comment Matisse réconcilie le management de projet et la peinture

Stéphane Derouin, Olivier Boichis et Aurélie Pouliquen nous avaient concocté un superbe évènement pour célébrer le 10ème anniversaire de PMGS. La rencontre fut très studieuse avant de devenir plus festive.

Divers ateliers étaient proposés en début d’après-midi. Le choix fut pour moi facile car l’un des thèmes proposés m’intéresse tout particulièrement: les communautés de pratique, animé par Mark Gray que je connais et apprécie de longue date. Mark clarifia d’abord la distinction selon lui entre un club qui accueille des membres et une communauté de pratique. La communauté implique de créer des relations entre les personnes, chacun apporte sa contribution pour qu’ensemble les personnes qui joignent la communauté pratiquent comme l’indique for justement la dénomination de communauté de pratique. Les membres d’un club viennent, participent et se servent mais sans cet esprit de co-construction et de partage vers un but commun. Puis, Mark aborda le cycle de la connaissance.

Dans cette boucle vertueuse, le point faible est très souvent au point du partage de la connaissance avec d’autres car ce n’est qu’en  utilisant l’information, en l’appliquant à un cas concret que l’on peut la transformer en connaissance. C’est donc en faisant que l’on acquière réellement  la connaissance. Hors, la base du partage d’information est la confiance. Confiance en celui qui amène l’information et en celui qui la reçoit et saura en faire bon usage sans jugement péremptoire. Et c’est bien là tout l’objet des communautés de pratiques, que ce soit en management de projet ou autres: confiance et pratique. La pratique démontre la valeur de la nouvelle connaissance et construit toujours plus de confiance au sein de la communauté.

Isabelle Michel-Magyar, Schneider Electric

Après cette fortement stimulante première session, plusieurs clients de PMGS vinrent exposer les problématiques et challenges respectifs auxquels ils ont su faire face avec l’aide de Stéphane, Olivier et leurs équipes.

La première intervenante, Isabelle Michel-Magyar, Schneider Electric, a témoigné de la mise en place et de l’exécution d’un programme de formation customisé basé sur PMI et déployé sur plus de 1000 chefs de projet dans 17 pays. Pas une mince affaire, ni au niveau culturel, ni pour le vendre à l’ensemble des décideurs. La mise en place (en sus des formations) d’une boite à outils fut l’un des points qui permit de gagner la bataille. Certains outils sont d’entrée obligatoires, alors que d’autres viennent compléter la panoplie des chefs de projets plus matures et expérimentés au fil du temps. Les formations s’appuient sur un réseau de formateurs locaux dans quasiment tous les pays pour gagner en proximité, réduire les coûts, créer un tissus local de manager de projet, tout en gardant un strict contrôle sur méthodes et outils.

Puis, le témoignage de Air Liquide sur une problématique assez proche de celle de Schneider révéla deux ou trois astuces mises en œuvre avec succès. La première consiste à mettre en place une formation « allégée » pour tous les membres de la direction. Cette formation étant réalisée par des personnels internes formés au préalable afin de systématiquement utiliser un langage et des exemples propres à l’entreprise.La seconde astuce est de réaliser un PM Pocket Guide de 8 pages avec tout le vocabulaire de base du management de projet sans pour autant galvauder la méthode dans cet abrégé (un beau challenge pour le formateur qui s’y colle). Enfin, prévoir des sessions e-Learning pour les basiques du management de projet pour se focaliser dans des formations en face à face sur des exemples, de la pratique, des cas complexes.

Pas en reste de suggestions, Anne Marie Ehrhard, Talent Manager chez Bull pris la suite. En sus des formations CAPM® et PMP®, ces certifications PMI sont accompagnées d’une labellisation interne des chefs de projet chez Bull avec un comité d’évaluation qui comprend des membres de l’entreprise et experts externes en management de projet. Ce label est supporté par un processus d’évaluation rigoureux qui se base sur PathPro de PMI, le référentiel des compétences en management de projet. Le focus se porte alors sur trois domaines principaux de compétences: Relationnel, Leadership et Professionnel. La valeur ajoutée pour l’entreprise est énorme en matière de traçabilité et de suivi des compétences des chefs de projet. L’employé y trouve une reconnaissance de son parcours professionnel et un accompagnement à chaque étape de son évolution.

La quatrième et dernière intervenante fut Solenn Brotel, Change Program Manager chez Orange. Chez Orange Labs, le métier de chef de projet est reconnu avec trois niveaux de qualifications et de responsabilités que supportent les formations PMGS depuis plusieurs années: CAPM®, le chef de projet junior ou assistant chef de projet, PMP®, le chef de projet confirmé et PgMP®, le Programme Manager. Martial Bellec, récemment certifié PgMP était d’ailleurs dans la salle.

Voilà, c’en était fini de la partie management de projet de la journée… …enfin, pas tout à fait.

Stéphane Derouin et Mobina Sheriff

L’animatrice de la dernière session de la journée, Mobina Sheriff, historienne d’art, fut une fascinante intervenante tant on la sent passionnée par son domaine. Notre population de chefs de projets apprit alors comment les mondes occidentaux et orientaux ont appréhendé l’espace de manières si différentes qu’ils ont grandement influencé artistes et architectes. Le parallèle avec nos projets internationaux rassemblant des cultures différentes est assez facile.

Mais comment comprendre une œuvre d’art et entrer dans l’univers du peintre?

Tout d’abord avec une méthode d’analyse de cette œuvre, puis en reprenant les références historiques et le contexte dans lequel elle fut réalisée par l’artiste. Nous commençâmes donc par poser quelques bases de références grâce à notre animatrice: contexte historique, techniques connues à la période du peintre, influences des courants artistiques… Puis vint le temps de décrire ce que nous voyions, ce que nous ressentions face à la toile. Là encore, méthode et techniques vinrent compléter notre perception grâce à des explications sur les lignes directrices que l’on peut apprendre à repérer dans une peinture et qui forme un véritable diagramme de celle-ci avec plusieurs plans à observer et comprendre. Ces explications furent complétées par les références historiques des nombreux symboles utilisés par ces artistes. Ceux-ci donnent un sens différent à la peinture quand on se positionne la perspective de son auteur. Donc, on le voit, cette partie artistique contenait de nombreux éléments clés familiers de chefs de projet: méthode, rigueur, leçons apprises, référentiel, communication, multi-culturalité, interprétation…

Une session originale et très enrichissante qui emballa tous les chefs de projet présents.

Comme il se doit, nous finîmes la soirée autour du buffet et accompagnés par un excellent orchestre pop/rock. Merci encore PMGS pour cette belle journée.

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