Maîtrises ?

Par Jean-Baptiste JOURDANT, Responsable de l’offre Management de projet chez CSP Formation

« -C’est plus possible ! C’est nous qui devons être en relation avec le prestataire ! Tu n’as pas le droit de leur parler en direct !

– OK, OK ! Pas besoin de s’énerver. Je voulais juste accélérer le mouvement et m’assurer que les informations passent bien des utilisateurs aux développeurs…»

Moi, je veux bien. Si le patron de la DSI le dit, je ne vais pas m’y opposer. Mais s’ils connaissaient un peu le sujet, ça m’arrangerait pour mon projet. Comment je vais faire maintenant ? Je suis le chef de projet, mon patron, c’est le commanditaire du projet et je n’ai pas de droit de parler à mes prestataires ! De plus, il y a un nombre d’intermédiaires hallucinants entre les extrêmes de ce projet, de l’utilisateur final au développeur. Avec une dégradation systématique de la compréhension du sujet à chaque étape. Comment faire ?

Avant tout, de quoi parle-t-on ?

Voyons la nature des interlocuteurs possibles sur un projet, dans la chaîne de responsabilités. Ces définitions ne sont pas universelles d’ailleurs et peuvent recouvrir différentes réalités suivant les domaines dans lesquels elles sont utilisées.

La Maîtrise d’Ouvrage (MOA) : c’est donneur d’ordre au profit de qui l’ouvrage est réalisé. En gros, le client.

La Maîtrise d’Œuvre (MOE) : c’est l’entité chargée de réaliser l’ouvrage. Le responsable des opérations nécessaires à son achèvement.

Les délégués : parfois, chacune de ses entités délègue tout ou partie de leur responsabilité à des spécialistes.

On parle de MOAD (MOA déléguée, capable de prendre des décisions) ou AMOA (Assistance à MOA, plutôt exécutante). On peut avoir des entités internes spécialisées (un bureau des projets, par exemple, dans son rôle support) ou des consultants externes.

On parle aussi de MOED (MOE déléguée, avec fort niveau d’engagement) ou d’assistance à MOE (interventions ponctuelles ou exécutions). Ce sont des sous-traitants ou prestataires qui assurent ces fonctions.

La chaine de la « dé-valeur »

organisation projet initialeJe reviens maintenant sur mon projet de SI, que j’illustrais par le dialogue d’introduction.

Dans la première organisation mise en place, le CP MOA est placé comme « coordinateur » central du projet, avec une structure interne « MOAD » en support des opérations méthodologiques « projet ». Peu de rapport entre cette structure MOAD et la MOE sous-traitée.

Dans cette organisation, 2 comités de pilotage sont mis en place : Comité externe (CP MOA et client externe) et un comité de pilotage interne (CP MOA et CP MOAD). Avec évidemment les hiérarchies concernées. Le responsable et pilote de la réalisation est bien entendu le CP MOA, qui dans les faits cumule (en interne) les responsabilités de MOA et MOE, puisque la MOE est externe.

Évidemment, chaque sous-organisation produit ses tableaux de bord et a sa propre vision de l’avancement et de la santé du projet.

Suite à la soufflante du DSI, une nouvelle organisation est peu à peu mise en place.

Dans cette organisation, la MOA reste dans un rôle purement « défense des intérêts de son client » (commanditaire et utilisateurs). La structure interne de support aux projets reprend un rôle de MOE et devient responsable de la réalisation devant la MOA. Les comités mis en place deviennent le Comité de pilotage de « l’ouvrage » (CP MOA avec les utilisateurs) et le comité de pilotage de « l’œuvre » (CP MOE avec le prestataire et le CP MOA).

Quel bazar !

organisation projet finaleDans cette nouvelle disposition à trois chefs de projets et deux comités de pilotage, une couche théorique s’est ajoutée et l’utilisateur s’est encore éloigné du producteur.

Comment faire pour limiter les incompréhensions entre ces représentants ?

Comment assurer une bonne adéquation entre le besoin et le livrable ?

Est-il vraiment nécessaire d’avoir autant de chefs de projets… au même niveau, sur le même projet ?

Ne peut-on pas avoir un unique comité de pilotage ?

Rationalisons !

Tout d’abord les chefs de projets.

  • Le CP MOA n’est pas le chef de projet. Il porte le besoin et garantit la satisfaction du client. Il recueille, exprime, recadre, arbitre, informe. Il est MOA. On peut l’appeler CP MOA. Mais si un chef de projet MOE est nommé à l’intérieur de l’organisation, ce sera bien lui le chef du projet. Avec une relation « client-fournisseur » interne.
  • Le CP MOE, est celui qui coordonne l’ensemble des activités sur le projet. Il garantit 2 axes principaux : la communication transverse et l’application de la méthodologie de management de projet. Il s’assure de la bonne information des parties prenantes en temps réel, diffuse les tableaux de bord, gère les risques et s’assure de la résolution correcte de tout problème.
  • La MOE déléguée pour réaliser l’ouvrage met en place une équipe projet de producteurs et d’experts. Chef de projet MOE délégué ? Oui, bien sûr, mais dans son entité propre.

Nos deux comités de pilotage ?

Plus vraiment. Il reste UN comité de pilotage animé par le CP MOE. De part et d’autres (côté client et côté prestataire) restent des réunions de suivi, de surveillance, d’avancement. Mais il ne s’agit plus de pilotage.

Les livrables méthodologiques ?

Entre les deux organisations, les tableaux de bords (TDB) ont été recentrés sur le chef de projet (CP MOE) et le cahier des charges fonctionnel lui a échu. Si ce n’est pas le cas, il risque de rester une « boîte aux lettres », un organisateur, un gestionnaire de projet. L’appropriation de la maîtrise fonctionnelle est l’espace critique de sa crédibilité.

Conclusion ?

En phase d’avant projet (type SI), lorsque la solution n’est pas encore définie, la MOA définit un pilote de cette phase. Un « chef de projet » en charge de cadrer le projet, identifier les risques majeurs, construire un business plan, recueillir la structure des besoins, évaluer pertinence et faisabilité.

Il peut être le chef de projet MOE responsable de la réalisation, en dialogue avec le commanditaire. Mais, il peut aussi n’être que « l’avocat » de la MOA.

Dans ce cas, il sera important lors de la phase de planification du projet et au plus tard au démarrage de l’exécution, d’avoir défini clairement les rôles et responsabilités de la chaîne de transformation du besoin en charges fonctionnelles, en solution technique puis en solution opérationnelle.

Et quelle que soit l’organisation choisie, le chef de projet, unique, devra :

1° garantir la plus grande fluidité de la communication entre acteurs « éloignés », en créant autant de points de rencontres que nécessaires,

2° maîtriser l’application des meilleures pratiques méthodologiques tout au long du projet.

CSP Formation
Partenaire de DantotsuPM

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Maîtrises ?

Par Jean-Baptiste JOURDANT,

Responsable de l’offre Management de projet chez CSP Formation

 

« -C’est plus possible ! C’est nous qui devons être en relation avec le prestataire ! Tu n’as pas le droit de leur parler en direct !

– OK, OK ! Pas besoin de s’énerver. Je voulais juste accélérer le mouvement et m’assurer que les informations passent bien des utilisateurs aux développeurs…»

Moi, je veux bien. Si le patron de la DSI le dit, je ne vais pas m’y opposer. Mais s’ils connaissaient un peu le sujet, ça m’arrangerait pour mon projet. Comment je vais faire maintenant ? Je suis le chef de projet, mon patron, c’est le commanditaire du projet et je n’ai pas de droit de parler à mes prestataires ! De plus, il y a un nombre d’intermédiaires hallucinants entre les extrêmes de ce projet, de l’utilisateur final au développeur. Avec une dégradation systématique de la compréhension du sujet à chaque étape. Comment faire ?

Avant tout, de quoi parle-t-on ?

Voyons la nature des interlocuteurs possibles sur un projet, dans la chaine de responsabilités. Ces définitions ne sont pas universelles d’ailleurs et peuvent recouvrir différentes réalités suivant les domaines dans lesquels elles sont utilisées.

La Maitrise d’Ouvrage (MOA) : c’est donneur d’ordre au profit de qui l’ouvrage est réalisé. En gros, le client.

La Maitrise d’Œuvre (MOE) : c’est l’entité chargée de réaliser l’ouvrage. Le responsable des opérations nécessaires à son achèvement.

Les délégués : parfois, chacune de ses entités délègue tout ou partie de leur responsabilité à des spécialistes.

On parle de MOAD (MOA déléguée, capable de prendre des décisions) ou AMOA (Assistance à MOA, plutôt exécutante). On peut avoir des entités internes spécialisées (un bureau des projets, par exemple, dans son rôle support) ou des consultants externes.

On parle aussi de MOED (MOE déléguée, avec fort niveau d’engagement) ou d’assistance à MOE (interventions ponctuelles ou exécutions). Ce sont des sous-traitants ou prestataires qui assurent ces fonctions.

La chaine de la « dé-valeur »

Je reviens maintenant sur mon projet de SI, que j’illustrais par le dialogue d’introduction.

Dans la première organisation mise en place, le CP MOA est placé comme « coordinateur » central du projet, avec une structure interne « MOAD » en support des opérations méthodologiques « projet ». Peu de rapport entre cette structure MOAD et la MOE sous-traitée.

Dans cette organisation, 2 comités de pilotage sont mis en place : Comité externe (CP MOA et client externe) et un comité de pilotage interne (CP MOA et CP MOAD). Avec évidemment les hiérarchies concernées. Le responsable et pilote de la réalisation est bien entendu le CP MOA, qui dans les faits cumule (en interne) les responsabilités de MOA et MOE, puisque la MOE est externe.

Evidemment, chaque sous-organisation produit ses tableaux de bord et a sa propre vision de l’avancement et de la santé du projet.

Suite à la soufflante du DSI, une nouvelle organisation est peu à peu mise en place.

Dans cette organisation, la MOA reste dans un rôle purement « défense des intérêts de son client » (commanditaire et utilisateurs). La structure interne de support aux projets reprend un rôle de MOE et devient responsable de la réalisation devant la MOA. Les comités mis en place deviennent le Comité de pilotage de « l’ouvrage » (CP MOA avec les utilisateurs) et le comité de pilotage de « l’œuvre » (CP MOE avec le prestataire et le CP MOA).

Quel bazar !

Dans cette nouvelle disposition à trois chefs de projets et deux comités de pilotage, une couche théorique s’est ajoutée et l’utilisateur s’est encore éloigné du producteur.

Comment faire pour limiter les incompréhensions entre ces représentants ?

Comment assurer une bonne adéquation entre le besoin et le livrable ?

Est-il vraiment nécessaire d’avoir autant de chefs de projets… au même niveau, sur le même projet ?

Ne peut-on pas avoir un unique comité de pilotage ?

Rationalisons !

Tout d’abord les chefs de projets.

* Le CP MOA n’est pas le chef de projet. Il porte le besoin et garantit la satisfaction du client. Il recueille, exprime, recadre, arbitre, informe. Il est MOA. On peut l’appeler CP MOA. Mais si un chef de projet MOE est nommé à l’intérieur de l’organisation, ce sera bien lui le chef du projet. Avec une relation « client-fournisseur » interne.

* Le CP MOE, est celui qui coordonne l’ensemble des activités sur le projet. Il garantit 2 axes principaux : la communication transverse et l’application de la méthodologie de management de projet. Il s’assure de la bonne information des parties prenantes en temps réel, diffuse les tableaux de bord, gère les risques et s’assure de la résolution correcte de tout problème.

* La MOE déléguée pour réaliser l’ouvrage met en place une équipe projet de producteurs et d’experts. Chef de projet MOE délégué ? Oui, bien sûr, mais dans son entité propre.

Nos deux comités de pilotage ?

Plus vraiment. Il reste UN comité de pilotage animé par le CP MOE. De part et d’autres (côté client et côté prestataire) restent des réunions de suivi, de surveillance, d’avancement. Mais il ne s’agit plus de pilotage.

Les livrables méthodologiques ?

Entre les deux organisations, les tableaux de bords (TDB) ont été recentrés sur le chef de projet (CP MOE) et le cahier des charges fonctionnel lui a échu. Si ce n’est pas le cas, il risque de rester une « boîte aux lettres », un organisateur, un gestionnaire de projet. L’appropriation de la maîtrise fonctionnelle est l’espace critique de sa crédibilité.

Conclusion ?

En phase d’avant projet (type SI), lorsque la solution n’est pas encore définie, la MOA définit un pilote de cette phase. Un « chef de projet » en charge de cadrer le projet, identifier les risques majeurs, construire un business plan, recueillir la structure des besoins, évaluer pertinence et faisabilité.

Il peut être le chef de projet MOE responsable de la réalisation, en dialogue avec le commanditaire. Mais, il peut aussi n’être que « l’avocat » de la MOA.

Dans ce cas, il sera important lors de la phase de planification du projet et au plus tard au démarrage de l’exécution, d’avoir défini clairement les rôles et responsabilités de la chaine de transformation du besoin en charges fonctionnelles, en solution technique puis en solution opérationnelle.

Et quelle que soit l’organisation choisie, le chef de projet, unique, devra :

1° garantir la plus grande fluidité de la communication entre acteurs « éloignés », en créant autant de points de rencontres que nécessaires,

2° maîtriser l’application des meilleures pratiques méthodologiques tout au long du projet.

les compétences financières sont cruciales pour les chefs de projet

bilan financierUn ami m’a invité à lire cet article centré sur la nécessité de connaissances ou au moins de compréhension des finances de base pour tout informaticien. Je pense qu’il s’applique également à la profession de chef de projet. Même si nous ne sommes pas tous très versés ou fanas des aspects financiers, ceux-ci sont souvent au cœur du sujet pour déterminer la poursuite ou l’arrêt d’un projet, sa réussite ou son échec final. Un cours « finances pour non financiers » est d’ailleurs en général très apprécié comme j’ai pu le constater dans plusieurs entreprises.

Vous pouvez avoir les meilleures équipes et respecter tous vos jalons, mais en fin de compte, les projets vivent ou meurent par leurs données financières.

IT financial skills – mind the gap! article de Michael Gentle

Avec un budget informatique moyen s’établissant à 2-8 % de revenu et 30-50 % de capital investi, on penserait logiquement que, en moyenne, l’informaticien a, sinon une connaissance robuste des données financières de l’informatique, au moins une compréhension raisonnable de l’essentiel, pour qu’il puisse voir comment ses activités quotidiennes contribuent à ces chiffres.

Eh bien, réfléchissez-y à nouveau. Seul le sommet de la direction informatique comprend vraiment ce que les chiffres représentent – ou plus précisément, supposent représenter parce que, comme nous verrons plus loin sur, il y a une marge significative d’erreur. Le reste, qui signifie la grande majorité du service informatique, a peu d’idée comment leur travail quotidien impacte les résultats financiers de la société. Ils ne s’en soucient probablement pas particulièrement, pas parce qu’ils ne sont pas des professionnels, mais parce qu’ils ne le considèrent pas comme une partie de leurs responsabilités. Ils sont là pour faire l’analyse, le développement, le support ou autres ; les finances sont le travail de leurs managers – ou pour les comptables du département financier.

Et pourtant, c’est le travail quotidien de ces personnes, construit sur des corrélations complexes entre des équipes de spécialistes, qui font ces résultats. Comment des personnes qui estiment que les données financières informatiques ne font pas partie de leurs responsabilités peuvent-elles fournir les informations précises qui seront en bout de ligne converties en données financières de l’ordre de 2-8 % du revenu et 30-50 % des investissement de capitaux ?

La réponse, bien sûr, est qu’ ils ne le peuvent pas. Par exemple, un sondage de PSB Research en mai 2009 auprès de décideurs de l’informatique a constaté que presque les trois quarts d’entre eux estiment leur marge d’erreur de 5-20 % dans leurs coûts réels, tandis que seulement 12% auraient une marge d’erreur de moins de 5 %. Pour un $100m de budget informatique, cela signifie que les chiffres pourraient être erronés de 5 à 20m pour trois sur quatre de toutes les sociétés interrogées. Autrement dit, il pourrait être de $80m comme de $120m – ce qui n’est pas exactement de la menue monnaie.

Le sondage confirme simplement ce que la plupart d’entre nous soupçonnent de toute façon. Au cours de beaucoup de mes années dans l’industrie, dans des services informatiques et aux ventes de logiciels, j’ai régulièrement entendu dire que les gens – incluant des cadres supérieurs – admettent ouvertement qu’ils ne savent pas la différence entre dépenses d’investissement et opérationnelles (opex) ! Ou bien, ce qu’est la dépréciation et comment elle s’applique aux systèmes d’information. Ou encore la différence entre un compte de résultats et un bilan. Ou comment les provisions augmentent l’exactitude du rapport mensuel. Ou la différence entre un budget et un prévisionnel. Pour voir comment vous vous en sortez sur l’essentiel des données financières, prenez ce rapide test 1-minute survey et voyez les résultats. Vous pouvez aussi passer à travers le IT Financials Glossary et tester votre compréhension de l’essentiel [de la terminologie financière anglo-saxonne].

sécuriser protéger coffre fortCe ne serait pas si terrible si les contrôleurs financiers jouaient leur rôle de gardien et de protecteur et étaient capables de capturer de telles erreurs. Malheureusement, ce n’est pas toujours le cas. Beaucoup de sociétés souffrent du dilemme classique d’informaticiens ne connaissant pas assez la finance et de financiers ne connaissant pas assez l’informatique. Donc, l’informatique donne des chiffres à la finance, qui doit souvent les prendre pour argent comptant. C’est aussi vrai pour les budgets que pour les données réelles. Ces mêmes chiffres sont alors parfois refacturés en interne au business, qui pourrait avoir peu d’idée de ce qu’ils payent puisqu’ils doivent à leur tour les prendre à leur valeur nominale.

OK, et alors ? Qui s’en soucie ? L’informatique est de la technologie et de la livraison et direction de systèmes pour le business, n’est-ce pas ? Depuis quand les finances font-elles partie de la description de poste ? Eh bien, elles pourraient ne pas faire partie de la description de poste, mais les chiffres pilotent tout. Vous pouvez assembler les meilleures équipes de projet, atteindre tous vos jalons et produire tous vos livrables, mais en bout de course, vos projets et leurs applications informatiques résultantes vivent ou meurent selon leurs résultats financiers. Et ceci est vrai de la planification d’investissement et prévisions budgétaires à la gestion des coûts et leur imputation :

  • Planification d’investissement : de pauvres pratiques financières peuvent aboutir aux choix de mauvais projets d’une perspective justification business (« business case ») (lisez : le projet va probablement échouer malgré les meilleurs efforts de chacun)
  • Prévisions budgétaires : des budgets de projet peu réalistes, par définition basés sur des suppositions et des estimations, deviennent souvent gravés dans le marbre, au lieu de se développer naturellement par prévision mensuelle. Pour la plupart des projets, c’est souvent le budget et pas les dépenses, qui sont erronés.
  • Management des coûts : une attention insuffisante aux données financières aboutit à une énorme quantité de suivi et de rapports frustrants et sans valeur-ajoutée, laissant les projets et applications informatiques exposées à des réductions de coûts par défaut.
  • Imputation : les clients business ont souvent peu d’idée de ce qu’ils payent puisque le projet informatique et les responsables d’applications sont d’habitude incapables de comprendre leur difficultés financières, aboutissant à un focus sur les coûts plutôt que sur la valeur.

Pour conclure, tout le personnel informatique – et pas seulement la direction – doit augmenter sa compréhension financière générale, parce qu’en fin de compte ce sont les actions de chacun qui contribuent à l’exactitude, la ponctualité et la crédibilité des chiffres totaux.

Cela exigera la mise en œuvre de processus financiers de base pour les prévisions budgétaires et le management des coûts dans une structure de management de projet qui va au-delà de la seule livraison du projet. Au moment où la balle est passée aux équipes de support, la référence de base financière est d’habitude à peu près établie et peut seulement augmenter après cela.

Michel Gentle est un consultant informatique de données financières et l’auteur de « An Introduction to IT Project Financials – Budgeting, Cost Management and Chargebacks ». Pour d’autres articles sur ce sujet, visitez www.itprojectfinancials.com.

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Repose en Paix : projet informatique

repose en paix« RIP: IT Project » de Susan Lyle Dodia

C’est la fin du 2ème Trimestre et de la première moitié de l’année. Pour beaucoup d’organisations, c’est un moment où projets et programmes sont passés en revue et analysés. Certains seront au bout du compte choyés : plus d’argent, de ressources, d’attention, quelque soient les ressources nécessaires. D’autres projets et programmes ne s’en tireront pas aussi bien et seront brutalement arrêtés ou « mis en veille » jusqu’à ce que mort s’en suive.

Couper le courant sur un projet est une intéressante question de management du changement. Même si en tant que chefs de projet nous signons pour un projet sachant qu’il est, par définition, provisoire, nous voulons que cela se finisse parce que nous avons fini le travail, pas parce que l’organisation n’en veut plus. Et nous sommes très investis émotionnellement dans nos projets, peut-être parce qu’ils sont provisoires et que nous avons envie d’avoir un réel impact pendant notre brève intendance. En conséquence, nous pouvons réellement ressentir un sentiment de perte quand un projet est annulé, et il en est de même pour tout autre membre de l’équipe projet.

Donc j’ai été très intéressé quand j’ai récemment lu par hasard un article dans le magazine CIO : When IT Projects Founder, Emotions Run High de Michel Fitzgerald. “Il est difficile de ne pas ressentir d’émotions quand des projets longs et aux technologies très en pointe sont injustement assassinés, euthanasiés avec bienveillance ou livrés avec des défauts”, écrit Fitzgerald.

Fitzgerald met en lumière un sujet légèrement embarrassant pour beaucoup de personnes de l’informatique. C’est, euh, le, hum, les sentiments. C’est précisément cette réticence à parler de sentiments qui peut causer tant de problèmes quand un projet finit de manière inopinée.

“Chaque projet tué ou à problème a sa propre histoire pathétique particulière ”, dit Fitzgerald. “Certains subissent des événements imprévus – la fin de la guerre froide, un ralentissement de l’économie, une fusion, un changement dans les priorités business. Certain s’enfoncent à cause d’une mauvaise combinaison de technologie, objectifs et compétences. Mais chaque fois que les projets trébuchent ou même meurent, et que des gens se sentent blessés, cela a d’habitude un rapport avec le problème le plus persistant de l’humanité : la communication.”

tristeSi vous devez passer votre été avec un projet moribond, n’oubliez pas de faire attention aux sentiments que les gens ont au sujet de leur travail. Une fois engagé sur un projet, il peut être difficile pour beaucoup de personnes de couper l’interrupteur dans leur esprit et de s’en séparer. Les gens ont besoin de parler de comment ils se sentent à la fin d’un projet et un bon chef de projet les y aidera.

Un exercice facile qui peut aider à faire son deuil à l’équipe de projet est l’exercice des Glads, Sads et Mads (contents, tristes et en colère). Pensez-y comme à une session sur les Leçons Apprises mais pour les émotions! Rassemblez votre équipe, peut-être dans un endroit informel, en dehors du bureau, et faites le tour de table en demandant à chaque personne de partager trois sentiments sur le projet : pourquoi ils sont heureux que le projet finisse, pourquoi ils sont tristes qu’il finisse et pourquoi ils sont en colère qu’il finisse. Cela aide l’équipe à faire sortir ses sentiments de manière ouverte et à entendre des perspectives rafraîchissantes. Ils peuvent être soulagés d’apprendre que d’autres ont également de fortes émotions, et peuvent ressentir du plaisir à voir le niveau d’engagement exprimé par leurs coéquipiers.

Quoi que vous fassiez, n’ignorez pas le côté émotionnel d’un projet technologique annulé. Assurez-vous que les membres de votre équipe ne transportent pas leurs sentiments ou émotions négatifs sur le projet suivant en les aidants à confronter leurs sentiments lorsqu’ils terminent l’ancien projet.

I am becoming the sponsor of a project, what should I do?

In the literature on project management, the role of project sponsors seems to appear in the 70s. It is at this time that project management spread to all the industries and activities instead of being limited to big construction projects, military and the aeronautics. Certain companies then started to reorganize by project and it rapidly appeared that there were not enough business leaders to lead directly all projects. These leaders had to rely on more operational project managers while keeping a business sponsor’s role and remain the ultimate person responsible for the project.

Being a project manager as many readers of this blog, becoming the sponsor of a project is like crossing the mirror. The PM whom I am has very strong expectations (but nevertheless realistic) of his(her) sponsors. If I became a sponsor, which would or should be my first concerns?

Certainly first of all to define precisely my role and expectations of the PM, in the same way as he or she will have expectations of what I should bring to the project. It is thus necessary to establish mutual trust between us based on clearly established roles and responsibilities, regular communications, and common rules. Let us establish these jointly during a first working session.

Business Champion, legitimacy.

To perform successfully his role, the sponsor must be listened to and recognized by his peers in the business and by his management. It is therefore critical that I get in touch with all stakeholders of the project. I need to understand clearly their expectations of the project, their necessary level of involvement, and to listen to their points of view. It will be in particular useful at this time to obtain an access to their expert resources of the domain. And, also these discussions shall enable me to appreciate the problems to be addressed from the insiders’ view.

Direction and support in decision-making

Here is one of my sponsor’s key roles. It is a matter of giving a direction and management support to the project manager. It is thus imperative that I have an excellent and very clear overall view of the objectives of the project and that I am able to articulate and to communicate these simply and effectively. And this for all the stakeholders: the project manager and his team of course, but also the management of my company, including or maybe even in particular towards those who seem less impacted by the project but have a large influence in the company (not always high-ranking individuals).

Review and approval of plans and deliverables

Beyond the adequacy of the deliverables and project plans to the concrete objectives of the project, my sponsor’s role is to improve these project’s deliverables and to approve them formally. The best sponsors that I had as PM, had the capacity to see farther than the deliverables in themselves. They perceived early how these products would be welcomed according to the expectations of the many stakeholders. They anticipated the potential negative reactions to prevent these, often by modifications which may seem to be cosmetic but which made a huge difference. They were always one or two steps forward in their reflection with regard to my inevitably more operational focus.

Guaranty the availability of the assigned resources in due time (Including my own)

I shall be demanding and even inflexible on the provision in due time of the resources promised to the project team to succeed. How could I be strict on any drift of the project if the authorized means are not provided? The most difficult one will be probably my own availability to the project manager. It must be easy to obtain, immediate, and especially with a 100 % of my attention dedicated to the project on these occasions.

Remove the obstacles

In addition to supplying the necessary resources, I have the duty to unlock complex situations or crisis that the PM despite of all his/her efforts (because it is first of all his/her role to do so) would not know how to address. It does mean removing the responsibility from the PM’s shoulders but rather supplying the required support when necessary.

Establish and decide on the priorities

What should we do? Delay the project production date by a few days or to exceed the budget? The PM will supply me the arguments in favor and against these two alternatives, and possibly his/her recommendation. The decision will be on me and I shall have to take into account all of the following: the objectives and the imperatives of the business, the operational and commercial impacts, the stakeholders… This type of decision cannot be put off and, very often, no decision is worse than making an error which we will correct later.

Examine regularly the progress

A combination of formal and informal sessions seems to me an efficient approach. Formal project committees and the other gates or milestones reviews are necessary but often insufficient. Indeed, reading a report or listening to a well prepared presentation speech will not allow me to understand what’s really happening. It is necessary to read between lines, to hear the unsaid, the intangible, to appreciate the difficulties of the PM and to have a real human relationship. In my past projects, brief (30 minutes) and regular (weekly) sessions appeared to me to be the most effective.

Promote frank and open communications (put down the masks!)

To get the vital info, including the bad news that are difficult to hear, I need on my side to be frank and open with the PM. To communicate without taboo or hidden agenda is a must do. Except information that could place the company at risk such as the legal issues (some financial information for example, or reorganizations and mergers/acquisitions), everything can be explained with a little bit of intelligence and trust.

Provide standards of performance

To be opened and approachable does not mean being permissive. My best sponsors were inflexible with me and my team. I had very clearly their support and knew perfectly what they expected from me. We had high standards of quality and performance and these were mutually shared.

Develop an organization which learns from its mistakes and successes

Finally, as the sponsor of an important project of the company and thus member of its senior management, I owe to develop the skills and the know-how of the resources which are under my leadership and to make sure that The lessons learned will benefit future projects.

10 minutes avec le grand chef pour parler de votre projet

J’ai lu un article de Ty Kiisel qui m’a fait penser aux quelques points à garder à l’esprit lorsque l’on a opportunité de présenter son projet à un ou plusieurs dirigeants.

L’article de Ty s’intitule: « When Presenting to Stakeholders—You’ve Only Got About a Minute ».

Comme Ty, j’ai pu apprécié que l’un des points communs des dirigeants est qu’ils ont très peu de temps. Aussi, leur temps d’attention pour notre projet est très limité et il vaut mieux ne pas gâcher l’opportunité de s’adresser directement à eux si elle se présente. Cela dit, le temps de tout un chacun est précieux. Le temps est une denrée qui nous est donnée en quantité limitée à notre naissance. Donc, soyons concis, adaptons notre propos à notre interlocuteur, attisons son intérêt, soyons précis…

Les 10 points proposés par Ty méritent d’être lus. J’en retiendrais 3 qui sont réellement primordiaux selon mon expérience et j’en ajouterais un que je n’ai pas trouvé dans la liste:

1. Vue d’ensemble (mon addition personnelle): Rappelons le contexte dans lequel s’insère notre projet. N’assumons pas qu’ils se souviennent de qui nous sommes ou l’objet de notre projet. Ils ont beaucoup de choses à gérer en parallèle. Démarrons par la manière dont notre projet supporte un ou plusieurs de leurs objectifs stratégiques avant d’entrer dans les détails. Poursuivons ensuite par un résumé du contenu, coûts, délais, et jalons majeurs du projet. Expliquons où nous en sommes par rapport à ceux-ci.

2. Faisons simple: Soyons directs. Exposons les faits et pourquoi leur implication est nécessaire. Ne les inondons pas d’informations, soyons concis, n’utilisons pas de jargon. Procéder autrement serait un gaspillage de temps et ils penseraient que nous sommes incapables de faire une synthèse efficace et de nous exprimer clairement.

3. Proposons des solutions: Offrons une ou deux options (mais pas plus). Comme Ty l’indique dans son article, il ne nous servirait à rien de présenter des problèmes sans proposition de solution. Ils savent décider entre deux solutions mais c’est notre responsabilité de présenter des options cohérentes et documentées qui mettent en évidence avantages, inconvénients, coûts et impacts sur le projet.

4. Soyons spécifiques sur ce que nous attendons d’eux: Un mémo ou un coup de fil pour débloquer une situation, plus d’argent, de temps, de ressources, un arbitrage, une décision sur les priorités…

Pourriez-vous auditer mon projet svp ?

bad auditorCette demande vous semble-t-elle étrange ? Êtes-vous comme de nombreux PMs qui fuient les audits comme la grippe H1N1 ? Les considérez-vous comme une perte de temps au mieux et un assassin potentiel de projet dans les cas extrêmes ?

J’ai partagé ces « a priori » mais cela n’est pas une fatalité. Les audits sont utiles, peuvent être productifs et apporter des avantages réels à votre projet ainsi qu’à vous-même.

Je suggère de commencer par le début : qui a commandité l’audit ? Pourquoi ? Qui sont les auditeurs ? Quelle est l’objet précis de l’audit?

J’ai découvert à l’expérience qu’en répondant à la dernière de ces questions, c’est-à-dire la portée de l’audit, on répond souvent aux autres. En effet, une fois partagé et compris, l’objet mettra en évidence plusieurs secteurs d’investigation et de revue. Cela pourrait être les pratiques de management de projet, les dépenses, la qualité des livrables, la sécurité, l’état d’avancement, les détails du plan de projet ou une combinaison de ceux-ci et d’autres.

Avec un peu de réflexion et de discussion avec les auditeurs, cela devrait expliquer les raisons et identifier le commanditaire. Le type d’auditeurs vous recevez, internes ou cabinets de conseil externes, généralistes ou auditeurs spécialisés, en dit également long sur l’importance accordée à l’audit et son but.

keeping moneyPar exemple, pendant un projet de construction et déploiement de progiciel de gestion intégrée (PGI), nous avons eu un audit interne. Une fois compris que le focus était essentiellement de s’assurer que nous contrôlions correctement dépenses et risques, il fut facile pour l’équipe de fournir les évidences de ce que nous faisions dans ces domaines. Nous avons montré notre processus de suivi des dépenses, notre méthode de suivi des affectations, le journal des questions ouvertes et le registre des risques. Le responsable financier a été rassuré par les résultats de l’audit. De plus, les auditeurs nous ont aidés à aller plus loin dans notre management des risques en nous permettant d’organiser une session de revue et de brainstorming sur les risques avec le comité exécutif du projet.

La suggestion suivante est de comprendre le processus que les auditeurs prévoient de suivre. Il est en effet important de comprendre leur approche pour mieux préparer l’équipe à cet événement qu’ils peuvent initialement percevoir de manière négative. En général, cela commence par des entretiens avec des membres clefs de l’équipe et les commanditaires du projet, souvent précédés par des requêtes de documentation pour pré-analyse. L’étape suivante implique des entretiens additionnels pour entrer plus profondément dans des questions spécifiques.

Un exemple basé sur mon expérience personnelle est sur un projet informatique où nous avions rencontré de graves problèmes pendant le déploiement. En tant que PM junior, je n’avais ni l’expérience ni le charisme pour « manager » un auditeur (externe dans ce cas). Il est venu et a exécuté son show sans expliquer le pourquoi et le processus à qui que ce soit. Dès le départ, il a émis des commentaires négatifs. L’équipe est devenue très préoccupée et quelque peu défensive. Les personnes ont fourni tous les documents demandés, mais d’une façon peu structurée. Il n’y avait pas d’histoire d’ensemble pour mettre les données brutes dans leur contexte. L’audit a pris beaucoup de temps et était très stressant pour tous. Au bout du compte, le rapport n’a pas aidé le projet à traverser cette période difficile. Dans ce cas spécifique, un audit, qui pouvait apporter la valeur, n’a réussi qu’à tuer un projet. Je garde encore un souvenir déplaisant de cette expérience certes utile mais par trop douloureuse.

meeting 2Vous devriez aussi prendre en compte le fait que les auditeurs feront certainement des points de suivi avec la direction et les commanditaires. Ils partageront leur état avancement à ces sessions, exposeront leurs découvertes, testeront leurs idées initiales (pour voir les réactions potentielles) et, plus tard, ils présenteront leurs recommandations (intermédiaires puis finales).

L’année dernière, je fus nommé leader pour l’audit d’une application interne. Comme j’avais été plusieurs fois du coté de l’audité, j’ai placé une attention particulière à expliquer les jalons et l’approche de l’audit. Nous avons discuté du périmètre proposé et de qui ferait quoi. Nous avons partagé nos observations au fur et à mesure avec l’équipe pour éviter les surprises. Nous leur avons donné l’occasion de faire des remarques (ce qu’ils ont fait et nous les avons prises en considération). Nous avons partagé nos recommandations avec l’équipe de projet avant de le faire avec la direction. Nous avons aussi aidé à définir et mettre en place un plan d’action pour adresser les points identifiés. Nous avons même ensuite (après l’audit) assuré un suivi de l’exécution de ces plans d’action. Cela, je suis certain, fut beaucoup plus bénéfique à la société qu’un simple rapport.

Indépendamment du scénario, le point clé pour le PM est de supporter activement les auditeurs pendant leurs investigations. Nous devons leur fournir toutes les informations appropriées en totale transparence et demander à nos membres de l’équipe projet de faire de même. Nous nous attacherons aussi à dégager du temps pour eux dans nos agendas surchargés. Nous voulons être des partenaires positifs et de valeur. En agissant ainsi, nous pouvons espérer gagner le privilège d’être impliqués dans la préparation des documents et sessions pour la direction. Ce peut être limité à valider la justesse des faits rapportés et ceci est déjà très utile. Ce peut être de comprendre ce qu’ils vont mettre en évidence et même de discuter certaines de leurs recommandations intermédiaires.

Dans mon rôle de PM, si les auditeurs me demandent mes attentes de l’audit, je mets en évidence 2 points majeurs :

  1. Obtenir des recommandations de valeur pour améliorer le projet
  2. Équité envers les membres de l’équipe.

L’étape suivante est l’achèvement de l’audit et de la production des recommandations. Inévitablement, il y en aura certaines avec lesquelles vous êtes d’accord ou que vous pouvez comprendre. Il y aura d’autres qui seront plus difficiles à accepter. Dans tous les cas, il est absolument critique de rester positif et ouvert. Passer en mode défensif n’aiderait en rien. De plus, gardez à l’esprit que les recommandations des consultants et auditeurs sont une chose; le choix des recommandations sur lesquelles la direction décidera d’agir est une autre affaire (bien plus critique pour vous et votre projet).

Dès que vous comprenez quelles actions correctives ou d’amélioration sont retenues, partagez celles-ci avec l’équipe projet de manière positive. Il est fréquent que le rapport complet des auditeurs ne soit pas diffusé. Seuls les points principaux des rapports sont présentés. Ceux qui engagent l’équipe sur des actions productives.

En conclusion, je suggère que, si votre projet n’est pas encore audité, vous considériez quels domaines pourraient être améliorés par un conseil externe et sollicitiez un audit sur ceux-ci : Demandez de l’aide avant que quelqu’un au-dessus de vous ne décide que vous avez besoin d’être aidés.

external eyeSur de nombreux projets, vous constaterez que les auditeurs vous aideront énormément à améliorer certains aspects comme le contrôle du périmètre, la rigueur dans la gestion des demandes de changement ou l’engagement de vos sponsors dans le management des risques. Les auditeurs portent un œil externe sur votre projet et sont donc bien plus objectifs que vous ne pouvez l’être.

Auditez mon projet !

Cette injonction vous semble-t-elle étrange ? Êtes-vous comme de nombreux PMs qui fuient les audits comme la grippe H1N1 ? Les considérez-vous comme une perte de temps au mieux et un assassin potentiel de projet dans les cas extrêmes ?

J’ai partagé ces « a priori » mais cela n’est pas une fatalité. Les audits sont utiles, peuvent être productifs et apporter des avantages réels à votre projet ainsi qu’à vous-même.

Je suggère de commencer par le début : qui a commandité l’audit ? Pourquoi ? Qui sont les auditeurs ? Quelle est l’objet précis de l’audit?

J’ai découvert à l’expérience qu’en répondant à la dernière de ces questions, c’est-à-dire la portée de l’audit, on répond souvent aux autres. En effet, une fois partagé et compris, l’objet mettra en évidence plusieurs secteurs d’investigation et de revue. Cela pourrait être les pratiques de management de projet, les dépenses, la qualité des livrables, la sécurité, l’état d’avancement, les détails du plan de projet ou une combinaison de ceux-ci et d’autres.

Avec un peu de réflexion et de discussion avec les auditeurs, cela devrait expliquer les raisons et identifier le commanditaire. Le type d’auditeurs vous recevez, internes ou cabinets de conseil externes, généralistes ou auditeurs spécialisés, en dit également long sur l’importance accordée à l’audit et son but.

Par exemple, pendant un projet de construction et déploiement de progiciel de gestion intégrée (PGI), nous avons eu un audit interne. Une fois compris que le focus était essentiellement de s’assurer que nous contrôlions correctement dépenses et risques, il fut facile pour l’équipe de fournir les évidences de ce que nous faisions dans ces domaines. Nous avons montré notre processus de suivi des dépenses, notre méthode de suivi des affectations, le journal des questions ouvertes et le registre des risques. Le responsable financier a été rassuré par les résultats de l’audit. De plus, les auditeurs nous ont aidés à aller plus loin dans notre management des risques en nous permettant d’organiser une session de revue et de brainstorming sur les risques avec le comité exécutif du projet.

La suggestion suivante est de comprendre le processus que les auditeurs prévoient de suivre. Il est en effet important de comprendre leur approche pour mieux préparer l’équipe à cet événement qu’ils peuvent initialement percevoir de manière négative. En général, cela commence par des entretiens avec des membres clefs de l’équipe et les commanditaires du projet, souvent précédés par des requêtes de documentation pour pré-analyse. L’étape suivante implique des entretiens additionnels pour entrer plus profondément dans des questions spécifiques.

Un exemple basé sur mon expérience personnelle est sur un projet informatique où nous avions rencontré de graves problèmes pendant le déploiement. En tant que PM junior, je n’avais pas l’expérience ni le charisme pour « manager » l’auditeur (un externe dans ce cas). Il est venu et a exécuté son show sans expliquer le pourquoi et le processus à qui que ce soit. Dès le départ, il a émis des commentaires négatifs. L’équipe est devenue très préoccupée et quelque peu défensive. Les personnes ont fourni tous les documents demandés, mais d’une façon peu structurée. Il n’y avait pas d’histoire d’ensemble pour mettre les données brutes dans leur contexte. L’audit a pris beaucoup de temps et était très stressant pour tous. Au bout du compte, le rapport n’a pas aidé le projet à traverser cette période difficile. Dans ce cas spécifique, un audit, qui pouvait apporter la valeur, n’a réussi qu’à tuer un projet. Je garde encore un souvenir déplaisant de cette expérience certes utile mais par trop douloureuse.

Vous devriez aussi prendre en compte le fait que les auditeurs feront certainement des points de suivi avec la direction et les commanditaires. Ils partageront leur état avancement à ces sessions, exposeront leurs découvertes, testeront leurs idées initiales (pour voir les réactions potentielles) et, plus tard, ils présenteront leurs recommandations (intermédiaires puis finales).

L’année dernière, j’étais nommé leader pour l’audit d’une application interne. Comme j’avais été plusieurs fois du coté de l’audité, j’ai placé une attention particulière à expliquer les jalons et l’approche de l’audit. Nous avons discuté du périmètre proposé et de qui ferait quoi. Nous avons partagé nos observations au fur et à mesure avec l’équipe pour éviter les surprises. Nous leur avons donné l’occasion de faire des remarques (ce qu’ils ont fait et nous les avons prises en considération). Nous avons partagé nos recommandations avec l’équipe de projet avant de le faire avec la direction. Nous avons aussi aidé à définir et mettre en place un plan d’action pour adresser les points identifiés. Nous avons même ensuite (après l’audit) assuré un suivi de l’exécution de ces plans d’action. Cela, je suis certain, fut beaucoup plus bénéfique à la société qu’un simple rapport.

Indépendamment du scénario, le point clé pour le PM est de supporter activement les auditeurs pendant leurs investigations. Nous devons leur fournir toutes les informations appropriées en totale transparence et demander à nos membres de l’équipe projet de faire de même. Nous nous attacherons aussi à dégager du temps pour eux dans nos agendas surchargés. Nous voulons être des partenaires positifs et de valeur. En agissant ainsi, nous pouvons espérer gagner le privilège d’être impliqués dans la préparation des documents et sessions pour la direction. Ce peut être limité à valider la justesse des faits rapportés et ceci est déjà très utile. Ce peut être de comprendre ce qu’ils vont mettre en évidence et même de discuter certaines de leurs recommandations intermédiaires.

Dans mon rôle de PM, si les auditeurs me demandent mes attentes de l’audit, je mets en évidence 2 points majeurs :

1. Obtenir des recommandations de valeur pour améliorer le projet

2. Équité envers les membres de l’équipe.

L’étape suivante est l’achèvement de l’audit et de la production des recommandations. Inévitablement, il y en aura certaines avec lesquelles vous êtes d’accord ou que vous pouvez comprendre. Il y aura d’autres qui seront plus difficiles à accepter. Dans tous les cas, il est absolument critique de rester positif et ouvert. Passer en mode défensif n’aiderait en rien. De plus, gardez à l’esprit que les recommandations des consultants et auditeurs sont une chose; le choix des recommandations sur lesquelles la direction décidera d’agir est une autre affaire (bien plus critique pour vous et votre projet).

Dès que vous comprenez quelles actions correctives ou d’amélioration sont retenues, partagez celles-ci avec l’équipe projet de manière positive. Il est fréquent que le rapport complet des auditeurs ne soit pas diffusé. Seuls les points principaux des rapports sont présentés. Ceux qui engagent l’équipe sur des actions productives.

En conclusion, je suggère que, si votre projet n’est pas encore audité, vous considériez quels domaines pourraient être améliorés par un conseil externe et sollicitiez un audit sur ceux-ci : Demandez de l’aide avant que quelqu’un au-dessus de vous ne décide que vous avez besoin d’être aidés.

Sur de nombreux projets, vous constaterez que les auditeurs vous aideront énormément à améliorer certains aspects comme le contrôle du périmètre, la rigueur dans la gestion des demandes de changement ou l’engagement de vos sponsors dans le management des risques. Les auditeurs portent un œil externe sur votre projet et sont donc bien plus objectifs que vous ne pouvez l’être.

I want my project to be audited!

bad auditorDoes this title sound odd to you? Are you like many PMs trying to escape audits as much as possible? Do you consider them as a waste of time at best and a potential killer in extreme cases?

I did also share these feelings but it does not need to be this way. Audits are very worthwhile, and can be productive and of real benefit to you and your project.

I suggest starting from the inception: who has requested the audit? why? who are the auditors? what is the scope?

I found with experience that finding the answer to the latter of these questions, i.e. scope of the audit, will often shed light on the others. Indeed, once shared and understood, the scope will highlight several areas of investigations and review. It could be the project management practice, the costs, the quality of deliverables, the security, the progress against schedule, the details of the project plan or any combination of these and more.

With a little bit of thinking and discussions with the auditors, it should become clear why this audit and who has requested it. Also, the type of auditors you get, internal versus external, large consulting firms versus specialized players, will tell a lot about the importance granted to the audit and its aim.

0002For example, we were audited during an Enterprise Resource Planning (ERP) system construction and deployment. It was an internal audit. Once we understood that the focus was essentially to ensure that we were in control of project spend and managing the risks correctly, it was easy for the team to provide clear evidence of what we were doing in these areas. We showed our expenses tracking process, time tracking method, issues log and risk register. The Chief Finance Officer was reassured by the findings. Additionally, the auditors helped us to further highlight our top risks to the steering committee during a specific risk management brainstorming and review session with them.

Next suggestion is to learn about the process that the auditors plan to follow. It’s important to understand their approach to better prepare the team for this event that they may initially perceive negatively. Usually, it starts with a few interviews of key project team members and stakeholders, eventually preceded by some documentation request and analysis. The next step often involves further interviews to deep dive into specific areas.

An experience I had about the importance of the above was on a IT project where we were in deep trouble during deployment. As a young PM, I did not have the experience or clout to « manage » the auditor (an external one in this instance). He came in and ran his show without explaining the process to anybody. He made negative comments quite early on. The team became very concerned and somewhat defensive. People provided all materials requested but in a rather unstructured way. There was no overall framework/story around the raw data. The audit took long and was very frustrating for all. In the end, the report did not help the project through its difficult times. In this specific instance, an audit, that could have brought value, ended up killing the project and I still have bad feelings about this useful but painful experience.

meetingYou should also consider that the auditors will most certainly have some checkpoints with management and audit sponsors. They will share their progress at these sessions, expose findings, test the water on initial ideas (to see potential reactions), and at a later stage present recommendations (draft and final).

Last year, I was the lead for the audit of an internal application. As I had been several times on the receiving end of audits, I placed specific focus in this instance on explaining the milestones and approach for the audit. We explained the scope and who would do what. We shared the findings with the team as they became available to avoid surprises. We gave them the opportunity to comment (which they did and we took their input into account). checklistWe shared our recommendations with the project team before management and also helped define and put in place action plans to address the identified issues. We even followed up after the audit on execution of these action plans. This, I am sure, was much more beneficial to the company than a one-off report.

Whatever the scenario, the key for the PM is to actively support the auditors throughout their investigations. We shall provide all relevant information in full transparency and ask our team members to do the same. We shall also make time for them in our busy agendas. We want to be valuable and positive contributors. As we do so, we may gain the privilege to be involved in the preparation of the documents and sessions for management. It could be limited to validate the correctness of facts but that is already very worthwhile. It could be to understand what they will highlight up to discussing some of their draft recommendations.

In my PM role, when asked by the auditors about my expectations of the audit, I highlight 2 items:

  1. Get valuable recommendations to improve the project
  2. Fairness towards team members.

Next stage is when the audit reaches completion and produces its recommendations. Unavoidably, there will be some you agree with or can understand. There will be others that are tougher to accept. In any case, it is absolutely critical to remain positive and open. Moving into defensive mode will never help. Also, keep in mind that  consultants/auditors recommendations are one thing; which of these recommendations management will decide to act upon is something else (that is more critical to you and your project) .

As soon as you understand which corrective or improvement actions are retained, share these with the team in a positive manner. In my experience, it is often the case that the auditors report is not shared; only highlights of the reports are presented that foster the team towards productive actions.

external eyeAs a conclusion, I suggest that if your project is not yet being audited, you consider which areas could be improved using external advice and eventually solicit an audit on these: Get help before someone above you decides that you need to be helped.

On many projects, you will find that auditors will greatly help you to firm up some aspects such as scope control, change management rigor or raising the involvement of your project sponsors in risk mitigation. They look at your project with an external and therefore more objective than you ever can be.