffet
    Tout comme de très nombreuses Nations, Les US ont leurs codes culturels, sociaux.
    Il est crucial de les apprivoiser.

    Seulement, je reste persuadé que l’authenticité, l’unicité doit rester de mise.
    Ainsi, un français qui souhaite évoluer dans le pays de l’Oncle Sam doit « blender » son discours, son approche.

    Des 6 préconisations affichées (selon mon interprétation du texte), il me paraîtrait intéressant de les édulcorer d’une « touche à la française » (pour reprendre le slogan d’un constructeur automobile français) :

    1. Cultivez la confiance en soi et la mise en valeur de vos accomplissements.
    => +FR : affichez votre confiance en l’autre, votre capacité à (re)mettre en lumière les actions collectives (dont vous êtes à l’origine)
    2. Soulignez vos réussites, vos qualités et vos atouts.
    => +FR : accompagnez votre discours d’humilité positive ainsi que d’un verbe socialement impliqué
    3. Adoptez une “positive attitude”, optimiste et enthousiaste.
    => +FR : personnalisez votre narration, parfumez votre texte de sensibilité
    4. Complétez votre parcours de résultats chiffrés.
    => +FR : associez au quantitatif « one shot » du qualitatif « long shot »
    5. Racontez une histoire qui illustre votre force.
    => +FR : utilisez les valeurs nationales (reconnues au plan international) telles que la solidarité, l’équilté, …
    6. Affichez vos lacunes et surtout ce que vous faites pour y remédier.
    => +FR : embarquez le « poids de l’histoire » (tant personnel que celui de votre nation) dans votre prose

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    1. Bonjour Eric,

      Merci pour ce commentaire très pertinent, que je remarque très tardivement ! En effet, il faut toujours rester soi-même, mais tout en s’adaptant quand même à la culture locale.

      Dans tous mes écrits et mes vidéos qui traitent de la culture américaine, ce n’est jamais pour dire qu’il faut essayer d’imiter le style américain si on ne le souhaite pas.

      Ce n’est pas parce que l’on travaille avec des Américains qu’il faut changer radicalement sa façon d’être. Le contact inter-culturel est surtout question de respect de l’autre, de compromis et de compréhension.

      Comme vous dites, en gardant une « French touch », on sort aussi du lot, en reste soi-même tout en faisant un pas vers la « American attitude. »

      Aussi, pour vous donner des nouvelles depuis la rédaction de l’article: Je viens de terminer « The Ultimate Guide To Perfecting Your CV In English ».

      Je passe en revue le format anglo-saxon, les titres, le langage, les diplômes et les descriptifs de poste. C’est un pack complet avec une vidéo de 20 minutes, un livret de 15 pages et une check-liste pour vous aider à éliminer les fautes d’anglais et rédiger un CV qui percute.

      Vous pouvez tout télécharger gratuitement ici: http://eepurl.com/bw3v8b

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